
Bonjour à toutes et à tous,
Vous le savez, la loi "Schiappa" contre les violences sexuelles a été actée. Vous l'avez remarqué, vous êtes parfois directement concerné : cette loi est bien insuffisante, elle ne protège pas suffisamment les mineurs, ne propose rien pour les victimes d'inceste, ne pose pas clairement un interdit d'acte sexuel avec un mineur de 15 ans (puisque c'est toujours à l'appréciation du magistrat quoi qu'en dise le cabinet de Mme Schiappa...). Concernant la prescription, nous avons eu l'aumône de 10 années supplémentaires, ce qui ne correspond pas à la réalité que vivent les victimes, notamment en cas d'inceste (pression familiale) ou d'amnésie traumatique.
Mais si cette loi pose de nombreux problèmes, il y a autre chose, qui doit faire réfléchir n'importe quel parent : l'éducation sexuelle précoce et inappropriée. Ces deux mots sont importants, car il n'est pas question d'interdire ou d'empêcher une éducation à la sexualité mais de s'assurer qu'elle se déroule de façon transparente, dans une pédagogie adaptée et en fonction de l'âge des enfants.
Oui il est bien question dès la rentrée prochaine, de séances « d’éducation sexuelle et affective dans le cadre de la loi contre le harcèlement de rue », loi (contre les violences sexuelles et sexistes) que les associations de défense des enfants ont jugé scandaleuse car vidée totalement de la moindre dimension réellement protectrice vis-à-vis des mineurs victimes de violences. Attention, nous ne prétendons pas qu'il s'agit, comme l'affirment certains, de cours de masturbation en classe !
Nous nous inquiétons du contenu des cours (est-il vraiment approprié au développement psychologique de l'enfant ?), et de l'aptitude des personnes qui donneront ces cours à le faire dans les meilleures conditions possibles (tous les enseignants ne sont pas forcément à l'aise avec ce sujet, n'y sont pas forcément préparés. 1500 enseignants sont signataires de la pétition lancée par l'association REPPEA).
Cette loi est rendue applicable pour tous dès la maternelle depuis le dernier plan Stratégie de santé sexuelle du ministère de la Santé du 30 Mars 2017, p 14. Madame Schiappa déplore que la loi « existe déjà, mais qu’elle n’est pas mise en œuvre ». Elle le sera donc dans un accord mis en place avec l’Éducation nationale nous dit-elle .
En l'état, il n'existe pas de garanties que ces enseignement seront adaptés, il n'existe pas non plus de garantie que les parents seront informés du contenu de ces cours, voire même du "quand" ces cours seront dispensés.
Ces séances peuvent avoir un impact très négatif sur les jeunes enfants qui ne sont pas en mesure d'appréhender la sexualité, même si l'on décide d'en aborder le sujet avec des mots et des images que certains adultes estiment appropriés (ça l'est en effet pour des adultes !)... Tous les enfants d'une même classe n'ont pas la même maturité, la même sensibilité. Certains peuvent réagir douloureusement à ce qu'ils perçoivent comme une agression, des témoignages dans ce sens ont été recueillis : des enfants dégoûtés par des mots, des images, ou un sujet qu'ils n'étaient pas prêts à appréhender.
Les professionnels, militants, associations de défenses des droits de l’enfant et de sa protection, défendent depuis des mois qu’un enfant n’est pas en capacité de donner un consentement sexuel éclairé avant 15 ans, que ce soit vis-à-vis d’un adulte ou d’un autre enfant. Un petit enfant est par essence immature pour la sexualité et vulnérable. Il a besoin d’être protégé par un interdit clair et fort avec des adultes garants de sa sécurité psychique et physique.
Le risque de ces séances réside également dans le fait que les agresseurs auront un argument qui permettra au magistrat de faire d'un viol une atteinte sexuelle : si l'enfant est "éduqué" à la sexualité, il sera toujours facile de prétendre que donc, qu'il possédait le discernement nécessaire et qu'il était en mesure de consentir à un acte sexuel. Ce n'est pas du fantasme comme l'affirment certains mais bien une réalité à laquelle des victimes font déjà face, deux fillettes ont en début d'année dû subir d'être considérées comme consentantes à 11 ans !
Donc aux oubliettes l'état de sidération, on oublie aussi les risques d'emprise que peut subir un enfant de la part d'un proche (père, beau-père, oncle par exemple), on ne pense plus qu'un enfant est sacré et que personne n'est en droit de pratiquer un acte sexuel sur un mineur... Non, on "sexualise" les enfants, et ils deviennent acteurs conscients de leur agression. Est-ce vraiment le meilleur moyen de lutter contre les violences sexuelles et la pédocriminalité ? Je ne le pense pas.
Je pense, à titre personnel, que plutôt qu'une éducation à la sexualité, c'est une éducation au respect de soi-même, des autres, qu'il faudrait proposer. "ton corps t'appartient, tu n'es pas obligé d'accepter ou de faire des bisous si tu ne veux pas, tu n'as pas le droit d'imposer un bisous ou un coup à un autre enfant, etc." Le mot "sexualité" n'est pas indispensable jusqu'au collège pour la raison simple que dans l'esprit d'un enfant : ça n'existe pas. C'est ici la maman de trois enfants ayant travaillé en maternelle et en collège qui émet un avis. (Un avis, pas une vérité universelle...)
Je m'associe donc à ce collectif de protection de l'enfance, constitué non pas "d'illuminés extrémistes", de complotistes ou de fanatiques politiques ou religieux comme certain(e)s aimeraient le faire croire. Je sais qu'il existe des publications excessives et mensongères sur les réseaux sociaux, ce n'est pas notre sujet et nous n'avons rien à voir avec ces revendications désordonnées et politiques.
C'est du bon sens, appuyé sur le travail de professionnels, de personnes concernées par la protection de l'enfance, confrontées aux traumatismes subis par des enfants, des professionnels de santé et de justice, des militants ou associatifs qui n'ignorent rien des enjeux de cette fameuse "éducation à la sexualité".
La désinformation vient des personnes qui ont pondu une loi scélérate, et qui continuent de dénigrer le travail des véritables professionnels de la protection de l'enfance.
Je vous invite donc à lire le communiqué ci-joint (lien en rouge ci-dessous) et à le faire circuler très largement.
Parce qu'on ne lutte pas contre la pédocriminalité en se focalisant sur un seul axe (notamment la prescription) mais dans une vision globale et surtout en mettant tout en oeuvre pour protéger les enfants, de toutes les manières possibles.
Les enfants doivent rester des enfants.
Merci d'avance.
S
Pour lire le communiqué, cliquez sur ce lien.
Communiqué de Presse à lire ici.