Annulation de la venue de Jean Lassalle

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                                                  Communiqué 

Jean Lassalle a été invité le 24 Janvier prochain par l’association Le Campus des idées à tenir une conférence sur le campus Moulin de l’Université de Lille. 

Olympe Se Bouge, seule association féministe intersectionnelle de l’Université de Lille s’oppose formellement à la venue d’une personne dénoncée pour faits d’agressions et de harcèlement sexistes et sexuels et réclame donc l’annulation de cette conférence et ce conjointement avec le syndicat étudiant SUD- solidaires étudiant.e.s et avec le soutien de BCBG, association féministe LGBT+ de l’IEP de Lille.


Nous condamnons la tribune médiatique ainsi offerte à un « présumé » agresseur, soulignant le fait qu’un personnage public, bien que « défenseur de la ruralité » ne saurait être un conférencier tolérable. À trois reprises déjà, celui-ci a été nommé par des femmes dont la parole a été tue, minorée, ignorée. Expliquant cela par sa « truculence » et sa « tendance tactile », le député reconnaît avec indécence la gêne et le refus exprimé par ces femmes envers lesquelles il n’a semble-t-il pas estimé nécessaire l’obtention du consentement et la considération de la dignité.
En conséquence, nous espérons obtenir le soutien de l’Université de Lille ainsi que de la Faculté de Sciences Juridiques Politiques et Sociales, déjà engagée dans la défense de l’égalité femmes-hommes et contre le harcèlement sexuel. Nous leur demandons donc d’honorer leurs engagements à l’image des IEP Lille, de Rennes, et de Bordeaux dans l’annulation de cet événement. Comme le disait le président de l’IEP de Bordeaux, Yves Déloye : “les accusations de harcèlement sexuel nombreuses et répétées qui le concernent représentent pour la communauté de Sciences Po Bordeaux une véritable tâche morale et éthique qu’une absence de poursuites judiciaires ne saurait effacer.”, nous espérons donc que l’administration de l’Université de Lille suivra cet exemple.


En outre, nous réclamons le droit d’étudier dans une université où des valeurs et violences sexistes ne sont pas promues par inaction, considérant l’importance que celle-ci demeure un endroit relativement sûr. Loin de mener une « chasse à l’homme » contre son unique personne, Olympe Se Bouge souhaite souligner l’implication structurelle incarnée dans la culture du viol et l’impunité.

En effet, cette venue représente une banalisation des violences faites aux femmes et n’encourage pas celles-ci à exiger un traitement juste et digne devant le droit. Accueillir un homme assimilant agressions et harcèlement à des maladresses participerait à une invisibilisation systématique de la parole des femmes. Nous reconnaissons l’importance de la « présomption d’innocence », mais soutenons que la parole des femmes dénonçant des actes de violences sexistes et sexuels doit être respectée et prise en considération.


Une inaction serait en soit un message de dédain et de mépris pour celles-ci et ne serait pas comprise. Le problème étant donc plus large que l’horizon Lassallien mais étant symptomatique d’une société patriarcale, nous souhaitons promouvoir, pour une fois, la parole et la dignité des « présumées » victimes.


Afin de ne pas laisser cet événement être une simple maladresse, nous invitons celles et ceux souhaitant en apprendre davantage sur la culture du viol et l’impunité, ainsi que ceux et celles ayant déjà reçu ces accusations à venir à notre discussion qui se tiendra très prochainement.


Olympe se bouge et SUD-Solidaires étudiant.e.s