TZR* : pour plus de transparence, d’équité et de respect

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Le problème

Nous, enseignant·es titulaires remplaçant·es (TZR), ainsi que l’ensemble des personnels, parents et citoyen·nes signataires de cette pétition, souhaitons alerter sur la dégradation continue des conditions d’exercice des professeur·es remplaçant·es dans l’académie de Rennes.

La politique actuelle de suppression massive de postes d’enseignant·es dans l’Éducation nationale, sous prétexte de baisse démographique et/ou de réduction des dépenses publiques, dégrade le service public d’éducation et réduit nos chances d’obtenir un poste fixe. Profiter, au contraire, de cette baisse démographique pour maintenir ces postes permettrait d’améliorer les conditions d’enseignement, avec des effectifs plus raisonnables. Toutefois, même dans ce contexte national, la situation pourrait être améliorée grâce à un fonctionnement plus transparent, plus concerté et plus juste.

Chaque année, nous constatons que des collègues entrant dans l’académie peuvent obtenir un poste fixe même s’iels n’ont pas plus d’ancienneté que nous, que des stagiaires sont affecté·es sur des BMP* que nous occupions, et que la contractualisation du métier met en concurrence les différents statuts existants (TZR, contractuel·les et contractuel·les en CDI), tout cela au mépris de la continuité pédagogique.

Nos affectations répondent à des critères variables et peu lisibles. Nous sommes des remplaçant·es, destiné·es à être affecté·es sur tout le territoire « pour maintenir la continuité du service public », mais le mode de décision très vertical du rectorat est obsolète, injuste et souvent trop rigide pour permettre au remplacement d’être efficace. Cela se fait donc aussi au détriment des élèves.

Nous sommes rarement consulté·es par la DPE* pour nos affectations, alors qu’un temps de consultation collectif entre les agent·es responsables permettrait d’améliorer certaines situations. D’autre part, nos affectations à l’année, très tardives, ne nous permettent pas de participer à la préparation de la rentrée avec nos collègues : nous nous retrouvons souvent avec des services et des conditions de travail dont les autres n’ont pas voulu.

Chaque année, chaque trimestre ou chaque mois, nous repartons de zéro. Affectations sur plusieurs établissements, parfois éloignés, nombreux déplacements dans la semaine, remboursements insuffisants des frais liés à ces trajets : ces conditions de travail sont devenues particulièrement difficiles.

Il arrive que nous soyons mal considéré·es au sein même de nos établissements, car le mépris avec lequel nous sommes traité·es « en haut lieu » finit par se ressentir sur le terrain. Nous devons régulièrement rappeler ou prouver que nous sommes des professionnel·les tout aussi qualifié·es que nos collègues en poste fixe.

Nous exerçons de la 6e au BTS, dans le rural comme en éducation prioritaire, au collège comme au lycée. Cette adaptabilité n’est jamais valorisée.

Les remplaçant·es de l’académie sont usé·es par de nombreuses années de maltraitance institutionnelle et de petits arrangements. Le manque de perspectives professionnelles et l’inégalité de traitement sont devenus intolérables.

Ce statut de remplaçant·e, nous ne l’avons majoritairement pas choisi. Et pourtant, il apparaît que nous sommes désormais condamné·es à le rester, puisque les règles des mutations nous sont particulièrement défavorables pour les TZR.

Nous avons déjà alerté les syndicats, les chef·fes d’établissement ainsi que nos inspecteur·rices. Des élu·es syndicaux·ales ont été reçu·es en audience, mais nous nous inquiétons de ne jamais voir de solutions concrètes émerger.

Nous ne pouvons plus accepter ce traitement injuste. C’est pourquoi nous appelons à un soutien large de toutes celles et ceux qui sont attaché·es au bien-être des agent·es de la fonction publique et, plus largement, à la qualité du service public d’éducation.

Nous demandons la mise en œuvre de mesures concrètes répondant aux points suivants :

  • Revaloriser significativement les barèmes des TZR dans le cadre du mouvement intra-académique, afin de leur permettre d’obtenir un poste fixe dans un délai raisonnable : augmentation des bonifications, suppression du plafond de 12 années, fin des restrictions liées aux vœux typés, maintien des points liés à la situation familiale, y compris au-delà de la majorité des enfants lorsqu’ils n’ont pas été utilisés.
  • Garantir des affectations plus transparentes, plus lisibles et plus équitables dans le contexte actuel.
  • Limiter les affectations à deux établissements maximums, pour les TZR comme pour les contractuel·les.
  • Affecter les TZR et les contractuel·les à l’année dès la mi-juin, afin de leur permettre de préparer la rentrée dans leur établissement.

TZR= Titulaire sur Zone de Remplacement (qui correspond à la moitié d’un département)

BMP= Bloc de Moyens Provisoires (heures d’enseignement variables selon les années en fonction du nombre d’élèves)

DPE= Direction des Personnels Enseignants (du rectorat qui affecte les personnels sur les établissements)

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