Alain FROBERTFrance
Oct 16, 2017
Les territoires abandonnés. Après six mois de travail intense Edouard Philippe et Agnès Buzyn ont ânonné le plan Macron. Fainéants, six mois pour produire une copie ! Madame la ministre avait péremptoirement répondu à l’assemblée nationale, il n’y a pas une solution aux « déserts médicaux » mais des dizaines ! En fait le plan Edouard Philippe / Agnès Buzyn en a trouvé une seule, celle de pérenniser définitivement les « déserts médicaux ». Reprenons les déclarations des auteurs : Mme Buzyn : Dans le figaro le 14 octobre « Il faut arrêter de se focaliser sur l’installation des médecins et réfléchir en temps médical. Est-il préférable d'avoir un cardiologue dans son village qui n'a pas de place avant trois mois ou un cardiologue qui vient de l'hôpital régional une fois par semaine et propose un rendez-vous sous quinze jours ? » Un cardiologue dans un village ?? Qui a demandé ça ? Il n’y a donc pas de nécessité à avoir un médecin généraliste dans un désert médical mais un cardiologue qui se déplace tous les quinze jours…sauf que ce cardiologue va devoir se déplacer avec son échocardiographe, son ECG d’effort, ses réserves de holter rythmiques et autres appareils d’exploration sans lesquels il n’y a pas de véritable consultation cardiologique… en quelque sorte avec son cabinet cardiologique en minibus ! Où va-t-on trouver cet oiseau rare ? Agnés Buzyn : « Un mal de ventre, par exemple, ne peut pas être traité en télémédecine, il nécessite un examen clinique. À l'inverse, la psychiatrie s'y prête bien, c'est le cas aux États-Unis, qui l'ont libérée de manière massive. Alors que l'on manque de psychiatres, la télémédecine peut faciliter l'adaptation d'un traitement anxiolytique ou antidépresseur. » Mme Buzyn pense donc que la psychiatrie peut se pratiquer par télé médecine, c’est mal connaitre la psychiatrie dont la plus grande partie se passe dans les effets de la présence physique et de l’écoute « physique » du psychiatre, cela s’appelle la consultation en face à face ou allongé sur un divan.. . cela s’appelle le transfert, la psychothérapie. Mais Mme Buzyn a été membre de plusieurs conseils d’administration de firmes pharmaceutiques, alors elle raisonne en anti dépresseurs et en anxiolytiques, deux catégories de médicaments qui posent un problème de santé publique, trop consommés en France… Mme Buzyn est-elle la ministre des laboratoires ou la ministre de la santé ? De ces deux citations il faut conclure que Mme Buzyn résout le problème des déserts médicaux en inventant le nouveau concept « il n’y a pas de désert » puisqu’il ne sert à rien d’avoir des médecins installés, et qu’ il suffit d’une télé médecine avec quelques oiseaux rares en minibus. Et au passage on oublie le « numérus clausus » puisqu’il y a la télé médecine et les oiseaux rares en minibus. Vive les start-up de la télémédecine !! Ça c’est moderne ! Edouard Philippe : « La télémédecine va résoudre beaucoup de problèmes, comme par exemple envoyer la photo d’un grain de beauté à un dermatologue pour savoir si ce n’est pas un mélanome »…. Wouah ! Le progrès !! ..Mais monsieur le ministre on peut faire ça avec son i-phone depuis plusieurs années !! La télémédecine en EHPAD ! Pour éviter les hospitalisations inutiles !! Mais bien sur les gériatres qui travaillent en EHPAD sont incompétents et ils n’ont pas le numéro de téléphone de leurs confrères hospitaliers…lamentable de bêtise. Personnellement je travaille depuis 15 ans avec plusieurs services universitaires de gériatrie quand j’ai une difficulté de diagnostic ou de choix thérapeutique, dans le Gard le service du CHU de Nimes du Pr De Wazieres a mis en place depuis 15 ans un numéro 24H/24h où on peut discuter en direct avec un chef de clinique gériatre…pour autant il faut que ce soit un médecin qualifié en gériatrie qui pose la question après avoir identifié lui-même une situation complexe…rien ne remplace la présence physique d’un médecin en EHPAD ou en SSR ou en court séjour, ce serait totalement irresponsable de penser que la télé médecine dont on ne sait rien comme le prouvent les propos incohérents de Mr Philippe et de Mme Buzyn peut remplacer la présence d’un médecin compétent. Mais allons plus loin dans l’analyse du « plan de dénégation Buzyn » Face à cette inégalité d’accès aux soins de cinq millions de français selon les estimations du mois de juin 2017 du ministère de la santé, qui sont passés à dix à douze millions selon les nouvelles estimations, Mme Buzyn déclenche un grand plan de 400 millions d’euros pour construire en cinq ans 900 maisons de santé pluri professionnelles . Tout d’abord il s’agit de construction de locaux pour regrouper les médecins et autres professionnels libéraux là où ils sont déjà présents, s’ils le veulent bien, et pas d’implanter des structures là où il y a « désert médical » car Mr Philippe et Mme Buzyn sont opposés à toute contrainte pour l’installation. Effectivement il est difficile de contraindre les libéraux et cela heurte l’esprit libéral du véritable rédacteur du plan, Mr Macron. Mais est-il possible de comparer ces 400 millions d'euros sur 5 ans destinés à répondre par un "grand plan" à une question concernant des millions de français avec les 750 millions d'euros annuels consacrés au remboursement de médicaments considérés ( Source informations : Fondation Nationale Médéric) comme sans effets thérapeutiques sur la maladie d’Alzheimer ? Auxquels il faut ajouter la somme désormais consacrée aux trois consultations longues complexes annuelles de médecins sans formation particulière à cette maladie soit 210 euros pour 350 000 personnes en ALD soit 70 millions annuels. Au total environ 960 millions annuels sans aucune validité scientifique et sans aucun effet réel et mesurable sur la maladie d’Alzheimer ce qui représente pour cinq ans 4 milliards 800 millions ..on peut calculer sur les 15 dernières années… Les « déserts médicaux » au total 650 millions pour cinq ans. Un grand plan ?? Mme Buzyn connait bien ce dossier puisqu’elle était au conseil d’administration de Novartis qui commercialise une des molécules les plus vendues pour la maladie d’Alzheimer . Maisons de Santé pluri professionnelles ou centres de santé ? Construire des murs de maisons de santé ne résout pas le problème des déserts médicaux. Plusieurs villes en ont fait l’expérience, pas de médecin candidat et ce malgré les avantages financiers… L’Ordre des médecins vient de publier le 12 octobre, comme par hasard, son atlas de la démographie. En fait cela ne lui demande pas beaucoup de travail car il s’agit seulement de dénombrer le chiffre de départs annuels à la retraite (les médecins sont obligés de demander l’autorisation de l’ordre pour partir à la retraite) et de modifier ainsi l’atlas précédent, cela aurait pu être fait au début de l’année pendant la campagne présidentielle mais l’Ordre a préféré attendre la veille de l’annonce du plan Buzyn … car les chiffres sont démonstratifs une diminution de 8000 à 10 000 médecins généralistes en dix ans et une augmentation du salariat des médecins qui devient la première forme d’exercice devant le libéral… ça ne plait pas trop à l’Ordre !! Voilà ce que Mme Buzyn et son maître Macron veulent ignorer, considérant peut-être que les salariés sont des fainéants ou qu’il n’y a sur terre qu’une belle réussite « gagner beaucoup d’argent »… A noter que Mme Buzyn choisit de confier le suivi de son plan à un jeune médecin responsable du seul syndicat de jeune médecin libéral peu représentatif de l’ensemble des jeunes médecins, ignorant d’autres syndicats d’internes favorables au salariat, notons encore que la vice présidente de la fédération des maisons de santé pluri professionnelles Mme Brigitte Bouziges ne voit de développement de ces structures qu’au travers du salariat… Le fonctionnement des MSP et même des centres de santé avec l’avenant récent multipliant la complexité des modes de financement renouvelle l’erreur du paiement à l’acte, du paiement à l’activité … c’est sur que ça rapporte un peu d’argent tout de suite mais à quel prix ? Les jeunes médecins veulent du salariat, veulent de la médecine d’équipe mais ne veulent plus de la multiplication de tâches comptables , ne veulent pas passer leur temps devant un ordinateur mais plutôt devant un malade ou avec leurs confrères pour se former pour ajuster leurs pratiques… Ce n’est pas ce que propose l’avenant conventionnel pour les Maisons de Santé Pluri professionnelles et les centres de santé, cet avenant est un catalogue de pratiques bureaucratiques. L’amélioration des pratiques, les bonnes pratiques médicales n’ont aucun besoin de récompenses financières, seule la diffusion des recommandations de bonnes pratiques et la formation continue pendant le temps de travail sont des moyens et les garants des bonnes pratiques , cela a été étudié et prouvé par la CNAM. Notre pétition pour « Un réseau national de centres de santé budgétisés » est la réponse à l’attente de ces milliers de jeunes médecins qui par ailleurs auront l’engagement contractuel de travailler une partie de leur carrière dans différents endroits de France… donc plus de déserts médicaux avec une liste nationale de praticiens candidats à ce type de travail avec un contenu, des garanties sociales et un revenu égal à la moitié de ce que coûte actuellement un libéral. Le calcul est simple à la portée de tous , le revenu libéral est de 25 actes minimum par jour , majorés de 20% à 30 % comme les aides diverses le font, avec exonérations diverses de cotisations ou d’imposition , soit 18000 euros brut soit environ 12 000 nets (exonérations inclues) …alors un salaire de 6000 euros net pour un médecin débutant dans le « Réseau National de Centres de Santé » est tout à fait raisonnable et coûte moins cher à la société. Il y a l’argent pour cela, il y a les médecins pour cela, il y a toutes les professions de santé pour cela…des milliers de fainéants, de gens de peu, Mme Buzyn pour un service public de santé de qualité ! Pas le vôtre. Alain Frobert . https://www.youtube.com/watch?v=qCIsdHR1j9w
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