Petition updatePédophilie/Délai de prescription : donnons le temps aux victimes d'obtenir justice !Redresser la tête, respirer. Avancer.
Séverine MFrance

8 Apr 2018
Bonjour,
(Message un peu long, désolée, mais j'ai besoin de vous dire tout ça.)
Je viens de traverser des jours terribles, que n'importe quelle victime de dépression majeure, de syndrome de stress post traumatique, et/ou de troubles de dissociation peut aisément comprendre et identifier comme la manifestation d'un désespoir et d'une douleur intenses.
J'ai vraiment ressenti le besoin de disparaître, de hurler un ultime cri qui me désintégrerait pour faire disparaître tous ces souvenirs, cette douleur. J'ai vraiment ressenti un vide profond, une déchirure irréparable en constatant que celle qui fut ma mère se fout que je puisse être malade, en souffrance, et qu'elle est capable de beaucoup de ressources pour me pousser à bout de nerfs, au bout d'une corde.
Mais voilà. La défense de cette mère là est de m'accuser de mensonge, de considérer que ma détresse est une menace de mort à son encontre, et que mon sourire d'enfant est une preuve de mon mensonge.
Tout ça pourquoi ?
Parce qu'il y a un peu plus d'un an, je croyais en ma mère, en ses mots, ses larmes. Et elle simplement retourné sa veste. Elle a recommencé à dire le contraire de ce qu'elle avait dit devant mon mari et mes enfants. Son soutien, sa reconnaissance ont disparu. Et elle m'a plongée dans une nouvelle étape de doutes, de détresse. Et ma dépression n'a donc pu être soignée. J'ai plongé encore plus profondément dans la stupeur.
Des dizaines de fois, j'ai maudit cette mère, avec la seule question "pourquoi" ? Pourquoi m'avoir fait ça ? Pourquoi m'avoir menti sur tout, sur tout le monde ?
La réponse est simple. Cette femme a tout fait pour que je ne porte pas plainte. Ensuite elle a tout fait pour que ma parole ne soit jamais considérée autrement que comme les divagations d'une menteuse, d'une méchante fille qui voulait faire du mal la famille. Sa famille, puisque tout a été fait pour que je n'en sois plus.
Mais depuis quelques mois, des membres de la famille ont décidé de reprendre contact avec moi, et ont décidé de me croire. Pas parce que je leur ai mis un couteau sous la gorge en les obligeant à me croire, mais parce qu'il existe des raisons de me croire. Et que chacun est libre de faire appel à son libre arbitre.
Le mari de ma mère déploie des forces considérables pour me nuire : poster des commentaire diffamants, me nommant sur le mur Facebook de l'un de mes amis proches, qui n'est autre que celui qui m'a représentée à L'Assemblée Nationale. Nous avons les captures d'écran de ces propos que personnellement je trouve seulement absurdes, et surtout ça ne prouve pas que j'ai menti mais qu'ils sont désespérés.
Mon fils aîné a tenté de discuter avec le mari de ma mère, en restant objectif. Il a reçu des réponses condescendantes, et surtout la révélation que c'est bien le fait que des membres de la famille aient décidé de me croire qui pose un problème à ma génitrice et son mari...
L'amusant ? Ces deux personnes que j'ose qualifier de "vieux fous", préviennent mon mari que nous allons recevoir des copies de mails de mon fils qui vont me faire déchanter, que je n'oserais pas montrer à mon mari justement...
Mais ces échanges, nous les avons, et entre nous c'est transparent, mon mari a lu tous les mails de ces deux énervés. Les mails de mon fils et les réponses qu'il a eues sont aussi en notre possession. Parce que je n'ai rien à cacher, moi. Et mon mari et mes enfants non plus.
Et je commence à comprendre... Quoi que je dise ou fasse, ils le transformeront pour en faire des pseudo preuves contre moi. Ils utiliseront les mots de mes fils, de mon mari, en les transformant, toujours. Parce que ce sont des pervers. Mon psychiatre a raison.
Et je vais apprendre à me protéger. Je vais apprendre à les ignorer, à ne plus souffrir de leurs attaques.
Mon traitement me permet de tenir le coup, mon mari, mes enfants, mes amis...
Et aussi Patrick Loiseleur de AIVI, qui a su m'écouter et me conseiller. Et le docteur Catherine Bonnet, femme fantastique, qui elle aussi a su me redonner de la force. Mon Psychiatre qui a également su me faire "redescendre".
Pascal Hubert, journaliste et avocat qui a aussi su m'apporter un soutien avec des mots justes. Isabelle Sezionale qui malgré un épisode de vie douloureux a continué à m'apporter son soutien comme depuis déjà longtemps.
Et des centaines de mails, MP, commentaires... Vous toutes et tous qui m'avez demandé de rester debout et de ne pas laisser gagner ceux qui veulent me faire taire. Vous avez été un soutien fantastique. Et du fond du coeur, j'ai envie de vous dire merci.
Je ne peux pas promettre de ne pas m'effondrer encore. Parce que la dissociation, ce sentiment de disjoncter et ne plus avoir de prise sur les choses, sur son propre corps a quelque-chose de terrible, et surtout d'imprévisible. Même s'il devient évident que le stress, les flash-back, et les attaques favorisent son apparition. C'est ce qui m'effraie le plus en réalité : la dissociation.
Mais je peux promettre une chose : apprendre à ne plus réagir aux attaques de personnes perverses. Leur mode de fonctionnement m'échappait jusqu'à présent, raison pour laquelle j'étais tellement choquée à chaque fois, et donc en colère, et donc en souffrance.
C'est le travail que je dois faire avec mon psychiatre. Nous en avons parlé.
Mon mari est un homme formidable, dont je partage la vie depuis presque 12 ans. Son soutien est indéfectible. Il est traité comme un pauvre demeuré par ma génitrice et son mari, parce qu'il me croit. Ils ne comprennent pas que s'il me croit, c'est justement parce qu'il partage mon quotidien. Et qu'il est présent avec moi aux consultations médicales. Il sait. Et il est là, il me soutient indéfectiblement.
Ma génitrice et son mari prétendent que je vous ai tous "endormi" avec mes mensonges bien pathos. Que les gens qui me croient sont soit stupides, soit naïfs, soit malades. l paraît que c'est mon talent d'écriture qui vous endort, pas le fond de ce que je dis, mais ma plume. Je vous laisse prendre ceci en considération. Et si c'est vrai, j'aimerais recevoir un prix Goncourt (blague...). J'écris avec mes tripes, mon coeur, d'un seul jet. Je dis, j'ai dit, et je continuerai de dire la vérité. Chacun est libre de me croire, ou pas.
Je suis comme le roseau. Je plie, souvent, et parfois j'ai l'impression que je ne parviendrai pas à me redresser.
Cette fois, ils sont allés trop loin dans la manifestation de ce que je considère comme une peur panique d'être éclaboussés par une vérité dans laquelle me génitrice, si elle n'est pas "coupable" au sens juridique du terme, est au moins responsable, simplement parce que, avant qu'elle me trahisse, j'étais son enfant. Une mère est responsable de son enfant. Tout le reste n'est que tergiversations stériles. Sa faute existe, elle a eu des conséquences terribles sur ma santé et ma vie. Rien de ce qu'elle peut prétendre n'effacera jamais ce FAIT. Et oui, les gens comme elle devraient être condamnés, même symboliquement, parce que détruire la vie de son enfant n'est pas une chose normale.
Je me redresse. Je retrouve la force de respirer sans pleurer. Depuis deux jours mon mari fait tout pour me faire sourire, ma fille me rappelle à quel point j'ai de la chance d'être sa maman.
Alors je vais avancer, et je vais continuer ce travail, entrepris en décembre 2015, pour que toutes les victimes prennent la parole, pour que la loi évolue.
Parce que plus que jamais, je sais à quel point les conséquences de l'inceste sont destructrices. Et à quel point les famille inces-tueuses peuvent plonger une personne dans un désespoir profond.
Plusieurs personnes m'ont conseillé de ne plus avoir de compte Facebook. Mais voilà : je suis en conduite d'évitement social. Ce qui veut dire que je n'arrive plus du tout à sortir de chez moi, à part pour aller au bout de la rue chercher ma fille à l'école. C'est l'une des conséquences de mon état. Donc les réseaux sociaux me permettent de garder le contact avec un monde dont j'ai tendance à m'éloigner par tous les moyens. Et c'est essentiel pour que je parvienne à revivre normalement. Jusqu'ici, je ne me déplace que si mon mari est présent. Sinon je me sens en danger...
De plus, je ne devrais pas avoir à me cacher. A me taire. Je ne nomme jamais cette famille, pourtant vous êtes nombreux à avoir réclamé des noms. Mais je ne le fais pas. Je ne suis pas dans une démarche de vengeance. Je veux que la Justice rende justice. Pas pour moi, puisque le pédocriminel qui m'a volé une vie est mort depuis 4 ans. Mais pour toutes les autres victimes qui vivent les mêmes choses que moi, qui sont seules, qui n'en peuvent plus de souffrir. Ces personnes-là ont besoin que nous combattions tous ensemble, pour faire tomber la prescription et qu'enfin le viol d'un enfant soit reconnu comme étant un crime contre l'humanité. Et nous finirons par y arriver.
Alors, merci. Merci mille fois. De m'avoir permis de retrouver dignité et espoir, force et tranquillité.
Je suis toujours là, avec vous, et notre pétition montre que nous sommes forts. Nous sommes forts... Ensemble.
Merci.
Séverine
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