Manifeste conscient pour 930 MWh de répit

Manifeste conscient pour 930 MWh de répit

0 a signé. Prochain objectif : 500 !
Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Olivier DEL BUCCHIA a lancé cette pétition adressée à Chacun d'entre nous

Je me suis livré à cet exercice: cartographier les 212 bars et restaurants du quartier Paris – Montorgueil du point de vue des chauffages extérieurs et estimer l’énergie annuelle consommée

Voici la carte : http://u.osmfr.org/m/246511/

Il y a donc 64 terrasses chauffées qui consomment a minima 930 MWh (Mega Watt heure) par an. Je peux fournir le détail de mon calcul et des hypothèses.

930 MWh, c’est comme si on laissait allumées 9,3 millions d’ampoule de 100 Watts pendant 1h. A ~150 € le MWh, ça coûte aux cafetiers, donc aux clients, environ 140 000 € par an. Au lieu de chauffer 64 terrasses, on pourrait fournir l’énergie annuelle nécessaire à 82 appartements de 70m2 dans lesquels vivent 3 personnes. Si on installait une centrale à charbon rue Montorgueil, il faudrait bruler environ 350 tonnes de charbon pour chauffer ces 64 terrasses.

Étonnant non ?

Ces chiffres peuvent sembler anecdotiques. Mais à l'échelle de la planète, on peut se dire que des centrales tournent dans l’unique but de chauffer l’extérieur, et cette idée me glace le coeur.


Je me garderais bien de donner des leçons à quiconque. Notre normalité urbaine n’est pas celle des cycles de la nature et prendre conscience des enjeux climatiques est un vrai cheminement personnel. Mais même si l'on adhère aux messages des scientifiques, il est très difficile de transformer réellement et durablement nos modes de vie.

Thomas Pesquet témoigne avec émotion de sa prise de conscience profonde après avoir vu la fragilité de la Terre depuis l’espace. Malheureusement, il sera difficile d’envoyer tout le monde dans l’ISS... C’est pourtant primordial : intégrer suffisamment dans ses tripes le sentiment d’appartenance à cette planète et à l’humanité toute entière pour se sentir directement concerné.

Une politique mettant l’enjeu environnemental de cœur du reste n’émergera que si les élus en ont le mandat explicite. Aujourd’hui, ni le président ni le parlement français ne sont élus sur ce principe. Donc ils ne le font pas, et c’est heureux en démocratie. Les pétitions, les appels des personnalités, très bien. Mais il existe une pétition qui prévaut sur toutes les autres : l’élection. C’est elle qui incarne l’expression de nos priorités, de notre conscience. De même, le pouvoir des lobbies correspond à celui que nous leur donnons par notre consommation. Si nous pouvions arrêter d’utiliser massivement la voiture, le lobby automobile serait celui qu’on écoute par politesse avant de passer aux choses sérieuses.

Il ne s’agit pas de dédouaner les politiques ni les industriels. Mais chacun de nous dispose de ces 3 leviers d’action : le vote, la consommation et l’engagement. Il me semble nécessaire de s'approprier pleinement ces 3 leviers, d’augmenter notre niveau de conscience sur notre impact dans ces 3 domaines. Nous sommes pleinement responsables de nos actes et chacun d’eux a des conséquences directes sur nos vies.

Nous sommes, avec d’autres, les nobles de ce monde. Les mêmes nobles que ceux d’avant 1789 qui n’étaient pas tous de sordides tyrans dépourvus d’humanité. Mais en dépit des hurlements de la misère à leur porte, ils ne pouvaient concevoir que l’ordre établi qu’ils conservaient pût réellement changer. Et nous, que cherchons nous à conserver en détournant le regard d’une réalité qui s’impose de plus en plus ?

Il est angoissant de se projeter dans un changement aussi important, d’aller vers l’inconnu, de remettre en question ses acquis, pour soi et plus encore pour ses enfants. Il y a la peur du vide, du ridicule, la peur d’être le seul à s’engager pendant que les autres continuent de profiter des dernières gouttes de pétrole, le sentiment de la goutte d’eau dans l’océan, la prédominance du quotidien. Mais il y a aussi la joie de voir le monde autrement que par le prisme de la publicité ou de notre ego, il y a la foule sentimentale de Souchon, la joie de contribuer, la joie simple d’attendre le mois de mai pour se régaler avec des fraises, comme on attendait la nuit de noël quand nous étions enfants.

Nous vivons tous avec nos contradictions, c’est bien naturel et merveilleusement humain. Mais peut être pourrait-on faire vivre en nous ce questionnement, avec responsabilité, conscience et bienveillance : Qu’est-ce que mon vote permet, conserve ou empêche ? Qu’est-ce que je légitime, à quoi est ce que je contribue quand je consomme ? Quel est mon engagement, dans ma famille, à mon travail, en bénévole ? Qu’est ce qui m’émerveille ? Faire vivre ces questions n’est pas simple. Cela veut dire apprendre, aiguiser son sens critique, oser penser et parler. Mais quel premier pas pourrais-je faire dans cette direction ?

Je suis plutôt favorable à l’innovation des technologies et des usages. Mais je me demande ce qu’est ce progrès qui permet de boire un coca glacé en t-shirt un soir de Janvier à Paris pendant que la planète brûle. Alors si nous, les clients des terrasses du quartier Montorgueil, étions simplement capables de prendre plaisir à se retrouver au chaud à l’intérieur des cafés en attendant le printemps, nous nous accorderions chaque année 930 MWh de répit.

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !