LA SANTÉ N'A PAS DE PRIX ! INTERPELLATION DE LA MINISTRE DE LA SANTÉ !

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Madame la Ministre, 

Faute du minimum vital, le CHUG présente pour ainsi dire, un EEG quasi plat. La mort guette le seul service public de référence pour la population de tout un Département.

Faut-il vous rappeler que le CHUG, tout comme l’ensemble des hôpitaux publics français, accueille tous les patients, quel que soit leur âge ? C'est lui qui reçoit les nouveaux-nés (100% de la réanimation néonatale est assurée par le CHU de Guadeloupe); les urgences pédiatriques; les personnes âgées, souffrant parfois de pathologies lourdes; les candidats à une greffe rénale; et bon nombre de cas nécessitant la mobilisation de moyens à la hauteur des enjeux de Santé du territoire.

De plus, l’hôpital de Guadeloupe accueille tous les patients, quelle que soit leur situation sociale, et garantit ainsi l’égalité d’accès aux soins pour tous.

Depuis l’incendie de novembre 2017, la structure a perdu près de 30% de ses possibilités d’accueil.

Voilà 18 mois que les services sont dispatchés sur divers sites, souvent dans des locaux inadaptés à la dispensation de soins hospitaliers dignes de ce nom (c’est le cas du Pôle Parents-Enfants).

En ce moment, les malades en demande de soins au CHU de Guadeloupe ne sont pas mieux lotis que ceux qu'il faut soigner en temps de guerre. Depuis la catastrophe de 2017, vous avez affecté à l'ARS une nouvelle Directrice, médecin militaire de profession, qui est elle-même dépassée par les événements car l’hémorragie est loin d’être maîtrisée depuis son arrivée.

Pour pallier cette crise sanitaire majeure - apparemment installée dans la durée! - la Directrice de l'ARS préconise des solutions dérisoires qui sont tout simplement méprisantes pour les patients, les personnels et les usagers : une ligne de trésorerie de 20 millions d’euros (un prêt donc), soit quelques miettes adossées à un plan de redressement que le DG du CHUG s’apprêtait à appliquer, alors que les personnels en grande souffrance attendent encore la décontamination des locaux.

Madame la Ministre, nous vous sommons d’agir et de répondre concrètement et urgemment à la situation. Il y a urgence ! La menace d'un "krach sanitaire" plane.

Les professionnels de Santé du CHUG déplorent la dégradation constante de l'accès aux soins de la population.

Par conséquent, Madame la Ministre, nous vous demandons d’appliquer en Guadeloupe un véritable « plan Marshall », comprenant l'annulation de la dette du CHUG, afin de permettre à cet Établissement de référence de retrouver une respiration autonome.

Nous vous soumettons par ailleurs les revendications immédiates des personnels en grève depuis le 23 juillet 2019.

• Services des Urgences et Pôle Parents-Enfants : mise en sécurité des patients et des personnels opérant dans les locaux des établissements d'accueil (de nombreuses situations de danger grave et imminent ont été décrites par les soignants de ces unités);

• Attribution de tous les matériels et équipements indispensables à la sécurisation des soins et des parcours de soins;

• Gestion de la crise consécutive à l'incendie de novembre 2017, de manière conforme à la réalité du terrain;

• Respect du protocole de gestion du temps de travail et des dispositions statutaires d'évolution de carrière des agents;

• Montée en charge de la qualification professionnelle (AS vers IDE, IDE vers IPA…) pour optimiser la qualité de l'accueil des usagers dans un contexte de désert médical;

• Révision du plan de réorganisation proposé par l’ARS après l'incendie de novembre 2017;

• Requalification en accident du travail des arrêts de maladie déposés après l’incendie par l'ensemble des personnels;

• Reconnaissance en Guadeloupe d'un état de catastrophe sanitaire, consécutif à l'incendie de novembre 2017.

Dans l'espoir que vous saurez, Madame la Ministre, prendre la mesure de vos responsabilités et de nos attentes, nous vous prions d'agréer nos salutations distinguées.  

Les Insoumis.es de Gwadloup / La France Insoumise