Mise à jour sur la pétitionPour protéger nos enfants : traitez en Bio et hors présence enfants les zones agricoles situées le long des écoles !Lettre ouverte aux dix députés de la Gironde, qui se saisissent opportunément du poison des pesticid
Marie-Lys BIBEYRANListrac-Médoc, France
22 févr. 2016
J’ai hésité longuement avant de saisir ces quelques mots sur mon clavier, ne voulant pas vous accorder plus d’importance que votre proxénétisme électoral n’en mérite. Mais ne pas le faire, serait oublier pourquoi je suis aujourd’hui si heurtée par vos propos. J’aurais aimé que votre mépris m’importe, mais ce serait nier la colère qui m’anime et fait de moi la militante que je suis. Victime collatérale des pesticides et salariée agricole je suis la rumeur qui se propage, la pauvre petite victime innocente, l’opprobre nuisant au prestige du vignoble bordelais. Aussi est-ce sûrement par crainte de contagion que malgré la médiatisation de mon histoire personnelle, aucun de vous ne s’est enquis de la situation des salariés agricoles exposés aux pesticides et sacrifiés sur l’autel de ce prestige aujourd’hui entaché d’une tenace odeur de mort. Vos mots bafouent tous ceux qui ne peuvent pas se défendre. Parce qu’ils ne sont plus là, parce qu’ils craignent de perdre leur travail qui les maintient dans une précarité esclavagiste, parce que la mort de leur proche les paralyse. Je pense là à mes parents que je vois se débattre dans la douleur morale et la maladie depuis la mort de mon frère, à ses enfants qui errent dans leur vie d’adulte parce qu’amputés de leur père. C’est indigne et inadmissible de la part de personnes portées par des mandats du peuple ! Ce même peuple que vous laissez crever au milieu des vignes et dont vous méprisez la douleur. Aujourd’hui ce sont des centaines de personnes qui souffrent des pesticides, ces mêmes centaines de personnes qui manifestent dans les rues bordelaises et font suffisamment trembler la planète viticole pour en appeler aux députés. Il faudra bien plus que votre appel à des études pour sauver la viticulture bordelaise d’un chaos proche, et masquer les bruissements des victimes des pesticides, qui sont autant de métastases sur l’image des vins de Bordeaux et dont la douleur n’est pas monnayable sur fond de racolage électoral. Une pauvre petite victime innocente qui n’est pas à vendre.
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