Affaire Cédric Prizzon : nous exigeons la saisine du PNAT #TerrorismeMasculiniste


Affaire Cédric Prizzon : nous exigeons la saisine du PNAT #TerrorismeMasculiniste
Le problème
Un homme au profil troublant, ex-policier et déjà condamné pour violences conjugales, harcèlement et enlèvement d’enfant, a été arrêté au Portugal après plusieurs jours de cavale. Il a été interpellé en compagnie de ses deux enfants : son fils Elio, issu de sa relation avec son ex-compagne Audrey Cavalié, et un second enfant en bas âge, issu de sa relation avec sa nouvelle compagne. Les deux enfants ont été retrouvés vivants.
En revanche, les corps des deux mères, son ex-compagne Audrey Cavalié et sa deuxième compagne, Angela Legobien-Cadillac, sont retrouvés sans vie.
Nos pensées vont d’abord vers ces femmes victimes de féminicide et leurs proches. Et surtout aux deux enfants.
Le dessaisissement du parquet de Rodez au profit du pôle criminel de Montpellier illustre la gravité de la situation, mais aussi les limites d’une prise en compte initiale qui n’a pas su anticiper la dangerosité de cet individu, pourtant déjà condamné pour des faits de violence et qui affichait son appartenance au milieu radical masculiniste des pères séparés sur tous les réseaux.
Deux mères assassinées pour la "cause paternelle".
Nous affirmons que les faits reprochés à Cédric Prizzon relèvent du terrorisme masculiniste.
En effet, les faits dont cet homme est soupçonné s’inscrivent dans une dynamique de radicalisation documentée, nourrie par des discours publics violents, faisant l’apologie de la violence à l’égard des femmes et de la justice qu’ils estiment “féminisée”, donc, selon eux, illégitime. Son parcours s’inscrit clairement dans le milieu radical des “pères séparés” : une mouvance violente épinglée dans le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes comme pouvant susciter le passage à l’acte violent au nom du suprémacisme masculin.
Les éléments connus à ce stade — enlèvement, fuite à l’étranger, présence d’une arme, double féminicide — traduisent un passage à l’acte grave qui ne peut être dissocié de cette trajectoire idéologique.
Ce qui différencie les violences interpersonnelles ou crapuleuses des actes terroristes est leur portée politique : la menace ou l’emploi de moyens violents à l’égard d’une cible première pour atteindre une cible symbolique.
Dans ses propres propos diffusés sur les réseaux sociaux, Cédric Prizzon affirme : "J’ai encore eu des messages de papas qui n’ont pas vu leur enfant depuis un an et demi. C’est une honte. S’il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national"
Cette déclaration est explicite. Elle exprime une volonté assumée de porter atteinte à l’ordre public, au nom d’un groupe d’hommes se présentant comme déchus de leurs droits.
Cette menace de violence s’inscrit dans une logique de mobilisation collective et de confrontation avec les institutions de la République, sous prétexte que la justice serait discriminatoire à l’égard des hommes parce qu’ils sont des hommes. L'ensemble des données disponibles contredisent cette propagande masculiniste.
Depuis plusieurs années, il diffuse des contenus accusant la justice d’être corrompue, participe à des groupes en ligne de pères enragés et mobilise d’autres hommes autour de griefs similaires lors de manifestations, avec le relais de certains médias locaux.
En droit, rien n’exclut qu’une violence ciblée dans la sphère privée constitue un acte terroriste. L’ordre public ne se limite pas à l’espace public. Il inclut la sécurité des personnes, les droits fondamentaux et la protection contre les violences. Utiliser la terreur pour imposer un ordre patriarcal, contrôler une femme, défier la justice et mobiliser d’autres hommes constitue une atteinte grave à cet ordre.
C’est pourquoi nous exigeons que le Parquet National Antiterroriste se saisisse de cette affaire. Cela permettrait de mobiliser des moyens d’enquête capables de remonter les réseaux de radicalisation, d’identifier les soutiens actifs, de documenter les dynamiques de propagande et de prévenir d’éventuels passages à l’acte futurs suscités par ce milieu radical.
La menace terroriste masculiniste est multiple.
Depuis plusieurs années, la prise en compte institutionnelle de la menace terroriste masculiniste se limite aux violences incels et à la radicalisation en ligne des jeunes hommes. Or, les milieux masculinistes radicaux sont multiples, structurés autour de groupes d’hommes de tous âges, avec leurs propres modes d’action.
Cette affaire constitue un test.
Un test de cohérence pour les institutions, mais aussi pour les médias, qui peinent encore aujourd’hui à reconnaître le terrorisme masculiniste lorsque des violences sexistes et sexuelles sont motivées par une radicalisation idéologique.
En minorant la portée politique des faits et en suscitant une forme de sympathie pour un père pourtant violent, en psychologisant l'acte, certains traitements médiatiques concourent, de fait, à la banalisation de ces violences et participent aux objectifs stratégiques de ces milieux radicaux.
Nous demandons :
- la saisine immédiate du Parquet National Antiterroriste ;
- la reconnaissance explicite du caractère terroriste des violences masculinistes lorsque les critères légaux sont réunis ;
- la formation des acteurs judiciaires pour reconnaître toutes les formes de terrorisme masculiniste ;
- un traitement médiatique qui incorpore l'élément radicalisation masculiniste de l'auteur présumée.
Nous refusons que certaines formes de terrorisme restent invisibles parce qu’elles ne correspondent pas à des représentations collectives erronées du passage à l'acte terroriste, choix politiques qui contribuent à mettre en danger l’ensemble des femmes, des enfants et des personnes minorisées de genre.
----------------------------------------------------
Premières signataires :
Individus Prénom, Nom, profession (merci de me contacter pour ajout)
Stephanie Lamy, chercheuse, autrice de La Terreur Masculiniste (Éditions du Détour, 2024)
Muriel Reus, co-présidente de la Commission stéréotypes HCE, Présidente fondatrice association Femmes Avec.
Andreea Gruev-Vintila, universitaire en psychologie sociale
Alice Dubré, enseignante du secondaire et intervenante EVARS
Fatima Benomar, présidente de l'association Coudes à coudes
Vigdis MORISSE HERRERA, présidente de Opale.care et de l'association des Tricoteuses Hystériques
Sophia Antoine, militante féministe et enfantiste, activiste FEMEN
Sandra Nkaké, artiviste
Agnès Setton, médecin et militante féministe
Maryne Bruneau, consultante Egalité, dirigeante de Egaluce, autrice
Suzanne Frugier, militante des droits des femmes et des enfants - Secrétaire générale de Mouv'Enfants
Associations, collectifs (merci de me contacter pour ajout)
L'Institut du Genre en Géopolitique
Mouv'Enfants
Collectif Les Grenades
Collectif AGORAGE 64-40
Les Tricoteuses Hystériques

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Le problème
Un homme au profil troublant, ex-policier et déjà condamné pour violences conjugales, harcèlement et enlèvement d’enfant, a été arrêté au Portugal après plusieurs jours de cavale. Il a été interpellé en compagnie de ses deux enfants : son fils Elio, issu de sa relation avec son ex-compagne Audrey Cavalié, et un second enfant en bas âge, issu de sa relation avec sa nouvelle compagne. Les deux enfants ont été retrouvés vivants.
En revanche, les corps des deux mères, son ex-compagne Audrey Cavalié et sa deuxième compagne, Angela Legobien-Cadillac, sont retrouvés sans vie.
Nos pensées vont d’abord vers ces femmes victimes de féminicide et leurs proches. Et surtout aux deux enfants.
Le dessaisissement du parquet de Rodez au profit du pôle criminel de Montpellier illustre la gravité de la situation, mais aussi les limites d’une prise en compte initiale qui n’a pas su anticiper la dangerosité de cet individu, pourtant déjà condamné pour des faits de violence et qui affichait son appartenance au milieu radical masculiniste des pères séparés sur tous les réseaux.
Deux mères assassinées pour la "cause paternelle".
Nous affirmons que les faits reprochés à Cédric Prizzon relèvent du terrorisme masculiniste.
En effet, les faits dont cet homme est soupçonné s’inscrivent dans une dynamique de radicalisation documentée, nourrie par des discours publics violents, faisant l’apologie de la violence à l’égard des femmes et de la justice qu’ils estiment “féminisée”, donc, selon eux, illégitime. Son parcours s’inscrit clairement dans le milieu radical des “pères séparés” : une mouvance violente épinglée dans le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes comme pouvant susciter le passage à l’acte violent au nom du suprémacisme masculin.
Les éléments connus à ce stade — enlèvement, fuite à l’étranger, présence d’une arme, double féminicide — traduisent un passage à l’acte grave qui ne peut être dissocié de cette trajectoire idéologique.
Ce qui différencie les violences interpersonnelles ou crapuleuses des actes terroristes est leur portée politique : la menace ou l’emploi de moyens violents à l’égard d’une cible première pour atteindre une cible symbolique.
Dans ses propres propos diffusés sur les réseaux sociaux, Cédric Prizzon affirme : "J’ai encore eu des messages de papas qui n’ont pas vu leur enfant depuis un an et demi. C’est une honte. S’il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national"
Cette déclaration est explicite. Elle exprime une volonté assumée de porter atteinte à l’ordre public, au nom d’un groupe d’hommes se présentant comme déchus de leurs droits.
Cette menace de violence s’inscrit dans une logique de mobilisation collective et de confrontation avec les institutions de la République, sous prétexte que la justice serait discriminatoire à l’égard des hommes parce qu’ils sont des hommes. L'ensemble des données disponibles contredisent cette propagande masculiniste.
Depuis plusieurs années, il diffuse des contenus accusant la justice d’être corrompue, participe à des groupes en ligne de pères enragés et mobilise d’autres hommes autour de griefs similaires lors de manifestations, avec le relais de certains médias locaux.
En droit, rien n’exclut qu’une violence ciblée dans la sphère privée constitue un acte terroriste. L’ordre public ne se limite pas à l’espace public. Il inclut la sécurité des personnes, les droits fondamentaux et la protection contre les violences. Utiliser la terreur pour imposer un ordre patriarcal, contrôler une femme, défier la justice et mobiliser d’autres hommes constitue une atteinte grave à cet ordre.
C’est pourquoi nous exigeons que le Parquet National Antiterroriste se saisisse de cette affaire. Cela permettrait de mobiliser des moyens d’enquête capables de remonter les réseaux de radicalisation, d’identifier les soutiens actifs, de documenter les dynamiques de propagande et de prévenir d’éventuels passages à l’acte futurs suscités par ce milieu radical.
La menace terroriste masculiniste est multiple.
Depuis plusieurs années, la prise en compte institutionnelle de la menace terroriste masculiniste se limite aux violences incels et à la radicalisation en ligne des jeunes hommes. Or, les milieux masculinistes radicaux sont multiples, structurés autour de groupes d’hommes de tous âges, avec leurs propres modes d’action.
Cette affaire constitue un test.
Un test de cohérence pour les institutions, mais aussi pour les médias, qui peinent encore aujourd’hui à reconnaître le terrorisme masculiniste lorsque des violences sexistes et sexuelles sont motivées par une radicalisation idéologique.
En minorant la portée politique des faits et en suscitant une forme de sympathie pour un père pourtant violent, en psychologisant l'acte, certains traitements médiatiques concourent, de fait, à la banalisation de ces violences et participent aux objectifs stratégiques de ces milieux radicaux.
Nous demandons :
- la saisine immédiate du Parquet National Antiterroriste ;
- la reconnaissance explicite du caractère terroriste des violences masculinistes lorsque les critères légaux sont réunis ;
- la formation des acteurs judiciaires pour reconnaître toutes les formes de terrorisme masculiniste ;
- un traitement médiatique qui incorpore l'élément radicalisation masculiniste de l'auteur présumée.
Nous refusons que certaines formes de terrorisme restent invisibles parce qu’elles ne correspondent pas à des représentations collectives erronées du passage à l'acte terroriste, choix politiques qui contribuent à mettre en danger l’ensemble des femmes, des enfants et des personnes minorisées de genre.
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Premières signataires :
Individus Prénom, Nom, profession (merci de me contacter pour ajout)
Stephanie Lamy, chercheuse, autrice de La Terreur Masculiniste (Éditions du Détour, 2024)
Muriel Reus, co-présidente de la Commission stéréotypes HCE, Présidente fondatrice association Femmes Avec.
Andreea Gruev-Vintila, universitaire en psychologie sociale
Alice Dubré, enseignante du secondaire et intervenante EVARS
Fatima Benomar, présidente de l'association Coudes à coudes
Vigdis MORISSE HERRERA, présidente de Opale.care et de l'association des Tricoteuses Hystériques
Sophia Antoine, militante féministe et enfantiste, activiste FEMEN
Sandra Nkaké, artiviste
Agnès Setton, médecin et militante féministe
Maryne Bruneau, consultante Egalité, dirigeante de Egaluce, autrice
Suzanne Frugier, militante des droits des femmes et des enfants - Secrétaire générale de Mouv'Enfants
Associations, collectifs (merci de me contacter pour ajout)
L'Institut du Genre en Géopolitique
Mouv'Enfants
Collectif Les Grenades
Collectif AGORAGE 64-40
Les Tricoteuses Hystériques

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Les décisionnaires
Voix de signataires
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Pétition lancée le 25 mars 2026