Aggiornamento sulla petizioneLa population soutient les infirmier.es !Et ça continue !
Jean-Pierre MESTREFrancia
21 nov 2018

La Ministre de la Santé sur France Inter (https://youtu.be/PJ5ViVH8300) avoue ne pas « comprendre » les revendications des infirmières !

Dans le même temps, elle se félicite aussi du transfert de la vaccination anti grippe vers les pharmaciens. (À noter sur ce point qu’il faut que les infirmières qui sont invitées à vacciner dans les officines refusent cette pratique juridiquement et éthiquement contestable, et demandent aux pharmaciens de diriger leurs patients vers leurs propres cabinets).

Elle donne rendez-vous aux organisations syndicales l’après-midi et… les fait recevoir par un simple conseiller technique.

Interrogée au Sénat puis à l’Assemblée Nationale, la secrétaire d'État auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, Christelle Dubos n’a ni plus ni moins que renouvelé ce que la Ministre évoquait sur les ondes : sa non compréhension du mouvement infirmier.

Ou bien notre gouvernement s’installe dans un mépris chronique, ou bien, et c’est alors préoccupant, il s’agit d’un déni pathologique. Attend-il que la colère soit à son paroxysme ?

Elle affirme que le gouvernement a offert des « avantages notables » (sic) aux infirmières et plus particulièrement :

- les IPA (infirmières de pratique avancée) : de la poudre aux yeux en l’absence d’une véritable autonomie et l’assujettissement permanent et conservateur à la prescription ;

- encore une fois et c'est une obsession, l’élargissement de la vaccination antigrippale, alors que dans le même temps on l’accorde aux pharmaciens après une courte formation et une publicité inédite dans les médias.

Voilà ! Nous devrions être satisfaits de cela et du fait que le gouvernement ait conscience de notre rôle « central » quand il n’est qu’assujetti et qu’il n’est nulle part réellement pris au sérieux puisqu’on ne veut pas l’émanciper. En clair, c’est circulez, y’a rien à voir. Vous n’êtes pas assez grands pour qu’on vous confie les clés de la maison.

Il est vraiment temps que les infirmières se syndiquent massivement et permettent aux syndicats de négocier avec une base solide.

Hier, dans une manifestation, j'ai vu un couple de personnes âgées venu nous soutenir dans le froid : où était la majorité des professionnels ?

Avec 600 000 infirmières tous secteurs confondus, nous aurions dû être des milliers dans la rue.

Seuls les syndicats négocient la Convention Nationale (1) et la nomenclature (2). Sans un soutien des professionnels, leur marge de manœuvre est affaiblie.

Sans une prise de conscience rapide, notre exercice risque de devenir précaire et voir son rôle dilapidé !

Pour cela, il nous faudrait une profession qui s’assume dans sa représentation et adhère aux missions de ses organisations.

J'en profite pour remercier d'abord les usagers de santé qui, je le sais, sont aussi dépités que nous, et ont signé mon texte.

Je remercie aussi bien chaleureusement l'ONSIL (Organisation Nationale des Syndicats d'Infirmier.es Libéraux - onsil.fr), qui a largement contribué à la diffusion de cette pétition. Composée uniquement de professionnels infirmiers en exercice et donc au plus près de nos difficultés,  tous bénévoles,  c'est une valeur sure et rassurante qui a levé, pour ce qui me concerne, toutes mes réticences à adhérer à un syndicat. Nous en avons besoin avec moins de 10 % de syndiqués quand le taux atteint plus de 50 % chez les pharmaciens par exemple.

Enfin, je remercie bien entendu mes consoeurs et confrères engagés activement dans la reconnaissance de notre profession, certain.es comme moi depuis plusieurs décennies.

À bientôt pour d'autres nouvelles, car nous ne nous arrêtons pas là : on nous prend véritablement, patients et infirmier.es, pour des imbéciles.

1 : contrat passé avec la Sécurité Sociale qui régit notre exercice et permet en particulier le remboursement des soins,

2 : liste des actes remboursés par les caisses d'assurance maladie.

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