Alerter à quelques mois des JO. Pharmaciens, citoyens tous concernés face à l'insécurité!

Alerter à quelques mois des JO. Pharmaciens, citoyens tous concernés face à l'insécurité!

Le problème

JO 2024: Quand l’agression d’une pharmacienne en seine-saint-denis devient l’allégorie d’une catastrophe 
à venir.
Le bonheur je le porte jusque dans mon prénom, Souad, j’ai construit un cocon, une famille soudée à 
laquelle des ramifications professionnelles se sont greffées, ma pharmacie, mon équipe, mes patients.

Et aujourd'hui, c'est alitée depuis des semaines, seule, emprisonée, que j'arrive enfin à m'exprimer.


Je suis une jeune pharmacienne installée depuis 3 ans dans une commune de Seine-Saint-Denis. La pharmacie de la gare d'Epinay-Villetaneuse, ligne H, à une station de Saint-Denis.
D’aucuns diront un département sinistré, moi je rétorquerai : un département où il y a tant à faire et 
où les bonnes âmes bienveillantes se comptent dans une proportion qui ferait pâlir de jalousie les 
autres départements.


La commune où je m’installe, est labellisée Terre de jeux 2024.


Dans ma pharmacie, nous sommes une belle équipe investie, nous sommes un partenaire de santé 
essentiel dans notre ville . Nos services sont déployés pour répondre aux demandes des 
administrés et offrir une prise en charge de qualité . Nous ne comptons ni nos heures, ni nos sourires. 
Pour autant très vite nous avons rencontré des problèmes de sécurité et de vols. Une délinquance sans visage. Phénomènes courant me direz vous. J’ai réagis en 
conséquence et tout ce qu’il m’a été possible de faire, je l’ai fait allant jusqu’à faire appel à un vigile même en plein jour.


L’avant-dernier drame en date me fera vascillée. Pourtant, pas si lointain, août 2023. Porte blindée forcée, vols de serveur et de l’armoire à 
stupéfiants, j’en vient même à prévenir l' ARS, et bien sûr une énième fois les forces de l’ordre et la municipalité. J'essaie d'avancer et d'oublier.


Malheureusement cela n’a pas suffi. Ce jour de Saint-Valentin, c’est le larcin de trop. Piègée dans des escaliers, par des SDF venus se servir sur les étagères de mon officine, je me retrouve violemment dos contre sol .Traversée de douleur, je reste un moment immobile. Mon 
cerveau m’objective de me relever mais rien y fait. Les seuls gestes possibles seront de me mettre en position foetale sur ces escaliers, sous la pluie tombante. Je le sens bien quelque chose ne fonctionne plus j'aperçois du tonnerre. Peut-être est-ce irréel. J'ai bien la moelle épinière lésée et une vertèbre brisée.

Très vite mes collègues m'entourent. Des patients, le boulanger, des passants... Les 
secours sont appelés. Les minutes sont longues.

La suite relèverait probablement du vaudeville si la situation n’était pas aussi dramatique. Je vivrai un cauchemard et réaliserai la gravité dans laquelle se meurent  nos si chers systèmes de soin et de sécurité. Pompiers, policiers, urgentistes, médecins, infirmières, kinés, aide-soignantes...Tous sous-pression, débordés, désemparés, désespérés.

Je leur en suis totalement reconaissante. Mais ce sera 33h après ma chute, non immobilisée, baladée dans les couloirs de deux hôpitaux, et parfois même oubliée, que je subirai une chirurgie lourde "d’urgence" dans un service orthopédique parisien. 

On évoquera une possible tétraplégie. Je me dois de rassurer mes parents ici présents "après tout j'aurais pu y rester" (comme une consoeur assasinée il y a une dizaine d'années ici-même à Epinay). Opérée par un spécialiste bien déterminé à me sauver durant plus de 5h, au milieu de la nuit, je devrais pouvoir remarcher avec néanmoins des séquelles et au prix de longs mois de rééducation. Des longs mois de prison. 60 jours d'ITT suivi d'au moins 6 mois d'arrêt de travail.

Un peu plus tard j'apprendrai qu'une de mes collègues fera une fausse couche, en assistant au choc de ma chute. Un petit coeur qui s'arrêtera et le mien qui se déchirera, cette fois ce sera trop lourd à porter... Des familles, des amis, des collègues attristés, apeurés... il n'existe pas de mots pour décrire nos émotions.

Une fois de plus, les femmes seront victimes dans cette affaire. Victimes de vol, victimes de violence, victimes d'ignorance...

Au prix de la liberté qui sera préservée à notre agresseur, retrouvé après une semaine d'enquête par un brigadier bien engagé. Brigadier, qui se verra tout comme moi outré de sa remise en liberté 48h après son arrestation "parce qu'en prison, on a plus de place Mr le brigadier". Procès en juin, il aura le temps de se défouler avant l'audience à laquelle il n'assistera probablement pas.

 

Cette fois-ci, je décide, nous décidons, de ne pas en rester là. Pour guérir et avancer de nouveau malgré le handicap permanent. Mais aussi pour ma fille de 6 ans, ma famille, mon équipe, ma profession... je ne baisserai pas les bras!


NOS batailles se mèneront sur plusieurs fronts concomitamment. Les premières démarches seront 
suivies de plaintes bien évidemment. Si les agresseurs, laissés libres, seront jugés, les représentants 
des services publiques auxquels j’ai eu affaire devront aussi rendre des comptes pour leur défaillance. 
À moins de 4 mois des jeux olympiques, « en Seine-Saint-Denis… quand même », il est urgent, sans 
jugement et sans leur jeter la pierre, d'aider tous nos braves services publiques à se redorer le blason. Et il est aussi urgent de prévenir avant d'autres drames à venir. 

Ne vaut mieux t'il pas prévenir que guérir ?


Gageons que les élus locaux se saisiront eux aussi du sujet …. En « terre de jeux 2024 »

avatar of the starter
Souad TAHIRILanceur de pétition

1 228

Le problème

JO 2024: Quand l’agression d’une pharmacienne en seine-saint-denis devient l’allégorie d’une catastrophe 
à venir.
Le bonheur je le porte jusque dans mon prénom, Souad, j’ai construit un cocon, une famille soudée à 
laquelle des ramifications professionnelles se sont greffées, ma pharmacie, mon équipe, mes patients.

Et aujourd'hui, c'est alitée depuis des semaines, seule, emprisonée, que j'arrive enfin à m'exprimer.


Je suis une jeune pharmacienne installée depuis 3 ans dans une commune de Seine-Saint-Denis. La pharmacie de la gare d'Epinay-Villetaneuse, ligne H, à une station de Saint-Denis.
D’aucuns diront un département sinistré, moi je rétorquerai : un département où il y a tant à faire et 
où les bonnes âmes bienveillantes se comptent dans une proportion qui ferait pâlir de jalousie les 
autres départements.


La commune où je m’installe, est labellisée Terre de jeux 2024.


Dans ma pharmacie, nous sommes une belle équipe investie, nous sommes un partenaire de santé 
essentiel dans notre ville . Nos services sont déployés pour répondre aux demandes des 
administrés et offrir une prise en charge de qualité . Nous ne comptons ni nos heures, ni nos sourires. 
Pour autant très vite nous avons rencontré des problèmes de sécurité et de vols. Une délinquance sans visage. Phénomènes courant me direz vous. J’ai réagis en 
conséquence et tout ce qu’il m’a été possible de faire, je l’ai fait allant jusqu’à faire appel à un vigile même en plein jour.


L’avant-dernier drame en date me fera vascillée. Pourtant, pas si lointain, août 2023. Porte blindée forcée, vols de serveur et de l’armoire à 
stupéfiants, j’en vient même à prévenir l' ARS, et bien sûr une énième fois les forces de l’ordre et la municipalité. J'essaie d'avancer et d'oublier.


Malheureusement cela n’a pas suffi. Ce jour de Saint-Valentin, c’est le larcin de trop. Piègée dans des escaliers, par des SDF venus se servir sur les étagères de mon officine, je me retrouve violemment dos contre sol .Traversée de douleur, je reste un moment immobile. Mon 
cerveau m’objective de me relever mais rien y fait. Les seuls gestes possibles seront de me mettre en position foetale sur ces escaliers, sous la pluie tombante. Je le sens bien quelque chose ne fonctionne plus j'aperçois du tonnerre. Peut-être est-ce irréel. J'ai bien la moelle épinière lésée et une vertèbre brisée.

Très vite mes collègues m'entourent. Des patients, le boulanger, des passants... Les 
secours sont appelés. Les minutes sont longues.

La suite relèverait probablement du vaudeville si la situation n’était pas aussi dramatique. Je vivrai un cauchemard et réaliserai la gravité dans laquelle se meurent  nos si chers systèmes de soin et de sécurité. Pompiers, policiers, urgentistes, médecins, infirmières, kinés, aide-soignantes...Tous sous-pression, débordés, désemparés, désespérés.

Je leur en suis totalement reconaissante. Mais ce sera 33h après ma chute, non immobilisée, baladée dans les couloirs de deux hôpitaux, et parfois même oubliée, que je subirai une chirurgie lourde "d’urgence" dans un service orthopédique parisien. 

On évoquera une possible tétraplégie. Je me dois de rassurer mes parents ici présents "après tout j'aurais pu y rester" (comme une consoeur assasinée il y a une dizaine d'années ici-même à Epinay). Opérée par un spécialiste bien déterminé à me sauver durant plus de 5h, au milieu de la nuit, je devrais pouvoir remarcher avec néanmoins des séquelles et au prix de longs mois de rééducation. Des longs mois de prison. 60 jours d'ITT suivi d'au moins 6 mois d'arrêt de travail.

Un peu plus tard j'apprendrai qu'une de mes collègues fera une fausse couche, en assistant au choc de ma chute. Un petit coeur qui s'arrêtera et le mien qui se déchirera, cette fois ce sera trop lourd à porter... Des familles, des amis, des collègues attristés, apeurés... il n'existe pas de mots pour décrire nos émotions.

Une fois de plus, les femmes seront victimes dans cette affaire. Victimes de vol, victimes de violence, victimes d'ignorance...

Au prix de la liberté qui sera préservée à notre agresseur, retrouvé après une semaine d'enquête par un brigadier bien engagé. Brigadier, qui se verra tout comme moi outré de sa remise en liberté 48h après son arrestation "parce qu'en prison, on a plus de place Mr le brigadier". Procès en juin, il aura le temps de se défouler avant l'audience à laquelle il n'assistera probablement pas.

 

Cette fois-ci, je décide, nous décidons, de ne pas en rester là. Pour guérir et avancer de nouveau malgré le handicap permanent. Mais aussi pour ma fille de 6 ans, ma famille, mon équipe, ma profession... je ne baisserai pas les bras!


NOS batailles se mèneront sur plusieurs fronts concomitamment. Les premières démarches seront 
suivies de plaintes bien évidemment. Si les agresseurs, laissés libres, seront jugés, les représentants 
des services publiques auxquels j’ai eu affaire devront aussi rendre des comptes pour leur défaillance. 
À moins de 4 mois des jeux olympiques, « en Seine-Saint-Denis… quand même », il est urgent, sans 
jugement et sans leur jeter la pierre, d'aider tous nos braves services publiques à se redorer le blason. Et il est aussi urgent de prévenir avant d'autres drames à venir. 

Ne vaut mieux t'il pas prévenir que guérir ?


Gageons que les élus locaux se saisiront eux aussi du sujet …. En « terre de jeux 2024 »

avatar of the starter
Souad TAHIRILanceur de pétition

Mises à jour sur la pétition