Elections 2019 : Soutien au Dr Mukwege pour que cessent les viols de guerre commis en RDC

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ELECTIONS FEDERALES, REGIONALES ET EUROPEENNES 2019.

Nous profitons des élections du 26 mai prochain pour alerter, une fois des plus, les responsables politiques - actuels et futurs - de l'horreur des crimes de viols commis à l'égard des femmes et des enfants en République démocratique du Congo.

Nous sommes tous responsables. Ensemble, nous avons l’obligation de faire bouger les lignes et de faire arrêter ces crimes.

Le Docteur Denis Mukwege, récent co-prix Nobel de la Paix, soignant sans relâche le corps de femmes congolaises, violées avec « extrême violence », ne peut continuer à se battre seul malgré une équipe qui l’entoure depuis des décennies et la reconnaissance dépassant largement les frontières de la République démocratique du Congo.

Ainsi, nous voterons seulement pour un parti :

- Qui s’engage à mener un combat pour le gel total des avoirs bancaires de l’ensemble des dirigeants responsables et complices de crimes de guerre tels que les viols dont question ;
- Qui s’engage à soutenir la création des tribunaux spéciaux pour juger les auteurs présumés de ces crimes ;
- Qui mettra au cœur de son programme, une politique internationale respectueuse de la dignité de chaque être humain.

Force est de constater le manque de répondant politique et juridique, malgré le combat mené à différents niveaux. Les « communautés » nationales et internationale demeurent muettes. Le droit international semble impuissant. Les sanctions prescrites par les codes internationaux restent lettres mortes. Quand ces massacres vont-ils s’arrêter ? Que faisons-nous pour les faire cesser ? Le soutien symbolique n’est pas suffisant.

Ecouter sans agir n’est-il pas vain ?

Le viol avec « extrême violence » organisé et dirigé par des leaders politiques et militaires, utilisé comme arme de guerre, comme arme de destruction massive, entraîne des conséquences désastreuses et parfois irréparables :

- Un tissu social exsangue
- Un pays qui s’éteint, la destruction de l’économie
- Une population traumatisée pour les décennies à venir
- Des déplacements massifs de population, une réduction démographique

Chacun de nous, est responsable. Chacun de nous peut agir pour des causes plus justes, pour des principes qui nous fondent. Des principes que nous plaçons au sommet de la hiérarchie des normes et de nos valeurs. Tous avons en nous, la capacité de nous battre pour ce qui est juste, de combattre ce qui est injuste.

En faisant des choix politiques forts, en imaginant et en appliquant des sanctions, il s’agit de faire respecter les règles fondamentales du droit international. Ainsi, de s’engager pour que les droits fondamentaux soient respectés et que les auteurs de ces crimes contre l’humanité soient enfin poursuivis et punis. Soyons créatifs. Le droit existe, nous pouvons, tous autant que nous sommes, participer à la création d’un monde plus respectueux des règles instituées par les états de droit et, les crimes, poursuivis devant les Cours et Tribunaux.

Que valent nos intérêts économiques et financiers au regard de la vie de milliers de personnes ?

Les élections législatives, régionales et européennes approchent. Nous ne pouvons plus simplement écouter. Il est urgent de passer à l’action et de lutter contre l’impunité. Les niveaux de pouvoir national et européen disposent d’institutions solides, capables de poser des choix courageux. Il faut décider, c’est notre responsabilité.

Le 23 avril dernier, le professeur Denis Mukwege était invité au conseil de sécurité des Nations Unies à l’occasion de la présentation de la Résolution criminalisant les violences sexuelles en temps de conflits armés. Ce texte, proposé par l’Allemagne, et approuvé par le Dr Mukwege, poussait à la création d’un organisme international pour aider à faire juger les coupables et développer la protection des survivant(e)s. Ainsi, dans son allocution, le co-Prix Nobel de la Paix 2018 a insisté sur la nécessité de l’instauration des sanctions contre les auteurs des viols, la reconnaissance du statut des enfants issus du viol ainsi que la réparation des survivantes des violences sexuelles. Une fois de plus, malheureusement, la montagne a accouché d’une souris, le texte[4] ayant été vidé de sa substance. La triple opposition sino-américano-russe a fait échouer ce texte prometteur mettant en avant l’argument prétendument laxiste concernant la prolifération de l’avortement parmi ces femmes victimes.

Ce nouvel échec au conseil de sécurité de l’ONU nous révolte encore mais nous donne aussi l’espoir de progrès. Nous ne sommes pas seuls à vouloir que les droits des femmes, en République démocratique de Congo mais aussi partout ailleurs dans le monde, soient respectés et que les violences à leur égard soient largement et gravement poursuivis.