Améliorer les conditions des freelances au Botanique


Améliorer les conditions des freelances au Botanique
Le problème
[FR] Le Botanique, miroir d’un secteur en crise.
"Parce qu’un secteur qui méprise ses vivants n’est plus un secteur culturel."
Derrière chaque concert, chaque exposition, chaque résidence, il y a celles et ceux qui montent la scène, règlent la lumière, assurent le son, coordonnent, accueillent, forment, diffusent et font vivre la culture.
Des métiers souvent invisibles, mais indispensables.
Un cas concret : le marché public du Botanique
Au Botanique, institution culturelle bruxelloise, les travailleur·ses indépendant·es sont aujourd’hui directement touché·es.
Depuis septembre, la direction impose un marché public : un cadre administratif unilatéral qui retire toute liberté de négociation et fait porter la responsabilité juridique sur les prestataires.
Aucune concertation, aucune explication — simplement une décision imposée, qui bouleverse la vie d’une cinquantaine de professionnel·les.
Ce dispositif, bien qu’isolé dans sa forme, illustre une tendance plus large : rationaliser au détriment de l’humain, réduire les marges, contrôler les statuts, et faire exister la culture à moindre coût.
Un autre symptôme : la question du travail gratuit.
Cette logique touche également d'autres métiers au sein du Botanique, notamment celui des photographes.
Actuellement, leurs prestations ne donnent lieu à aucune rémunération, ni à contrat garantissant une couverture en cas de problème matériel.
Les photographes reçoivent seulement un repas et quelques tickets boisson, sans reconnaissance financière du travail fourni.
Pourtant, leurs images participent pleinement à la communication et au rayonnement de l'institution.
Elles constituent un apport concret et essentiel à sa visibilité.
Cet engagement, souvent réalisé à un rythme soutenu et avec un matériel coûteux, témoigne d'un véritable professionnalisme, qui mérite une reconnaissance équitable.
Les photographes expriment aujourd'hui leur volonté de dialogue : iels souhaitent ouvrir une discussion constructive et rapide avec la direction afin d'aboutir à la fin du travail gratuit et à la mise en place de conditions justes pour toutes et tous.
Un problème bien plus vaste : la précarisation du secteur
Ce qui se joue ici dépasse une salle.
C’est tout un modèle culturel qui s’effondre : celui où la passion sert d’excuse à la pauvreté, où les savoir-faire sont invisibilisés, et où le travail gratuit devient normalisé.
Dans de nombreux lieux, les conditions de travail se dégradent pour toutes les fonctions : techniques, administratives, logistiques, pédagogiques ou artistiques.
Les horaires sont démesurés, les tarifs tirés vers le bas, la charge mentale et la pression toujours plus fortes.
Et quand certain·es osent refuser, on leur renvoie du mépris, comme si la passion devait suffire à tout justifier.
Ce climat d’amateurisme encouragé et de chantage moral épuise les professionnel·les, et éloigne peu à peu celles et ceux qui refusent de brader leurs compétences.
Un effet domino dangereux
Les conséquences sont déjà visibles : fuite des talents, disparition de la parité, isolement des équipes internes, perte de sens généralisée.
Les salarié·es eux-mêmes subissent ces choix ; ce sont les directions qui décident, mais les équipes qui en paient le prix.
Le plus inquiétant : si le modèle imposé au Botanique se normalise, il pourrait servir de référence à d’autres institutions.
C’est un signal d’alarme pour tout le secteur culturel : la précarisation se systématise, et le sous-financement politique la rend possible.
Ce que nous demandons
Nous, technicien·nes, artistes et travailleur·ses culturel·les, refusons que la culture soit gérée comme une entreprise.
Nous demandons :
- Un dialogue réel entre institutions et travailleur·ses
- Une revalorisation des métiers techniques, artistiques et administratifs
- La fin du travail gratuit
- Une concertation transparente sur les conditions d’emploi
Nous appelons enfin à soutenir cette tribune et le boycott symbolique du Botanique tant qu’aucune solution juste et humaine n’aura été trouvée.
Un mot, un partage, un soutien compte déjà.
Parce qu’un secteur qui méprise ses vivants au nom de la rentabilité n’est plus un secteur culturel.
Et nous refusons d’en être les esclaves modernes.
[EN] Le Botanique, mirror of a sector in crisis.
"Because a sector that despises its workers is no longer a cultural sector."
Behind every concert, every exhibition, every residency, there are those who set up the stage, adjust the lighting, ensure the sound, coordinate, welcome, train, promote and bring culture to life.
These jobs are often invisible, but they are essential.
A concrete example: the Botanique public contract
At the Botanique, a cultural institution in Brussels, self-employed workers are now directly affected.
Since September, the management has imposed a public contract: a unilateral administrative framework that removes all freedom of negotiation and places legal responsibility on service providers.
No consultation, no explanation — simply an imposed decision that is disrupting the lives of around 50 professionals.
Although isolated in its form, this measure illustrates a broader trend: rationalising at the expense of people, reducing margins, controlling statuses and promoting culture at the lowest possible cost.
Another symptom : the issue of unpaid work.
This logic also affects other professions within the Botanique, particularly photographers.
Currently, their services are not remunerated, nor are they covered by a contract guaranteeing compensation in the event of material damage.
Photographers receive only a meal and a few drink vouchers, with no financial recognition for the work they do.
Yet their images play a key role in the institution's communication and reputation.
They make a concrete and essential contribution to its visibility.
This commitment, often carried out at a sustained pace and with expensive equipment, demonstrates true professionalism, which deserves fair recognition.
The photographers are now expressing their desire for dialogue: they want to open a constructive and rapid discussion with management in order to put an end to unpaid work and establish fair conditions for all.
A much broader problem: the precariousness of the sector
What is at stake here goes beyond a single theatre.
It is an entire cultural model that is collapsing: one in which passion is used as an excuse for poverty, where skills are rendered invisible, and where unpaid work becomes the norm.
In many places, working conditions are deteriorating for all roles: technical, administrative, logistical, educational and artistic.
Working hours are excessive, rates are being driven down, and mental strain and pressure are increasing.
And when some dare to refuse, they are met with contempt, as if passion should be enough to justify everything.
This climate of encouraged amateurism and moral blackmail exhausts professionals and gradually drives away those who refuse to sell their skills short.
A dangerous domino effect
The consequences are already visible: brain drain, loss of gender parity, isolation of internal teams, widespread loss of meaning.
Employees themselves suffer from these choices; management makes the decisions, but the teams pay the price.
Most worryingly, if the model imposed on Botanique becomes the norm, it could serve as a reference for other institutions.
This is a wake-up call for the entire cultural sector: precariousness is becoming systematic, and political underfunding is making it possible.
What we are asking for.
We, technicians, artists and cultural workers, refuse to allow culture to be managed like a business.
We demand:
- Genuine dialogue between institutions and workers
- A revaluation of technical, artistic and administrative professions
- An end to unpaid work
- Transparent consultation on employment conditions
Finally, we call for support for this petition and a symbolic boycott of the Botanique until a fair and humane solution has been found.
A word, a share, a show of support already counts.
Because a sector that despises its workers in the name of profitability is no longer a cultural sector.
And we refuse to be its modern slaves.

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Le problème
[FR] Le Botanique, miroir d’un secteur en crise.
"Parce qu’un secteur qui méprise ses vivants n’est plus un secteur culturel."
Derrière chaque concert, chaque exposition, chaque résidence, il y a celles et ceux qui montent la scène, règlent la lumière, assurent le son, coordonnent, accueillent, forment, diffusent et font vivre la culture.
Des métiers souvent invisibles, mais indispensables.
Un cas concret : le marché public du Botanique
Au Botanique, institution culturelle bruxelloise, les travailleur·ses indépendant·es sont aujourd’hui directement touché·es.
Depuis septembre, la direction impose un marché public : un cadre administratif unilatéral qui retire toute liberté de négociation et fait porter la responsabilité juridique sur les prestataires.
Aucune concertation, aucune explication — simplement une décision imposée, qui bouleverse la vie d’une cinquantaine de professionnel·les.
Ce dispositif, bien qu’isolé dans sa forme, illustre une tendance plus large : rationaliser au détriment de l’humain, réduire les marges, contrôler les statuts, et faire exister la culture à moindre coût.
Un autre symptôme : la question du travail gratuit.
Cette logique touche également d'autres métiers au sein du Botanique, notamment celui des photographes.
Actuellement, leurs prestations ne donnent lieu à aucune rémunération, ni à contrat garantissant une couverture en cas de problème matériel.
Les photographes reçoivent seulement un repas et quelques tickets boisson, sans reconnaissance financière du travail fourni.
Pourtant, leurs images participent pleinement à la communication et au rayonnement de l'institution.
Elles constituent un apport concret et essentiel à sa visibilité.
Cet engagement, souvent réalisé à un rythme soutenu et avec un matériel coûteux, témoigne d'un véritable professionnalisme, qui mérite une reconnaissance équitable.
Les photographes expriment aujourd'hui leur volonté de dialogue : iels souhaitent ouvrir une discussion constructive et rapide avec la direction afin d'aboutir à la fin du travail gratuit et à la mise en place de conditions justes pour toutes et tous.
Un problème bien plus vaste : la précarisation du secteur
Ce qui se joue ici dépasse une salle.
C’est tout un modèle culturel qui s’effondre : celui où la passion sert d’excuse à la pauvreté, où les savoir-faire sont invisibilisés, et où le travail gratuit devient normalisé.
Dans de nombreux lieux, les conditions de travail se dégradent pour toutes les fonctions : techniques, administratives, logistiques, pédagogiques ou artistiques.
Les horaires sont démesurés, les tarifs tirés vers le bas, la charge mentale et la pression toujours plus fortes.
Et quand certain·es osent refuser, on leur renvoie du mépris, comme si la passion devait suffire à tout justifier.
Ce climat d’amateurisme encouragé et de chantage moral épuise les professionnel·les, et éloigne peu à peu celles et ceux qui refusent de brader leurs compétences.
Un effet domino dangereux
Les conséquences sont déjà visibles : fuite des talents, disparition de la parité, isolement des équipes internes, perte de sens généralisée.
Les salarié·es eux-mêmes subissent ces choix ; ce sont les directions qui décident, mais les équipes qui en paient le prix.
Le plus inquiétant : si le modèle imposé au Botanique se normalise, il pourrait servir de référence à d’autres institutions.
C’est un signal d’alarme pour tout le secteur culturel : la précarisation se systématise, et le sous-financement politique la rend possible.
Ce que nous demandons
Nous, technicien·nes, artistes et travailleur·ses culturel·les, refusons que la culture soit gérée comme une entreprise.
Nous demandons :
- Un dialogue réel entre institutions et travailleur·ses
- Une revalorisation des métiers techniques, artistiques et administratifs
- La fin du travail gratuit
- Une concertation transparente sur les conditions d’emploi
Nous appelons enfin à soutenir cette tribune et le boycott symbolique du Botanique tant qu’aucune solution juste et humaine n’aura été trouvée.
Un mot, un partage, un soutien compte déjà.
Parce qu’un secteur qui méprise ses vivants au nom de la rentabilité n’est plus un secteur culturel.
Et nous refusons d’en être les esclaves modernes.
[EN] Le Botanique, mirror of a sector in crisis.
"Because a sector that despises its workers is no longer a cultural sector."
Behind every concert, every exhibition, every residency, there are those who set up the stage, adjust the lighting, ensure the sound, coordinate, welcome, train, promote and bring culture to life.
These jobs are often invisible, but they are essential.
A concrete example: the Botanique public contract
At the Botanique, a cultural institution in Brussels, self-employed workers are now directly affected.
Since September, the management has imposed a public contract: a unilateral administrative framework that removes all freedom of negotiation and places legal responsibility on service providers.
No consultation, no explanation — simply an imposed decision that is disrupting the lives of around 50 professionals.
Although isolated in its form, this measure illustrates a broader trend: rationalising at the expense of people, reducing margins, controlling statuses and promoting culture at the lowest possible cost.
Another symptom : the issue of unpaid work.
This logic also affects other professions within the Botanique, particularly photographers.
Currently, their services are not remunerated, nor are they covered by a contract guaranteeing compensation in the event of material damage.
Photographers receive only a meal and a few drink vouchers, with no financial recognition for the work they do.
Yet their images play a key role in the institution's communication and reputation.
They make a concrete and essential contribution to its visibility.
This commitment, often carried out at a sustained pace and with expensive equipment, demonstrates true professionalism, which deserves fair recognition.
The photographers are now expressing their desire for dialogue: they want to open a constructive and rapid discussion with management in order to put an end to unpaid work and establish fair conditions for all.
A much broader problem: the precariousness of the sector
What is at stake here goes beyond a single theatre.
It is an entire cultural model that is collapsing: one in which passion is used as an excuse for poverty, where skills are rendered invisible, and where unpaid work becomes the norm.
In many places, working conditions are deteriorating for all roles: technical, administrative, logistical, educational and artistic.
Working hours are excessive, rates are being driven down, and mental strain and pressure are increasing.
And when some dare to refuse, they are met with contempt, as if passion should be enough to justify everything.
This climate of encouraged amateurism and moral blackmail exhausts professionals and gradually drives away those who refuse to sell their skills short.
A dangerous domino effect
The consequences are already visible: brain drain, loss of gender parity, isolation of internal teams, widespread loss of meaning.
Employees themselves suffer from these choices; management makes the decisions, but the teams pay the price.
Most worryingly, if the model imposed on Botanique becomes the norm, it could serve as a reference for other institutions.
This is a wake-up call for the entire cultural sector: precariousness is becoming systematic, and political underfunding is making it possible.
What we are asking for.
We, technicians, artists and cultural workers, refuse to allow culture to be managed like a business.
We demand:
- Genuine dialogue between institutions and workers
- A revaluation of technical, artistic and administrative professions
- An end to unpaid work
- Transparent consultation on employment conditions
Finally, we call for support for this petition and a symbolic boycott of the Botanique until a fair and humane solution has been found.
A word, a share, a show of support already counts.
Because a sector that despises its workers in the name of profitability is no longer a cultural sector.
And we refuse to be its modern slaves.

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Pétition lancée le 7 octobre 2025