Aide à domicile invisible mais indispensable! Reconnaissance Urgente !

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Mireille ABADIE DE KERMEL et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

LETTRE OUVERTE                                                                                                                                                                                 15 AVRIL 2026

 

Dans un contexte particulièrement tendu lié au contexte international ayant pour effet la hausse du carburant, il me semble utile d’apporter le témoignage de mon expérience d’aide à domicile.

 

Les aides à domicile sont des professionnels du secteur médico-social à part entière. Indépendamment du fait que les structures qui nous emploient relèvent de ce champ d’action, nos missions au domicile sont porteuses d’utilité, de lien dont la finalité permet de concourir au maintien à domicile de près d’un million de personnes titulaires de l’APA mais également de toutes les autres, plus autonomes mais ayant néanmoins besoin d’accompagnement. Notre rôle est également à destination de personnes en situation de handicap au nombre de près de 350 000 personnes qui vivent à plus de 90 % au domicile.

 

Piliers invisibles de notre société, chaque jour, nous accompagnons, soutenons, rassurons quotidiennement ces personnes en situation de fragilité. Nous permettons à ces personnes de vivre dignement, chez elles, entourées de leurs repères en soulageant les aidants, les familles, ce qui concourt à éviter des hospitalisations, à en réduire la durée et à retarder des placements en établissements. L’ensemble de notre action participe à l’équilibre de notre système de santé et permet à la collectivité de réduire les coûts dans une logique d’accompagnement de qualité, conforme au souhait de bien vivre chez soi le plus longtemps possible.

 

Néanmoins, notre branche n’est pas attractive et n’attire pas beaucoup de futurs candidats. La valorisation de nos métiers devrait être portée par les pouvoirs publics et nous attendons encore que le législateur prenne la mesure du virage domiciliaire avec une loi Grand Age que nous attendons encore.

 

Certes, le COVID a mis en lumière tous ces métiers invisibles qui cimentent la société et sans lesquels le lien social n’existerait pas. Sans notre action de terrain, ce serait toute une société en péril, incapable de faire face à la démographie qui s’annonce. Nous comptons aujourd’hui 22 % de personnes âgées de plus de 65 ans sur notre population totale de 69.1 millions de personnes. En 2030, autant dire demain, ils représenteront près de 24 % de la population soit près de 16.5 millions de personnes contre 15.2 millions actuellement. Qui interviendra au domicile ? Qui permettra à la collectivité de maitriser les coûts tout en permettant à ces millions de personnes de vieillir comme elles le souhaitent ?

 

On n’est pas aide à domicile par hasard, ou alors on ne le reste pas. Se sentir utile, attendu(e) voire indispensable nous apporte beaucoup car souvent nous sommes la seule visite de la journée.

 

Comment accepter qu’un métier exigeant, à la fois physiquement et psychologiquement, soit encore aujourd’hui si peu reconnu ? Comment justifier que des professionnels(elles), qui interviennent tous les jours, par tous les temps, à toute heure, la semaine, les dimanches et jours fériés, dans des conditions parfois difficiles soient à ce point invisibles ? Et peinent à en vivre !

 

Malgré cela, la revalorisation de nos conditions de travail reste une préoccupation majeure. D’une part pour fidéliser les équipes en place mais surtout pour attirer de nouveaux talents.

 

Au niveau des salaires, le secteur a salué l’avenant 43 mis en place dans le secteur de l’aide à domicile en 2021. Il a pour complexité d’indexer le niveau de rémunération en fonction du profil des bénéficiaires : en degré 1 les tâches d’entretien « uniquement » et en degré 2 les missions d’aides à la personne. C’est mal connaître notre métier : malgré l’évidence que certaines tâches impliquent des compétences reconnues, il est très rare de n’effectuer « que » du ménage auprès de personnes en perte d’autonomie. Même faire une soupe nécessite des « techniques » destinées à maintenir voire développer l’autonomie de la personne.

 

Régulièrement, le premier niveau de rémunération est au-dessous du SMIC ! Notre convention collective ne prévoyant la prise en compte de l’ancienneté qu’à partir de 5 ans, plusieurs intervenants, fraichement arrivés, découvrent un secteur où il est nécessaire d’appliquer un « rattrapage » …

 

L’avenant 72 ayant été rejeté, la situation perdure et crée une très mauvaise image de notre profession.

 

Je tiens à souligner la politique départementale du Vaucluse dont le CPOM a permis la mise en place d’une politique salariale à destination du personnel d’intervention et de mettre en place les actions d’amélioration des conditions de travail avec le renfort, à nos côtés, d’une équipe de coordinatrices de parcours pour les personnes les plus fragiles.

 

Aujourd’hui, la hausse du carburant a un impact extrêmement néfaste. L’indemnité kilométrique fixée actuellement à 0.38 € n’a pas évolué depuis le 1er octobre 2022 (auparavant à 0.35 €). La part du carburant représente 36.84 % soit 0.14 €. Si elle couvre le coût du kilomètre sur la base d’un véhicule qui consomme 7 litres aux 100 kilomètres, à chaque augmentation du prix au litre, nous avons le sentiment de régresser. La situation exceptionnelle aujourd’hui a porté une augmentation de près de 30 % du prix à la pompe. Afin de garantir notre pouvoir d’achat, une mesure exceptionnelle devrait être attribuée par les pouvoirs publics aux personnels d’intervention qui roule quotidiennement pour effectuer leur mission. Certains réseaux sont organisés sur un principe de proximité afin d’être au plus proche des adhérents et de fait limitent les trajets et déplacement du personnel.

 

Le mécontentement du secteur est profond et légitime. Il grandit chaque jour, alimenté par un sentiment d’abandon et de manque de reconnaissance. Et ce mécontentement, s’il n’est pas entendu risque d’entrainer des conséquences graves dans un secteur déjà en tension avec du désengagement, des difficultés de recrutement, du turn- over etc… et au final une dégradation de la qualité de l’accompagnement des personnes vulnérables.

 

Revaloriser les salaires et les déplacements, ce n’est au final pas une dépense mais un investissement dans l’humain et dans le vieillissement de notre population. C’est reconnaitre enfin la valeur de ces métiers indispensables.

 

Nous demandons donc des mesures concrètes pour une reconnaissance durable qui redonne enfin un

sens et de l’attractivité au secteur :

 

- Une revalorisation significative des salaires, à la hauteur des compétences, des responsabilités et de la pénibilité du métier.

- Une prise en compte des temps de déplacement dans la facturation réalisée aux organismes afin de permettre aux structures qui nous emploient de revaloriser correctement le temps passé. Quand nous commençons notre journée à 8h00 pour la terminer à 19h00, nous sommes « au travail » sans discontinuer.

 

Il est temps d’agir, de reconnaitre celles et ceux qui chaque jour se dévouent au service des autres. J’invite d’ailleurs celle et ceux qui prennent les décisions, nos responsables politiques à venir passer une journée entière à mes côtés sur le terrain, à vivre la réalité de nos journées, les déplacements nombreux, les imprévus, la charge émotionnelle mais aussi l’engagement humain que ce métier exige.

 

Certes il nous apporte beaucoup mais il garantit à des millions de personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap de rester à domicile, à éviter ou retarder les entrées en EHPAD, à réduire les hospitalisations ou du moins leurs durées.

 

Nos missions sont larges : aider dans les actes essentiels, prévenir les chutes, la dénutrition … . Nous repérons les signes d’alerte et nous faisons le lien avec tous les autres professionnels de santé qui ne restent pas autant que nous au domicile. Nous sommes acteurs de lien social : rompre l’isolement, apporter une présence humaine, maintenir une vie sociale … Tout cela concourt à retarder la dégradation des situations. Soulager les aidants, permettre aux proches de concilier vie professionnelle et rôle d’aidant, réduire l’épuisement est notre quotidien.

 

La revalorisation souhaitée traduit les attendus sur le secteur : la prise en compte des besoins du domicile et l’attractivité de ce métier indispensable à la pérennité de notre société.

 

 

Lextrait Laurence         Aide à domicile depuis 33 ans 

 

 

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Laurence BARTHASLanceur de pétition

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Dans un contexte particulièrement tendu lié au contexte international ayant pour effet la hausse du carburant, il me semble utile d’apporter le témoignage de mon expérience d’aide à domicile.

 

Les aides à domicile sont des professionnels du secteur médico-social à part entière. Indépendamment du fait que les structures qui nous emploient relèvent de ce champ d’action, nos missions au domicile sont porteuses d’utilité, de lien dont la finalité permet de concourir au maintien à domicile de près d’un million de personnes titulaires de l’APA mais également de toutes les autres, plus autonomes mais ayant néanmoins besoin d’accompagnement. Notre rôle est également à destination de personnes en situation de handicap au nombre de près de 350 000 personnes qui vivent à plus de 90 % au domicile.

 

Piliers invisibles de notre société, chaque jour, nous accompagnons, soutenons, rassurons quotidiennement ces personnes en situation de fragilité. Nous permettons à ces personnes de vivre dignement, chez elles, entourées de leurs repères en soulageant les aidants, les familles, ce qui concourt à éviter des hospitalisations, à en réduire la durée et à retarder des placements en établissements. L’ensemble de notre action participe à l’équilibre de notre système de santé et permet à la collectivité de réduire les coûts dans une logique d’accompagnement de qualité, conforme au souhait de bien vivre chez soi le plus longtemps possible.

 

Néanmoins, notre branche n’est pas attractive et n’attire pas beaucoup de futurs candidats. La valorisation de nos métiers devrait être portée par les pouvoirs publics et nous attendons encore que le législateur prenne la mesure du virage domiciliaire avec une loi Grand Age que nous attendons encore.

 

Certes, le COVID a mis en lumière tous ces métiers invisibles qui cimentent la société et sans lesquels le lien social n’existerait pas. Sans notre action de terrain, ce serait toute une société en péril, incapable de faire face à la démographie qui s’annonce. Nous comptons aujourd’hui 22 % de personnes âgées de plus de 65 ans sur notre population totale de 69.1 millions de personnes. En 2030, autant dire demain, ils représenteront près de 24 % de la population soit près de 16.5 millions de personnes contre 15.2 millions actuellement. Qui interviendra au domicile ? Qui permettra à la collectivité de maitriser les coûts tout en permettant à ces millions de personnes de vieillir comme elles le souhaitent ?

 

On n’est pas aide à domicile par hasard, ou alors on ne le reste pas. Se sentir utile, attendu(e) voire indispensable nous apporte beaucoup car souvent nous sommes la seule visite de la journée.

 

Comment accepter qu’un métier exigeant, à la fois physiquement et psychologiquement, soit encore aujourd’hui si peu reconnu ? Comment justifier que des professionnels(elles), qui interviennent tous les jours, par tous les temps, à toute heure, la semaine, les dimanches et jours fériés, dans des conditions parfois difficiles soient à ce point invisibles ? Et peinent à en vivre !

 

Malgré cela, la revalorisation de nos conditions de travail reste une préoccupation majeure. D’une part pour fidéliser les équipes en place mais surtout pour attirer de nouveaux talents.

 

Au niveau des salaires, le secteur a salué l’avenant 43 mis en place dans le secteur de l’aide à domicile en 2021. Il a pour complexité d’indexer le niveau de rémunération en fonction du profil des bénéficiaires : en degré 1 les tâches d’entretien « uniquement » et en degré 2 les missions d’aides à la personne. C’est mal connaître notre métier : malgré l’évidence que certaines tâches impliquent des compétences reconnues, il est très rare de n’effectuer « que » du ménage auprès de personnes en perte d’autonomie. Même faire une soupe nécessite des « techniques » destinées à maintenir voire développer l’autonomie de la personne.

 

Régulièrement, le premier niveau de rémunération est au-dessous du SMIC ! Notre convention collective ne prévoyant la prise en compte de l’ancienneté qu’à partir de 5 ans, plusieurs intervenants, fraichement arrivés, découvrent un secteur où il est nécessaire d’appliquer un « rattrapage » …

 

L’avenant 72 ayant été rejeté, la situation perdure et crée une très mauvaise image de notre profession.

 

Je tiens à souligner la politique départementale du Vaucluse dont le CPOM a permis la mise en place d’une politique salariale à destination du personnel d’intervention et de mettre en place les actions d’amélioration des conditions de travail avec le renfort, à nos côtés, d’une équipe de coordinatrices de parcours pour les personnes les plus fragiles.

 

Aujourd’hui, la hausse du carburant a un impact extrêmement néfaste. L’indemnité kilométrique fixée actuellement à 0.38 € n’a pas évolué depuis le 1er octobre 2022 (auparavant à 0.35 €). La part du carburant représente 36.84 % soit 0.14 €. Si elle couvre le coût du kilomètre sur la base d’un véhicule qui consomme 7 litres aux 100 kilomètres, à chaque augmentation du prix au litre, nous avons le sentiment de régresser. La situation exceptionnelle aujourd’hui a porté une augmentation de près de 30 % du prix à la pompe. Afin de garantir notre pouvoir d’achat, une mesure exceptionnelle devrait être attribuée par les pouvoirs publics aux personnels d’intervention qui roule quotidiennement pour effectuer leur mission. Certains réseaux sont organisés sur un principe de proximité afin d’être au plus proche des adhérents et de fait limitent les trajets et déplacement du personnel.

 

Le mécontentement du secteur est profond et légitime. Il grandit chaque jour, alimenté par un sentiment d’abandon et de manque de reconnaissance. Et ce mécontentement, s’il n’est pas entendu risque d’entrainer des conséquences graves dans un secteur déjà en tension avec du désengagement, des difficultés de recrutement, du turn- over etc… et au final une dégradation de la qualité de l’accompagnement des personnes vulnérables.

 

Revaloriser les salaires et les déplacements, ce n’est au final pas une dépense mais un investissement dans l’humain et dans le vieillissement de notre population. C’est reconnaitre enfin la valeur de ces métiers indispensables.

 

Nous demandons donc des mesures concrètes pour une reconnaissance durable qui redonne enfin un

sens et de l’attractivité au secteur :

 

- Une revalorisation significative des salaires, à la hauteur des compétences, des responsabilités et de la pénibilité du métier.

- Une prise en compte des temps de déplacement dans la facturation réalisée aux organismes afin de permettre aux structures qui nous emploient de revaloriser correctement le temps passé. Quand nous commençons notre journée à 8h00 pour la terminer à 19h00, nous sommes « au travail » sans discontinuer.

 

Il est temps d’agir, de reconnaitre celles et ceux qui chaque jour se dévouent au service des autres. J’invite d’ailleurs celle et ceux qui prennent les décisions, nos responsables politiques à venir passer une journée entière à mes côtés sur le terrain, à vivre la réalité de nos journées, les déplacements nombreux, les imprévus, la charge émotionnelle mais aussi l’engagement humain que ce métier exige.

 

Certes il nous apporte beaucoup mais il garantit à des millions de personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap de rester à domicile, à éviter ou retarder les entrées en EHPAD, à réduire les hospitalisations ou du moins leurs durées.

 

Nos missions sont larges : aider dans les actes essentiels, prévenir les chutes, la dénutrition … . Nous repérons les signes d’alerte et nous faisons le lien avec tous les autres professionnels de santé qui ne restent pas autant que nous au domicile. Nous sommes acteurs de lien social : rompre l’isolement, apporter une présence humaine, maintenir une vie sociale … Tout cela concourt à retarder la dégradation des situations. Soulager les aidants, permettre aux proches de concilier vie professionnelle et rôle d’aidant, réduire l’épuisement est notre quotidien.

 

La revalorisation souhaitée traduit les attendus sur le secteur : la prise en compte des besoins du domicile et l’attractivité de ce métier indispensable à la pérennité de notre société.

 

 

Lextrait Laurence         Aide à domicile depuis 33 ans 

 

 

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Laurence BARTHASLanceur de pétition

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