

Chers signataires,
Il y a plus de six ans, ma vie a été brisée par la perte tragique de mon fils Ismaïl dans un accident au centre commercial d’Argenteuil. Depuis ce jour, j’ai lutté pour obtenir vérité et justice, et votre soutien à travers la pétition, qui a rassemblé plus de 80 000 signatures, a été une source précieuse de force et d’espoir dans ce combat difficile.
Aujourd’hui, je ressens le besoin de vous tenir informés des derniers développements. Malgré des années d’attente et de procédures interminables, trois sociétés mises en examen ont récemment bénéficié d’un non-lieu. Une décision que nous avons du mal à accepter, car nous sommes convaincus que chacune d’elles a joué un rôle dans ce drame. Face à cette incompréhension, nous avons décidé de faire appel.
Le 17 décembre, le procès en appel a enfin eu lieu, après un premier report. Nous attendons désormais la décision, prévue pour le 11 février. Cette audience sera déterminante pour savoir si notre appel a été entendu et si un procès pourra enfin être fixé rapidement.
Cela fait plus de six ans que nous attendons des réponses, six ans à nous sentir ignorés, comme si la vie d’Ismaïl ne comptait pas. Nous espérons que cette attente prendra bientôt fin et qu’une issue favorable nous permettra d’avancer, non seulement pour honorer la mémoire de mon fils, mais aussi pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Pour que plus jamais cela n’arrive.
Ce combat, je ne le mène pas seulement pour Ismaïl, mais pour toutes les familles qui pourraient, un jour, être confrontées à une tragédie semblable. Car au-delà de notre douleur, ce drame met en lumière des défaillances dans la sécurité de nos infrastructures, notamment les ascenseurs et les équipements collectifs. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Avant nous, d’autres familles ont souffert de drames similaires, mais leurs voix n’ont pas été entendues, leurs luttes sont restées sans réponse. Nous ne pouvons plus accepter que ces tragédies se répètent.
Depuis ce drame, nous avons sans cesse alerté sur l’urgence de renforcer les contrôles et la maintenance pour protéger les usagers. Des vies sont en jeu, et chaque jour qui passe sans mesures concrètes est un jour de trop.
Malheureusement, ce danger n’est pas théorique. Il est déjà survenu. En 2023, un autre accident tragique s’est produit à Grigny, rappelant cruellement à quel point la sécurité des ascenseurs et des infrastructures doit être une priorité absolue.
C’est dans cet esprit qu’une proposition de loi a été déposée le 26 septembre par le député de la circonscription où l’accident d’Ismaïl a eu lieu. Cette loi vise à garantir une meilleure sécurité pour prévenir les drames et protéger toutes les personnes qui utilisent des ascenseurs ou des infrastructures similaires.
Elle porte l’espoir que des mesures claires et efficaces seront enfin mises en place pour éviter qu’une autre famille ne vive ce que nous vivons depuis six ans. Cette proposition est transpartisane et soutenue au-delà des clivages politiques. Nous espérons sincèrement qu’elle fédérera tous les responsables politiques.
Un combat qui doit continuer.
“Plus jamais ça”, ce n’est pas juste un slogan. C’est un cri du cœur, une promesse que nous nous faisons à nous-mêmes et aux générations futures. Une promesse de ne plus fermer les yeux sur des négligences qui coûtent des vies, de ne plus tolérer les lenteurs administratives et juridiques qui abandonnent les familles dans leur douleur, et surtout, de ne plus laisser la fatalité dicter notre sécurité.
Mais pour que ce combat aboutisse, nous avons encore besoin de vous.
Il est essentiel de continuer à partager notre combat, d’en parler autour de vous, sur les réseaux sociaux et dans vos cercles proches. Interpeller l’opinion publique reste l’un des leviers les plus puissants pour faire avancer les choses et maintenir la pression sur ceux qui peuvent décider. Ce n’est qu’en restant mobilisés et visibles que nous pourrons transformer cette lutte en véritable changement.
Votre soutien a été et reste indispensable dans ce combat. Merci, du fond du cœur, d’être restés à nos côtés. Je vous tiendrai informés dès que nous aurons des nouvelles concernant la décision du 11 février.
Avec gratitude et espoir,
Maman Ismaïl.