Comité de soutien aux paysans de Dong Tam
Jan 13, 2020

Depuis 2016, les plus hautes autorités du VN sont informées de la situation inquiétante voire explosive dans laquelle les villageois de Đồng Tâm sont acculés. Depuis, le climat n’a cessé de se détériorer après une première intervention violente des autorités en 2017. Avant la récente tuerie, nous avons mis en garde M. L’ambassadeur sur l’imminence de la tragédie qui verrait le sang verser. Il était encore temps de stopper le projet d’assaut armé et de négocier de façon civilisée, raisonnable, selon la justice et la loi.

Les plus hautes autorités du Parti et de l’Etat ont choisi la violence aveugle. Donner l’assaut au village avec des milliers d’hommes alors que le terrain convoité par l’armée se situait à l’extérieur, à des centaines de mètres, relève d’une volonté délibérée de faire des exemples sanglants. Assassiner dans son lit un vieillard de 84 ans, déjà rendu infirme par les coups d’une agression précédente ne mérite pas d’autre qualificatif que les mots « exécution barbare ».

Cette ligne politique est confirmée lorsqu’avant même la tenue des obsèques, le Secrétaire général du parti communiste M. Nguyễn Phú Trọng décore des plus hautes dictinctions les trois policiers qui auraient laissé leur vie au cours de l’attaque. Les paroles guerrières du premier ministre M. Nguyễn Xuân Phúc ne font qu’ accentuer la volonté  d’écraser dans la violence toute future résistance de ceux qui sont injustement dépouillés de leurs terres.

Et il y aura certainement d’autres résistances pour survivre. Car, malheureusement, du Sud au nord du pays, ces expropriations musclées deviennent un véritable fléau national. Avec la suite innombrable de drames qu’elles engendrent : suicides, immolations, ripostes armées… Elles n’épargnent personne chez les gens modestes. Elles ravagent même la vie de nombreuses familles qui ont soutenu le régime dans la lutte contre les occupations étrangères.

Parce que nous sommes des citoyens du monde avec le Vietnam au cœur ; Parce que nous sommes épris de justice et défenseurs des droits humains où qu’ils soient, nous condamnons fermement l’agression meurtrière de Đồng Tâm et nous assurons respectueusement les autorités du Vietnam de notre plus grande vigilance en soutien aux populations, souvent très modestes, victimes de la violence organisée, officialisée, encouragée, qui les pousse à la misère et au désespoir en les dépouillant de leur seul bien : la terre ancestrale.

Le Comité de soutien aux paysans de Dong Tam menacés d’expulsion.

Le 13 janvier 2020

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