Séverine MFrance
Nov 7, 2017
Bonjour, Dans 3 semaines, j’arrêterai le comptage de signatures pour les imprimer. Le compteur affiche 179 421 signatures au moment où j’écris ces lignes. Une personne m’a donnée une idée pour récolter encore quelques signatures, que je trouve intéressante. Tout le monde n’a pas la possibilité de partager la pétition sur les réseaux sociaux. Mais nous avons besoin de partages de l’information, et de la pétition. Il est possible de le faire via vos téléphones portables, par MMS. Je vous invite donc à enregistrer ou à copier l'image l’image de cette mise à jour, et de l’envoyer par MMS à 10 contacts avec le texte suivant : « #StopPrescription Pédophilie/Délai de prescription : donnons le temps aux victimes d'obtenir justice ! Signez cette pétition ! http://www.change.org/StopPrescription Nous sommes tous concernés. Si chacun d'entre vous prend le temps de signer et envoie ce MMS au moins à 10 contacts, les 200000 signatures seront enfin atteintes pour appuyer la proposition de loi au Sénat pour le 30 novembre. Séverine Mayer, auteure, victime de pédocriminel ». Je sais que c’est une démarche qui peut sembler singulière, mais au moins, nous pourrons dire que nous avons tout mis en œuvre, ensemble, pour réussir. J’aimerais partager avec vous une réflexion qui m’est venue, et que j’estime être un argument pour mettre en évidence les conséquences affectives et sociales des violences pédocriminelles sur une personne… J’ai lu ceci : « L’enfance trouve son paradis dans l’instant. Elle ne demande pas le bonheur. Elle est le bonheur. » (Louis Pauwels) Et encore ceci « Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte ». (Sigmund Freud). Et cela m’a fait penser à ceci : un enfant qui est privé de son enfance est un enfant qui est privé de son bonheur, et de ses rêves. Et donc, un enfant qui ne rêve pas, ne se projette pas dans l’avenir, est un enfant qui grandit sans être heureux, devient un adulte en souffrance. Parce que, tout simplement, on lui a volé l’Enfance, cette étape unique de la vie où l’on se construit, où l’on rêve de devenir « comme Maman », ou « comme Papa », de faire tel ou tel métier… Une période de la vie qui, une fois passée, ne revient jamais. Je n’ai jamais voulu devenir « comme Maman ». Je crois que j’ai arrêté de me projeter dans l’avenir très tôt. J’avais renoncé à aller à l’école, à faire des études. A avoir un métier dont j’aurais rêvé. La prescription, c’est contraindre les victimes à renoncer. Alors qu’elles ont déjà renoncé à tant de choses, parfois simplement à vivre vraiment. Car survivre n’est pas vivre. Se cacher, devoir mentir sur soi, souffrir dans sa chair, dans son âme, ce n’est pas vivre. Être l’objet du rejet de sa famille, de son entourage pour ce que l’on est, parce que notre statut de victime n’est pas reconnu, savoir que ceux qui nous ont torturés, amputés de notre enfance vivent sans être inquiétés alors que nous faisons l’objet de la suspicion et des jugements : ce n’est pas vivre, c’est souffrir continuellement, c’est survivre dans l’espoir que quelque-chose arrive, et qu’enfin l’on nous regarde pour ce que nous sommes, pas pour ce que les autres attendent de nous. Agresser un enfant sexuellement, c’est lui nier le droit d’être heureux. C’est assassiner son Enfance. C’est provoquer une multitude de douleurs, de blessures, qui mettent une vie à guérir. Qui parfois d’ailleurs ne guérissent jamais, et qui mènent au suicide. Aujourd’hui, je vous demande d’agir avec moi, une dernière fois, pas pour moi, pour toutes les victimes qui ont signé cette pétition, pour toutes les victimes qui subissent en ce moment le plus odieux, le plus impardonnable des crimes. Je vous demande de vous mobiliser pour que le message soit clair : nous ne voulons pas de la prescription, nous voulons une véritable justice, qui fasse passer le message que la pédocriminalité ne sera plus jamais minimisée. Violer un enfant, agresser sexuellement un enfant est un acte abject, insupportable. Nous ne sommes plus au moyen-âge, nous savons tous que les séquelles sont terribles sur la santé, la vie de famille, la vie affective, la vie sociale, la vie professionnelle… Pas de demi-mesure, pas d’allongement du délai de prescription pour de motifs douteux ! #StopPresciption ! C’est la seule option digne, la prescription est une honte, un déni. La France doit montrer qu’elle se soucie des enfants, des victimes, et de la justice ! Les pédocriminels doivent répondre de leurs actes, et il est primordial de les mettre hors d’état de nuire. Alors ensemble, soutenons les Sénateurs Houpert et Pellevat, qui ont rédigé la proposition de loi N° 719 tendant à rendre imprescriptibles les crimes et délits sexuels sur mineurs, ainsi que tous ceux qui soutiennent cette proposition. Un dernier mot, merci pour tous vos messages de soutien. Je suis fatiguée, mais la pétition ira au bout de son objectif, ce sera ensuite aux décideurs de montrer qu’ils nous ont entendus, en particulier Mme Belloubet et Mme Schiappa qui pour le moment sont en faveur d’un allongement du délai… Merci d’avance à tous ceux qui se mobiliseront et enverront des dizaines de MMS pour obtenir un maximum de signatures. Séverine.
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