Pétition fermée
Adressée à Ministre de la Culture et de la Communication Mme Audrey AZOULAY

Aidez les étudiants restaurateurs du patrimoine à défendre leur future profession

En tant qu'associations des élèves des écoles de restauration du patrimoine (Institut National du Patrimoine, École Supérieure des Beaux-Arts de Tours, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, École Supérieure des Arts d'Avignon) nous avons rédigé une lettre ouverte adressée à Madame Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication.  

Cette lettre relate de nos multiples inquiétudes concernant notre future profession.

Face à l'absence de réponse, nous lançons cette pétition afin d'interpeller le Ministère de la Culture et de la Communication.

Ci-dessous la lettre ouverte envoyée le 8 juillet 2016 :


" Objet : Lettre ouverte à Madame Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication

Madame le Ministre de la Culture et de la Communication,

Dans le contexte actuel où la législation relative aux restaurateurs du patrimoine évolue en France (apparition des arrêtés du 24 décembre 2015 fixant la liste des métiers d'art et du 3 mai 2016 relatif aux qualifications requises pour procéder à la restauration d'un bien faisant partie des collections des musées de France), nous, élèves restaurateurs des quatre formations publiques (ESAA, ESBA Tours, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, INP), prenons l’initiative de nous unir par la présente lettre afin de faire entendre l’avis que nous partageons face à la situation de notre future profession.

Ces quatre formations délivrent un diplôme de niveau Master en conservation-restauration du patrimoine. Cinq années sont donc dédiées à l’apprentissage du métier à travers différents enseignements théoriques, scientifiques et pratiques, approfondis au cours de stages en France et à l’étranger. La récente inscription des restaurateurs du patrimoine sur la liste des métiers d’art témoigne de l’incompréhension de la nature et du large champ patrimonial couvert par notre profession.

Nos formations s'appuient sur le terme de conservation-restauration, défini par l'ICOM (Le Conseil International des Musées) comme : « L'ensemble des mesures et actions ayant pour objectif la sauvegarde du patrimoine culturel matériel, tout en garantissant son accessibilité aux générations présentes et futures. La conservation-restauration comprend la conservation préventive, la conservation curative et la restauration. Toutes ces mesures et actions doivent respecter la signification et les propriétés physiques des biens culturels. »

Intervenir directement sur la matière constitutive des biens patrimoniaux représente seulement l'une des facettes de nos compétences. C'est sur ce point qu'un amalgame a été effectué ; or, l'essence même de notre approche et de nos gestes est fort différente de celle d'un professionnel des métiers d'art. Nous sommes formés à conserver la matière, non à la mettre en oeuvre.

Le rôle premier des musées est, d’après l’ICOM, la protection du patrimoine naturel et culturel de l’Humanité. Dans ce but, une déontologie rigoureuse appliquée à la conservation-restauration a été mise en place et nos formations en sont les garantes. Nous ne pouvons imaginer aujourd’hui une bonne conservation des biens patrimoniaux sans la présence de l’ensemble des spécialistes de ce domaine, notamment les archéologues, architectes, conservateurs, régisseurs, restaurateurs et scientifiques, dont la mise en commun des compétences est indispensable.

Cependant, depuis la création de ces formations, à l’initiative de l’État, aucun titre protégé n’a été attribué à ce corps de métier. Une écrasante majorité des restaurateurs français travaille actuellement en tant qu’indépendants et la profession n'est que très rarement intégrée au sein des institutions françaises. Cela induit une importante précarité des restaurateurs, qui les empêche de mettre en oeuvre l’intégralité de leurs aptitudes. L’État s'investit chaque année pour les former sans bénéficier par la suite de leurs compétences de manière optimale, particulièrement dans les domaines de la recherche, de l'étude, des traitements préventifs et curatifs, et de la gestion sur le long terme. L'intégration des restaurateurs au sein de certaines institutions étrangères favorise un équilibre qui désengorge le marché des indépendants et encourage grandement la recherche appliquée. Cette situation plus favorable, que nous découvrons notamment au cours de nos stages, ne peut malheureusement que nous inciter à quitter la France pour mettre à profit nos aptitudes, reconnues à l'étranger.

Cet état paradoxal nous interpelle; nous sommes extrêmement inquiets quant à notre avenir professionnel et à celui des biens culturels. Quand pourrons-nous, Madame le Ministre, exercer correctement la conservation du patrimoine national en France?

En l'attente d'une réponse de votre part, Madame le Ministre, nous vous prions d'agréer nos respectueuses salutations.

Les associations d’élèves en restauration du patrimoine de l’École Supérieure des Arts d'Avignon (Fil à Fil), de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Tours (ARSET), de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (ICOSAÈDRE), et de l'Institut National du Patrimoine (AEAE). "

Cette pétition a été remise à:
  • Ministre de la Culture et de la Communication
    Mme Audrey AZOULAY


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