Petitioning Ministre de la Santé AGNES BUZYN

Le baclofène sauve des vies, sauvons le baclofène

Le baclofène sauve des vies, n'interdisez pas le baclofène.

A Madame la Ministre de la Santé,

Proche d'une jeune personne dont la vie a été littéralement sauvée par le baclofène depuis 5 ans, et qui continue d'en avoir besoin à de très hautes doses pour ne pas retomber dans la spirale mortifère de l'alcool et de la drogue, j'en appelle à tous les utilisateurs dont la vie a été positivement bouleversée par l'arrivée de ce traitement et à tous ceux qui en ont été témoins.

Ce mardi 25 juillet 2017, en plein été et s’appuyant – fait unique et troublant - sur une seule étude interne, extrêmement contestée[1] et non signée (du jamais vu…), l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament a décidé, seule, sans avoir consulté aucune des organisations de médecins addictologues ni aucune structure représentative des patients usagers, d'interdire la prescription de baclofène à des doses supérieures à 80 mg par jour. Stalinien.

Or nombreuses sont les personnes qui ont besoin de doses nettement supérieures pour maintenir l'abstinence dans leur addiction. Certaines ont parfois besoin de 4 fois ce seuil quotidien. La moyenne chez les utilisateurs est de 180 mg par jour pour venir à bout du « craving » alcoolique (l’envie irrépressible de boire). A l’étranger ce médicament est connu et largement utilisé puisqu’il est prescrit dans 36 pays dont les États-Unis, la Chine, l’Inde, la Russie et 14 pays de l’Union européenne (ce que nie le directeur général de l’ANSM : c’est pourtant facile à vérifier)[2].

Sans compter le fait que le traitement ne doit SURTOUT pas être réduit du jour au lendemain mais sur une période très étalée (risque vital), les experts ont souligné la connaissance insuffisante du sujet par les responsables de cette décision, voire leur incompétence.

L'ANSM prend donc, seule, la lourde responsabilité de faire replonger les personnes concernées dans leur addiction. Donc de mettre leur vie en danger et de ne pas leur porter assistance. Elle va devoir assumer l'inévitable dégradation de la prise en charge psychiatrique et de l'observance des patients et usagers de la psychiatrie qui sont souvent aux premières loges des besoins en baclofène.

En effet, la prise d'alcool diminue notablement voire totalement l'efficacité des traitements neuroleptiques, antidépresseurs et anxiolytiques. Avec cette décision, ce ne sera pas un risque statistique théorique de décès qui serait "multiplié par 1,5 pour une dose de 180 mg par jour" (chiffre vivement contesté par les spécialistes) qui sera constaté mais bien une augmentation réelle et catastrophique des rechutes de maladies psychiatriques et de leur conséquences habituelles : suicides, morts par prises de risques inconsidérées ou agressions d'autres personnes. De plus, l'ANSM passe volontairement sous silence un grave biais dans son évaluation : les personnes qui en viennent à prendre du baclofène sont par définition déjà des personnes fragilisées par leur(s) addiction(s), physiquement et psychologiquement. Dès lors, il n'est pas étonnant de constater une mortalité supérieure chez ces patients, proportionnelle à leur degré de dépendance donc à leur besoin quotidien en baclofène. C’est une question d’honnêteté scientifique.

Alors oui, justement, il faut être honnête :

OUI, il y a parfois, en début de traitement, des effets secondaires (la plupart du temps modérés, mais parfois plus sérieux : décompensation, problèmes respiratoires, aggravation des apnées du sommeil, etc),

OUI, l'introduction du baclofène, encore plus dans un contexte de pathologie psychiatrique, doit se faire sous une étroite surveillance médicale et dans le strict respect du protocole établi par le Dr Olivier AMEISEN, à l’origine de la découverte des effets du baclofène sur l’addiction à l’alcool,

Mais OUI, passé ce temps des débuts du traitement, les effets secondaires disparaissent et le baclofène est très efficace s’il est correctement donné et surveillé par un praticien formé.

Sauver le baclofène continuera de sauver des vies.

 
[1] http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20170713.OBS2112/baclofene-le-danger-des-doses-elevees-n-est-pas-etabli.html

 [2] http://sante.lefigaro.fr/article/baclofene-crise-ouverte-entre-les-medecinset-les-autorites

This petition will be delivered to:
  • Ministre de la Santé
    AGNES BUZYN


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