Mar 30, 2022

C'est toujours plus facile d'éviter de réfléchir, de céder à l'impatience de la violence. On préfère se trouver des arguments pour justifier des actes qui permettent d'éluder un problème plutôt que de le résoudre. Cette violence que j'évoque, elle ne fait pas de bruit. violence silencieuse qui combat une politique citoyenne basée sur une éducation intellectuelle.

Mettez au sein d'une cité, celle du Luth à Gennevilliers, un lieu culturel qui pousse à la réflexion en proposant des choix artistiques en dehors des mœurs, et vous n'obtiendrez pas le succès immédiat d'une programmation grand public. En revanche, à mon sens, sur le long terme, vous aurez de plus en plus de spectateurs.rices éveillé.e.s développant un esprit critique. C'est ce qu'a fait l'équipe du Tamanoir ces dix dernières années par le biais, notamment, de son directeur, Jean-Christophe Delcroix. le Tam ne s'est pas contenté d'être un espace de spectacles ordinaires, mais a construit la curiosité de la population alentour en proposant des actions culturelles sur d'importants sujets sociaux : le rapport dominant-dominé entre les pays occidentaux et ceux dits du Sud, le poids de l'écologie dans l'apprentissage scolaire, la place de la femme dans l'espace public etc...

Pour le Tam, une violence possible et facile, aurait été de compter parmi ces établissements qui diffusent une programmation pleine de clichés populaires sur les banlieues d'Ile-de-France. Mais non, l'équipe a pris le risque de considérer ses usagers.ères comme des êtres pensants, non pas comme des consommateurs.trices.

J’ai été témoin et acteur de ces valeurs qui sont complémentaires à celles d’autres structures éducatives de la commune, et qui s’intègrent dans le dessein socio-culturel de la municipalité. Grâce au Tam, j’ai ainsi pu collaborer avec le Conservatoire Edgar Varèse, la médiathèque François Rabelais, le cinéma Jean Vigo. A un niveau plus personnel, j’ai pu construire mon univers artistique en profitant d’un accompagnement et notamment de multiples résidences liées au fait d’avoir été artiste associé de la salle.

Voilà pourquoi, je trouve cynique et barbare de menacer les bienfaits de ce qui est devenu une institution dans le département des Hauts-de-Seine, en évinçant JC de ses fonctions sans raison aucune, si ce n’est des tensions nées d’une mauvaise communication. Plutôt que de se figer dans des rapports de force, il me semblerait opportun de s’assoir ensemble et de trouver des solutions pour que chacun.e soit respecté.e à sa juste place. Un licenciement serait difficile à encaisser aussi bien pour Jean-Christophe que pour toute son équipe qui le vivrait, je pense, comme une injustice, si on s’en tient à la qualité de leur professionnalisme et de leur implication dans chacun de leur projet.

On pourra m'opposer que le non-sens est une constituante de l'époque mais au vu de la conjoncture actuelle, notamment géopolitique, en cesser avec la violence, si silencieuse ou locale soit elle, m'apparaît comme un moyen de montrer l'exemple et d'autoriser une certaine idée du pacifisme.

Edgar Sekloka. (29/03/2022)

 

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X