Actualización de la peticiónPédophilie/Délai de prescription : donnons le temps aux victimes d'obtenir justice !Mépris des victimes : le dénominateur commun.
Séverine MFrancia
15 nov 2017
Bonjour,
Une fois de plus, l’actualité nous démontre à quel point il est devenu à la fois urgent et vital de faire évoluer les mentalités concernant toutes les agressions sexuelles, et en particulier donc, les violences sexuelles sur enfant.
Un homme a été acquitté alors qu’il a violé une enfant de 11 ans.
Un viol, que n’ont pas reconnu ceux qui étaient supposés « rendre justice ».
Viol, inceste, « pédophilie », agressions sexuelles… Tous ces actes, qu’ils soient commis sur des adultes ou des enfants, des garçons ou des filles, ont un même dénominateur commun : le mépris total de la parole des victimes.
Ce mépris est une violence de plus.
S’il existe des êtres abjects capables de commettre des actes abjects, nous devons désormais savoir qu’il existe des individus, hommes et femmes, dont l’abjection est de nier que c’est d’abord la parole de la victime qui doit être entendue.
Il existe des individus assez dépourvus d’humanité pour considérer qu’une enfant de 11 ans peut avoir consent à un acte sexuel, c’est-à-dire à un acte qui interdit tout retour en arrière.
Ceux qui ont décidé d’acquitter un violeur d’enfant en considérant que « le viol n’a pas pu être établi », ceux-là je les crois fous ou monstrueux, je crois qu’ils manquent singulièrement de conscience.
Et tout est question de conscience.
Oui, il est possible d’être violé sans avoir conscience de l’être, oui il est possible d’être violé sans (forcément) être passé à tabac, ; oui, il est possible d’être dans un tel état de choc et d’incompréhension qu’il faut du temps pour oser penser « j’ai été violé(e) ». Il faut parfois beaucoup de temps, pour prendre conscience de la gravité d’un acte sexuel, de ses conséquences. Comment imaginer qu’à onze ans, un enfant puisse savoir ce qui l’attend ?
Qui sont ceux qui supposent qu’un corps d’enfant peut être « praticable » comme le serait un terrain de jeu ?
Ce verdict est un message insidieux qui dit aux violeurs « si vous ne frappez pas, vous vous en sortirez, tranquilles ».
Car voilà, selon ceux qui ont jugé, le consentement est acquis dès lors que la victime ne peut pas démontrer qu’elle a été contrainte « par la force ».
Et si, désormais il est acquis qu’à onze ans on peut consentir à un acte sexuel, il devient alors acquis que les victimes plus âgées qui n’auront pas eu « le bonheur » d’avoir en plus été battues auront forcément consenti. Et après quoi ? Jusqu’où peut aller l’ignominie ?
Je suis horrifiée, mais non, on ne peut définitivement pas penser que la justice est en faveur des victimes, surtout quand il s’agit d’enfants dont il est si facile de balayer la parole pour la glisser sous un tapis de mépris.
Mais le fait est que, si la société arrêtait de stigmatiser les victimes de viols, d’incestes ou d’agressions « pédophiles », alors la justice serait dans l’obligation de condamner fermement les violeurs et autres pédocriminels.
Et c’est également pour cette raison que le délai de prescription doit disparaître : il faut que devienne évident le fait que violer est un acte de barbarie; que violer un enfant relève du crime contre l’humanité qui donc, ne supporte aucun délai de prescription. Une fois que ces actes odieux auront trouvé une qualification définitive et que plus personne ne se permettra de minimiser de telles horreurs, alors les lois évolueront, la justice rendra enfin Justice.
Nous devons continuer de nous mobiliser, parce que l’imprescriptibilité fait partie d’une démarche globale dont le but est de ne plus jamais laisser des coupables impunis et des victimes détruites, livrées à elles-mêmes. Nous devons faire savoir que nous sommes hommes, femmes, enfants, victimes ou proches de victimes, ensemble contre une aberration qui permet à des criminels de vivre tranquilles quand ils ont détruit des vies, des familles.
Non, 11 ans, et même 13 ans ce n’est pas un âge cohérent pour qu’il y ait « consentement » : la majorité sexuelle est à 15 ans, et c’est déjà trop tôt.
Non, le délai de prescription ne doit pas être allongé, il doit disparaître. C’est aussi une question de principe, la reconnaissance de la parole des victimes. Les séquelles sont justement souvent plus visibles avec le temps et la prise de conscience, ou les « masques familiaux » qui tombent, notamment dans les cas d’incestes ou de viols incestueux.
Non, violeurs et/ou pédocriminels ne doivent pas se sentir tranquilles et échapper à la justice.
Alors, la mobilisation continue.
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