
C'est là toute la question.
En fait, personne ne le sait vraiment.
Qu'est ce qu'il se passera ? Qu'arrivera-t-il quand les expulsés débarquent à l'aéroport de Khartoum ?
Des rumeurs circulent. Pas de témoignages. Pas de photos. Pas de noms.
Quand ils sortent de l'avion - là je ne sais pas si les policiers français, belges, suisses ou peu importe qui les escortent sont encore avec eux. Je suppose -, des policiers soudanais sont là. Au début, tout va bien. Dans tous les cas. Je suppose qu'après les salutations d'usage, il y a une série de documents à vérifier. A signer. Tout est en ordre.
Puis les policiers français, belges, suisses ou peu importe s'en vont. Tournent les talons. Est-ce qu'ils leur disent au revoir ? Good luck, peut-être ? J'imagine que non. Même si parfois ils doivent y penser. Mais tout bas.
A ce moment, j'imagine qu'ils ont envie de crier. Hurler, peut-être ? implorer? ("S'il vous plait, ne vous en allez pas. S'il vous plait, s'il vous plait, ne me laissez pas. Vous ne savez pas ce qu'ils vont me faire ?") Ou comme nombreux de mes amis réfugiés sans refuge devant un coup du sort, sont-ils résignés ? Silencieux et résignés. A ce stade, ils ne savent pas encore ce qui leur arrivera.
Des rumeurs circulent. Si on vient de Khartoum, ou d'ailleurs dans le Nord, tout ira bien. Si on vient du Darfour ou du Kordoufan, par exemple, alors, ça tournera mal. Mais, ça, si on vient du Darfour ou du Kordoufan, on le sait déjà. C'est là toute la question.
Certains d'entre eux, les autres, sont libérés. Ils s'en vont, soulagés, vers leur famille qui les attend. Ils essaient ensuite de reprendre leur vie là où ils l'avaient laissée. Mais quand un étranger en costume clair s'approche de la maison, quand une voiture de police s'arrête dans la rue, de battre leur coeur s'arrête. Car on ne sait jamais quand tout recommencera.
Pour les autres, et bien on ne sait pas. Des rumeurs circulent. Certains disparaissent. Pfu. Comme ça. On ne sait pas. On dit que d'autres sont emmenés en prison. Puis sont relâchés. Un jour, trois jours, quinze jours ou deux mois après. Ce qui leur arrive là-bas, on ne sait pas. On a bien une idée de ce qui se passe en prison là-bas. Il suffit de lire les dossiers de l'OFPRA ou du CGRA ou de ce qui en fait office en Suisse, en Italie ou peu importe, pour s'en faire une idée assez précise.
Mais, les gars qui en sortent, vacillant sous le soleil de plomb dont ils ont oublié la chaleur, ces gars-là n'en parleront pas. Pour protéger leur famille, ils ne parleront pas.
Évidemment, j'ai imaginé tout cela.
Mais voici, par exemple, un lien vers le rapport d'une association de défense des droits de l'homme, Waging peace, je crois qu'elle est anglaise, qui a enquêté pour savoir ce qui arrivait aux Soudanais expulsés vers le Soudan :
https://wagingpeace.info/wp-content/uploads/pdfs/Post-deportation_update_January_2017.pdf
Bon et alors, comme d'hab :
Partagez, signez, commentez, discutez et tout ça
Et puis si vous avez une minute pour dire au Préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, ou au Ministre de l'intérieur, Christophe Castaner ce que vous pensez de tout cela, merci de la prendre.
fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr
c.castaner@interieur.gouv.fr
copie à ankdeneve@yahoo.com
Et puis publier votre message sur vote mur, pour pas qu'il ne reste lettre morte dans la boîte à spam, avec un lien vers la pétition et en me taggant ? et par exemple avec #salah
si ce n'est pas trop demander �
et puis de recommencer autant de fois que le coeur vous en dira jusqu'à ce qu'ils nous entendent. Il n'est pas impossible qu'ils soient obligés, finalement de nous entendre