Pétition fermée

Pour le maintien et une plus grande autonomie de l'École du MAGASIN /// For the preservation and a greater autonomy of the École du MAGASIN

Cette pétition avait 447 signataires


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Premier programme de formation aux pratiques curatoriales en Europe, l'École du MAGASIN offre, depuis sa création en 1987, une formation professionnelle et de recherche dans le domaine de la pratique curatoriale. Sa situation géographique périphérique associée à son profil international ont fait de l'école un lieu de production de l'art contemporain unique, qui bénéficie tant à la ville de Grenoble, qu'à la région Rhône-Alpes, au territoire français et à l'ensemble de l'écosystème international de l'art depuis près de 30 ans. Si le programme d'expositions du MAGASIN est éphémère, intermittent et en constante évolution, son programme de formation aux pratiques curatoriales représente quant à lui un héritage immatériel qu'il est impératif de préserver.

Pour sa vingt-cinquième session, l'École du MAGASIN accueille cette année sept curateurs émergents venus de France, d'Italie, d'Argentine et d'Israël. Une majeure partie de l'équipe du MAGASIN s'est récemment mise en grève pour demander entre autre le départ du directeur, Yves Aupetitallot. Cette situation conflictuelle met en péril le fonctionnement de l'École, dont la rentrée a été repoussée de début octobre à début novembre. Pour les étudiants et les enseignants, la possibilité de mettre en place un espace de travail et de réflexion est pour le moment au point mort.

Si l'École constitue l'une des activités du MAGASIN, dont elle partage les ressources humaines et financières ainsi que les équipements, elle reçoit également des subventions spécifiques de la Région Rhône-Alpes et de la Direction régionale des Affaires culturelles qui devraient en principe lui permettre un certain degré d'autonomie vis-à-vis du centre d'art. Ces cinq dernières années, les coordinateurs successifs de l'École se sont vu offrir un contrat précaire à temps partiel d'une durée limitée à celle de l'année scolaire. Cette situation à elle seule témoigne du manque de considération dont souffre l'École, un manque qui s'est révélé d'autant plus évident lorsque le Conseil d'administration a préféré, au printemps dernier, recruter un commissaire d'exposition temporaire pendant l'absence de Yves Aupetitallot (depuis le 14 October 2014, il a été successivement en congé maladie, en temps partiel thérapeutique, puis en accident du travail), plutôt que de valider un projet d'envergure en relation avec l'École, qui aurait permis de renforcer les liens entre le centre d'art et son programme de formation. Malheureusement, le projet de célébration du vingt-cinquième anniversaire de l'Ecole a été rejeté par le Conseil d'administration, apparemment pour des raisons financières.

On ne sait trop qu'universités et écoles d'art ont été rabaissées, ces dernières années, à de la « prestation de service » – à ce que Pascal Gielen appelle de l'art délivré en temps et en heure et sur demande. Les politiques d'austérité ont négligé les modèles d'éducation expérimentale au profit d'objectifs néolibéraux pour soi-disant offrir à leur place des compétences pratiques destinées au marché du travail. Ces dernières années, la survie d'un bon nombre de programmes d'enseignement dans le domaine de l'art contemporain a été mise en péril. Nous sommes concernés par le futur de l'École du MAGASIN qui a, ces vingt-cinq dernières années, représenté un modèle d'indépendance vis-à-vis de l'académie, et  inspiré de nombreux programmes de formation curatoriale dans le monde.

L'étymologie grecque du mot « école », via le latin scola, est scholé, qui signifie « temps libre ». Une institution d'éducation et d'enseignement est donc un espace de « loisir ». L'École du MAGASIN a, tout au long de ses années d'existence, offert aux curateurs émergents ce « temps libre » nécessaire au développement d'une recherche et d'une pratique dans leur domaine de choix, à travers des dialogues et des discussions collectives. Un bon nombre de personnalités du monde de l'art contemporain en France comme à l'étranger se sont formées à l’École du MAGASIN. Les échanges vibrants qui ont été engagés avec les enseignants, conférenciers, artistes, commissaires d'exposition, auteurs et chercheurs invités ont nourri, au fil des vingt-quatre dernières sessions de l'École, une communauté hétérogène construite en relation avec les besoins et les intérêts des participants du programme.

Considérant le climat actuel au MAGASIN, nous souhaitons encourager l'autonomie d'un programme de formation indépendant et participatif, d'un outil partagé au sein d'un centre national d'art contemporain qui soit au service d'un réseau international. Confrontée à une austérité économique et au déclin des politiques culturelles en France, l'École du MAGASIN a, ces dernières années, cherché à renforcer ses ressources et conforté son statut de programme d'étude indépendante, notamment en dialogue avec l’Ecole Supérieure d’art et design Grenoble-Valence. Pour autant, certaines institutions (ou plutôt personnalités) régionales et nationales qui soutiennent le fonctionnement de l'École, n'ont pas sérieusement considéré les propositions faites pour développer et assurer la continuité de l'École et reconnaître son importance. Une de ces propositions était notamment de constituer un comité scientifique qui garantisse l'identité professionnelle et intellectuelle de l'École au sein d'un réseau international.

Nous – l'Ecole elle-même, ses participants qui d'une façon ou d'une autre formons son flux éducatif – souhaitons encourager le développement de cette communauté hétérogène et discontinue qui s'est constitué depuis vingt-cinq ans. Nous voulons attirer l'importance de la formation dans un climat actuel mondial où l'on attend des citoyens qu'ils participent d'un écosystème des arts et des institutions indépendantes comme la nôtre, aujourd'hui plus vitale que jamais. Nous souhaitons donner voix à nos inquiétudes à l'égard de la survie de l'Ecole du MAGASIN et demandons qu'une solution à la fois politique et pratique soit proposée au plus vite, pour résoudre la situation actuelle du MAGASIN.

 

Manuel Segade, curateur indépendant et tuteur de l'École du MAGASIN (2014-2016)

Estelle Nabeyrat, curatrice indépendante et Responsable de la coordination l'Ecole du MAGASIN (2014-2015)

Lore Gablier, curatrice indépendante et ancienne coordinatrice de l'Ecole du MAGASIN (2009-2013)

Et tous les signataires

 

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Since its inception in 1987, the École du MAGASIN – the first international curatorial studies program in Europe – has offered team training and research in curating at the MAGASIN-Centre National d’Art Contemporain in Grenoble. Its peripheral location and international profile have established the school as a unique place for contemporary art production, beneficial for the city of Grenoble, the Rhône-Alpes region, France, and the international art ecosystem over the last thirty years. If the MAGASIN’s exhibition program is ephemeral, intermittent and in constant evolution, its curatorial studies program is an immaterial legacy that needs to be protected.


This year, the École du MAGASIN will begin its twenty-fifth session with a group of seven emerging international curators from France, Italy, Argentina, and Israel. The MAGASIN’s staff have recently been on strike and, amongst their demands, called for the director Yves Aupetitallot’s resignation. This has jeopardized the running of the curatorial program whose current semester has been postponed from the beginning of October to the beginning of November. For the students and professors, the possibility to set up a space to study and reflect is at stake right now.


Although the school is affiliated with the MAGASIN’s other activities – with which it shares personnel, resources and facilities – it also receives special funding from Rhône-Alpes region and the Direction régionale des Affaires culturelles. In principle, this should allow for a degree of autonomy from the art center. Over the past few years, the MAGASIN has presented the school’s coordinator with a precarious part-time contract often limited to the academic year. This situation alone demonstrates an underlying disregard for the school – a disregard that was made all the more apparent when the MAGASIN’s board of trustees chose, last spring, to appoint a temporary curator during Yves Aupetitallot’s leave of absence (since 14 October 2014, he has been working part-time on health grounds) rather than ratify the proposal that the school curate a large-scale project which, furthermore, would have reinforced the relation between the school and the art center. Unfortunately the board rejected the proposal to celebrate the school’s twenty-fifth anniversary, purportedly for financial reasons.


It is well known that universities and art schools have been subjected in recent years to a “catering regime” – the art of delivering on time and on demand, to quote Pascal Gielen. Austerity politics have facilitated the neoliberal aim to undermine experimental models of education and to purportedly offer in their place practical skills destined for the labor market. In recent years, the survival of a number international educational programs in the field of contemporary art have been undermined. We are concerned for the future of the Ecole du Magasin, which has, for the past twenty-five years, offered a model of independence from the academy and inspired numerous curatorial programs around the world.


The Greek etymology for school (école), via the Latin scola, is scholé, and means “free time.” An institution for education and learning is thus a space of “leisure.” The École du MAGASIN has, throughout its existence, offered emerging curators the necessary “free time” to develop research and practice in their chosen field, through collective dialogue and discussion. Numerous personalities in the contemporary art community in both France and abroad have received training at the École du MAGASIN. The vibrant exchange with professors, lecturers, artists, curators, writers and researchers has formed, throughout the school’s twenty-four sessions, a heterogeneous community built out of the needs and interests of its students.


Given the current climate at the MAGASIN, we wish to endorse the autonomy of a program that is both independent and participative, a shared tool inside a national art center that serves a larger international community. Confronted with economic austerity and a reduction in cultural policy in France, the École du MAGASIN has, in recent years, looked at ways to develop and reinforce its status and resources as an independent study program – notably in dialog with the regional fine art school, l’Ecole Supérieure d’art et design Grenoble-Valence. However, the regional and national institutions responsible for the school’s funding have proven reluctant to take seriously the proposals put forward in order to ensure the school’s durability and to acknowledge its importance. One proposal consisted to create a scientific committee that would guarantee the school’s professional and intellectual profile and international network.


We – the school itself – the participants who, in one way or another, have formed its educational flux, wish to celebrate the continual growth of our heterogeneous and discontinuous community over the past twenty-five years. We want to stress the importance of education in the current global climate, in which citizens are called into being as part of a worldly ecosystem of the arts and independent institutions such as ours are more vital than ever. We wish to voice our concern for the survival of the École du MAGASIN and call for a prompt solution – both political and practical – to the current situation at the MAGASIN.

 

Manuel Segade, independent curator and annual tutor of the school (2014-2016)

Estelle Nabeyrat, independent curator and former coordinator of the school (2014-2015)

Lore Gablier, independent curator and former coordinator of the school (2009-2013)

And all the signatories

 

 



gablier compte sur vous aujourd'hui

gablier lore a besoin de votre aide pour sa pétition “to the attention of the MAGASIN's Board members, the Ministery of Culture, and the DRAC Rhône-Alpes: For the autonomy of the École du MAGASIN”. Rejoignez gablier et 446 signataires.