Petition Closed

Nous demandons aux pouvoirs public de faire cesser la publication en ligne de propos incitant à la violence misogyne.

Nous, militantes féministes et citoyennes, avons récemment dénoncé un site de coaching en "séduction" appelé Seduction By Kamal (1) comme incitant au viol.

Seduction By Kamal est un site d'apprentissage des techniques de "pick up artist", à savoir "artiste de la drague". Il s'agit de techniques de "drague" et de conseils en matière de sexualité. Le site est gérée par la société SBK Coaching, et génère du profit grâce à la vente de livres numériques ("e-books").

L'indignation s'est focalisée sur un article violent en accès libre et gratuit. Intitulé "Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE" (2), il nous apparait en réalité comme une incitation au viol, particulièrement toxique en raison de l'aspect éducatif du site.

Malgré de multiples sollicitations depuis octobre 2012, Kamal n'a jamais réagi. L'article était toujours en ligne à l'heure où nous écrivons cette lettre.

Depuis 2012, cet article a également été signalé en vain au Ministère de l'Intérieur (www.internet-signalement.gouv.fr). Pourquoi la loi n'est-elle pas appliquée ? Est-ce un problème managérial (manque de moyens pour traiter tous les signalements) ou un problème culturel (mauvaise formation et sensibilisation des agents du Ministère à la misogynie en ligne et à la culture du viol) ?

Ceci dit, notre objectif n'est pas de nous focaliser sur ce seul type de site Internet à la marge, mais sur l'ensemble de la misogynie globalement répandue sur l'espace Internet, et trop tolérée.

De nombreux agresseurs et leurs complices se sentent autorisés, en toute impunité, à exhiber sur Internet leurs infractions misogynes (viol, agression, non-assistance à personne en danger, recel de médias à caractère pédo-criminel…). Leurs victimes sont réduites au silence ou humiliées à l'échelle planétaire, subissant la reproduction perpétuelle de leurs agressions sur les réseaux sociaux.

Comment les Internautes peuvent-ils encourager un tel laxisme envers des criminels, et une telle sévérité envers les victimes ? Certainement à cause d'un amalgame toxique entre sexualité et violence érotisée (culture du viol) combinée à une mauvaise appréciation du sexisme sur Internet, perçu à tort comme “virtuel”.

Or le sexisme en ligne n'a rien de virtuel : le harcèlement subi par des personnalités connues comme par des adolescentes anonymes (ou qui auraient voulu le rester), le racolage des mineures par les pédo-criminels ou les proxénètes, l'omniprésence des images de femmes hypersexualisées et objectivées, dans les contenus personnels, journalistiques, culturels et commerciaux – clichés parfois pris à l'insu du sujet, l'humour sexiste qui alimente la tolérance envers le sexisme, les discours vindicatifs, stéréotypés et dégradants à l'égard des femmes, tout ceci est bien réel.

Ailleurs, sur le web anglophone notamment, des voix se sont élevées pour exposer l'ampleur de la misogynie sur Internet, et exiger des actions concrètes pour y mettre fin. Ainsi la campagne #FBRape a permis un début de dialogue avec Facebook, dans le but d'améliorer les systèmes d'identification et de modération des discours de haine misogyne (8).

Côté français, l'incitation à haine, à la discrimination ou à la violence est interdite par la Loi sur la liberté de la presse, article 24 (9). Nous exigeons que l'alinéa 7 soit appliqué, à savoir que l'incitation à la violence en raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou du handicap soit réellement pénalisée.

Nous demandons également une modification de l'alinéa 6 de cette même loi (concernant l'incitation à la discrimination et à la haine) pour qu'il soit étendu au sexisme. Actuellement seules sont concernées les discriminations et la haine motivées par des raisons ethniques, raciales ou religieuses.

Enfin, nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place une plateforme dédiée au signalement de sites misogynes, à la sensibilisation des acteurs du web sur le sujet, et à l'accompagnement des victimes de discrimination, de haine ou de violences misogynes sur Internet.

Nous appelons également les entreprises du web ou présentes sur Internet à mettre en place des pratiques éthiques pour lutter contre le sexisme sur Internet, en coopération avec la société civile.

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Note Au Royaume-Uni : une pétition victorieuse avait été lancée contre la misogynie et le harcélement sur Twitter.

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Sources et liens cités :

(1)   www.seductionbykamal.com
(2)   www.seductionbykamal.com/comment-bien-baiser
(3)   http://dikecourrier.wordpress.com/2013/08/19/pick-up-artists-le-marketing-de-la-violence-misogyne
(4)   www.profils-auto-entrepreneurs.com/profil/jean-baptiste.marsille
(5)   www.seductionbykamal.com/mentions-legales/
(6)   www.agence-csv.com/seduction-by-kamal-le-seducteur/
(7)   www.lepetitjournal.com/varsovie/economie/132935-varsovie-eco
(8)   www.womenactionmedia.org/facebookaction/how-to-report-gender-based-hate-speech-to-facebook
(9)   www.legifrance.gouv.fr

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Compositition du collectif :

- Yaël Mellul (site)

- Diké (blog)

- l'elfe (blog)

- Antisexisme (blog)

- Pauline (blog)

- Lise Bouvet (blog)

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Mise à jour le 06/09 :

L'article incriminé a été retiré du site. Vous pouvez toujours trouver une copie d'écran ici.

Mise à jour le 20/09 : Appel Fachos, machos, hors de nos murs !

Après avoir participé à une manifestation contre l’université du Front National à Marseille le samedi 14 septembre 2013, les jeunes militantes Julie et Sophia sont devenues la cible de "tweets" haineux émanant vraisemblablement de militants d’extrême-droite. Ces messages postés sur twitter, d’une violence extrême, mêlent menaces de viol et d’agressions physiques, insultes à caractère sexiste, raciste et antisémite.

Après l’affaire similaire qui a concerné Rokhaya Dialo, les femmes sont encore une fois victimes d’un acharnement d’une exceptionnelle gravité, en raison de leurs engagements, de leurs idées et parce que ce sont des femmes.

Que ce soient les fascistes ou le sexisme ordinaire qui hantent les réseaux sociaux, ces appels criminels sont aujourd’hui monnaie courante, comme en témoigne la récente campagne du "collectif des féministes" suite à l’article du bloggeur Kamal banalisant le viol.

Il est inadmissible que dans un premier temps, les services de police ayant reçu Julie, victime des menaces de viol, aient cherché à la dissuader de porter plainte, prétextant que ces menaces n’étaient qu’une conséquence presque « normale » de l’engagement politique. Ils se sont bornés à accepter qu’elle dépose une simple main courante, ce qui équivaut à banaliser l’appel au viol sur internet. Heureusement, la plainte est désormais déposée.

Nous interpellons fortement le Ministre de l’intérieur M. Valls afin qu’il réagisse au comportement irresponsable des fonctionnaires de police face aux menaces de viol signés par des fascistes misogynes, ainsi que la Ministre aux droits des femmes et la Ministre de la Justice, Mme Belkacem et Mme Taubira, pour avoir un texte de loi antisexiste que le mouvement féministe appelle de ces vœux depuis de très longues années.

Nous interpellons fortement Monsieur le Ministre de l’Intérieur afin que cesse la situation actuelle dans laquelle les internautes considèrent les réseaux sociaux comme un espace de non-droit et se permettent de proférer des propos qui, invoqués verbalement ou dans un journal écrit, seraient sanctionnés.

Nous interpellons fortement Monsieur le Ministre de l’Intérieur et Madame le Ministre de la Justice afin que les auteurs de tweets à caractère sexiste, racistes, antisémiteet faisant l’apologie de crime contre l’humanité soient punis à la mesure de l’exceptionnelle gravité de leurs actes.

 

Letter to
Observatoire des inégalités Observatoire des inégalités
Ministre de l'Intérieur Monsieur Manuel Valls
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice Madame Christiane Taubira
and 2 others
Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes
Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Najat Vallaud-Belkacem
Nous demandons aux pouvoirs public de faire cesser la publication en ligne de propos incitant à la violence misogyne.

Nous exigeons que l'alinéa 7 de la la Loi sur la liberté de la presse, article 24, soit appliqué, à savoir que l'incitation à la violence en raison du sexe, de l'orientation sexuelle ou du handicap soit réellement pénalisée.

Nous demandons également une modification de l'alinéa 6 de cette même loi (concernant l'incitation à la discrimination et à la haine) pour qu'il soit étendu au sexisme. Actuellement seules sont concernées les discriminations et la haine motivées par des raisons ethniques, raciales ou religieuses.

Enfin, nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place une plateforme dédiée au signalement de sites misogynes, à la sensibilisation des acteurs du web sur le sujet, et à l'accompagnement des victimes de discrimination, de haine ou de violences misogynes sur Internet.

Nous appelons également les entreprises du web ou présentes sur Internet à mettre en place des pratiques éthiques pour lutter contre le sexisme sur Internet, en coopération avec la société civile.