
La peur
Je crois que #salah va être renvoyé au Soudan. Je crois que rien ne va les arrêter. Un de moins, doivent-ils se dire, c'est toujours ça de gagné.
Tous les matins, je me lève avec la peur au ventre. Tous les soirs, je me couche l'angoisse au coeur. Je crois qu'il va être renvoyé dans ce pays qui était le sien où des militaires tirent sur des manifestants pacifiques, hommes, femmes et enfants, ou les corps sont jetés à la rivière pour qu'on ne puisse pas les reconnaître ou les médecins femmes qui s'occupent des blessés sont violées, où des centaines d'arrestations arbitraires peuvent avoir lieu en un seul jour. Ce pays où les responsables d'un génocide peuvent prendre le pouvoir sans que l'opinion publique internationale ne lève le sourcil. Dans ce pays où il a été laissé pour mort, jeté dans la rue, après trois semaines de torture sans fin.
La peur.
J'ai demandé à mes amis s'ils pouvaient contacter des proches à Khartoum, pour que Salah ne soit pas seul la-bas. Que quelqu'un sache qu'il est là. Ce qui lui arrive. Au cas où il lui arrive un malheur. Qu'on puisse faire quelque chose.
M. m'a longuement regardée. Puis il m'a dit très doucement: "S'ils l'attendent là-bas, tu ne pourras rien y faire. Personne ne pourra rien y faire. Tu seras comme toutes ces mères. Tu devras vivre sans savoir."
La peur.
L'impuissance aussi.
Alors je me dis : tant qu'il est ici, on peut encore faire quelque chose.
Partagez, publiez un message de soutien sur votre mur en utilisant le hashtag #salah, envoyez des mails ou des messages privés à Fabien Sudry, Préfet du Pas de Calais (fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr) à Christophe Castaner, ministre de l'intérieur (c.castaner@interieur.gouv.fr)
merci d'être là, quoi qu'il arrive