Petition updatePédophilie/Délai de prescription : donnons le temps aux victimes d'obtenir justice !Le combat continue !
Séverine MFrance
Apr 7, 2016
Bonjour à tous !
Nous n'avons pas pu rattraper le retard dans le traitement de vos messages et plusieurs personnes attendent toujours que nous les rappelions. Nous en sommes vraiment désolés !
Mais chaque appel dure en moyenne entre 1h et 2h1/2 ! Vous comprennez que, afin de nous "préserver" psychologiquement, nous avons besoin de pauses entre vos témoignages. Certains témoignages écrits sont longs et nécessitent d'être parfois relus plusieurs fois avant que nous puissions y répondre.
Nous répondrons à chacun de vos messages, aussitôt que possible.
Nous avons aussi eu à lire des choses vraiment moches, qui justifient que nous continuions à nous battre contre le délai de prescription...
Il y a des gens qui estiment que l'on ne peut pas poursuivre un individu plus de 20 ans après les faits car "les gens changent, un acte même horrible ne caractérise pas une personne"... Ce à quoi nous répondons qu'il serait utile de faire la différence entre un individu qui vole un sac à main (pour manger ou se droguer) et un autre qui abuse sexuellement (et violemment) d'un enfant !
Oui, la pédocriminalité caractérise un individu, la plupart des témoignages font état, non pas d'actes isolés, mais bien d'actes répétés ! De plus... Un pédocriminel qui aurait "changé"... S'excuserait au moins, non ? Il chercherait à réparer le tort causé à sa (ses) victime(s), non ?
Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, explique que le principe de prescription est une règle essentielle du droit, qu’il exprime une « volonté d’apaisement social » et que la sanction prend en compte le temps qui passe, les gens qui changent.
Il va donc falloir expliquer les choses à cette dame, clairement, crument même,car elle se trouve à des milliards d'années lumière de ce que nous sommes et avons vécu. Nous ne sommes pas apaisés, mais alors pas du tout. Nous nous sentons méprisés, abandonnés, sanctionnés.
Sur le sujet des "preuves"...
Mme Blisson dit "Sur de telles affaires, plus les années passent et plus il est compliqué de les juger. Il faut des preuves qui sont beaucoup plus difficiles à récolter, une enquête. De plus, le temps qui passe fragilise les récits, parce que c’est psychologiquement plus éprouvant."
C'est faux. Notre état de santé constitue une preuve, notamment les crises de dissociation qui affectent de très nombreuses victimes. Il existe des lésions cérébrales visibles aux examens qui sont en rapport direct avec les violences subies chez de nombreuses victimes. Les problèmes de santé sont réels. Des témoignages, en y mettant les moyens on peut obtenir des témoignages, et justement les langues se délient mieux quand le temps a passé et que, a priori, il n'y a plus de danger.
Quand au récit qui serait plus éprouvant ! C'est n'avoir vraiment pas compris que, au contraire, plus le temps passe, plus il devient possible d'en parler ! Parce qu'on a pu trouver le soutien, la force, qu'on a enfin compris ce que l'on a vécu. Et que souvent, l'amnésie traumatique nous a empêchés de nous souvenir, de comprendre... Les souvenirs peuvent remonter brutalement à l'occasion d'un choc, d'un deuil, d'un stress important. Et ce, bien après le délai de prescription.
Mme Blisson dit également : "penser que l’allongement du délai de prescription peut permettre de faire condamner beaucoup plus de coupables est une illusion." Et bien, avant de le présumer, pourquoi ne pas tenter ? Ou est-il préférable de continuer à taire et donc à laisser des pédocriminels dans la nature ? Sous prétexte que le temps a passé ? C'est absurde ! Sauf s'il existe une volonté des magistrats à minimiser la gravité des faits, et les condamnations...
Il y a donc bien un réel problème entre la réalité de ce que nous avons subi et subissons encore et ce qu'imaginent (ou croient savoir) ceux qui décident des lois...
Nous allons donc persévérer !
Merci à vous de continuer à porter avec nous cette pétition, partagez-la largement !
#StopPrescription
Séverine Mayer, auteure de "La Parole"
Association La Parole Libérée
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