Dans cette mise à jour :
1) Rappel des grandes lignes de l'initiative
2) Proposition d'une rencontre sur Zoom
3) Un ordre du jour
3) L'article paru au parisien & autres nouvelles
1) Rappel
Afin de s'organiser, poursuivre et élargir le mouvement il est nécessaire de reprendre les grandes lignes de cette petite initiative s'inscrivant dans une succession d'autres, historiques, politiques, tragiques et énergiques. Je précise quelques points : cette initiative de pétition est non partisane ni syndicaliste et ne saurait être mobilisée dans des positionnements manichéens clivant (pro ou anti). Elle concerne directement une veille sur la santé psychique des usagers de la ligne mais aussi défend une certaine tenue de ce qu'est la notion de service public - non "sévices publics" ( pour ceux qui ont la ref !). C'est donc une petite initiative qui tente une veille éthique.
Quelques points de diagnostic :
- a. La santé psychique est concernée par les transports en général (Terram).
- b. Cette ligne est chroniquement touchée par des retards et des annulations (ce matin, le 20 mai, j'ai pu constater l'hécatombe : 3 TER supprimés en heure de pointe).
- c. Les stats de régularité de la SNCF sont erronés (une cohorte de trains choisis, pas de calcul de retard au départ mais à l'arrivée, pas de pondération selon heures, les trains annulés la veille avant 16H sortent des stats...). Bref : c'est de la com pour satisfaire la région et la peur des pénalités annoncées...
- d. Les agents de la SNCF eux-mêmes doivent être dégoûtés de leurs boulots...
- e. Ligne non prioritaire sur ses voies (Eurostar, TGV, Fret oui, y a des thunes) et le pire : promesse d'un ruissellement des gains pour améliorer les lignes. Non mais sérieusement ?! A quand le forfait " Pour deux Eurostars en heure de pointes qui vous fait sentir minables auprès de vos engagement = cinq TER à l'heure sur la journée qui suit. Alors heureux ?" L'amélioration concernera les mêmes trains.
- f. Solution : Faire des prix de billets "Black Friday". (Oui vous lisez bien, c'est ce qui a été défendu par la région). Imaginez la philosophie de cette affaire ; un service public avec un supplément d'âme marchand : "Vos enfants resterons à l'école jusqu'à 18 h durant ces jours" ou "Incroyable ! Durant les black friday, le chirurgien vous opérera de votre hernie et en plus de la thyroïde".
On marche sur la tête.
2) Zoom et proposition de rencontre
Mercredi 28 à 21H
Sujet: TER HDF ACTE II
Heure: 28 mai 2025 09:00 PM Paris
Participer à la réunion Zoom
https://us04web.zoom.us/j/76742323781?pwd=Kb0l8toP90WL7POhtzNfIJMSv7fdRd.1
ID de réunion: 767 4232 3781
Code secret: 45iwmz
3) Ordre du jour :
Durant ce temps rencontre - très court, ou il faudra plusieurs liens Zoom - pourront être abordés ces points :
- les liens avec ce qui a été effectué, notamment avec le plus qu'honorable, important et historique, travail de "SNFCVamtuer" dont j'espère les membres lisent ce mail.
- La collectivisation des implications car je constate que cela peut prendre pas mal de temps, et seul cela est donc voué à disparaître (puis j'écris un doctorat et je travaille un peu, ce qui me fait prendre le train du coup).
- La réflexion autour du thème "santé psychique" et transport avec l'idée de diffuser des questionnaires. Vue que c'est l'année "santé mentale"...
- L'organisation
4) Article de Romane Tempère du Parisien et visite de France 3 ce matin.
Oui, y a eu un écho, mais il ne faut pas se laisser duper, ceci reste non représentatif et de petite portée sans suite. Cela pourrait être oublié en 15 jours, et il faut absolument saluer le travail des journalistes qui semblent maîtriser largement le sujet et bien connaître la physionomie du problème. Le thème de la santé reste ce qui fait le plus écho. A méditer.
Je met l'article du Parisien ici et pour le sujet à France 3 Picardie c'est à voir ce soir je crois.
Au 28 !!!
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« On a le sentiment d’être fou » : quand la galère des TER menace la santé mentale des usagers
Annulations, retards, grèves, manque de places… S’appuyant sur une étude, des usagers des TER de la SNCF entre l’Oise et Paris ont lancé une pétition pour dénoncer les effets néfastes de ces dysfonctionnements sur leur santé.
Par Romane Tampère
Le 19 mai 2025 à 06h47
Il est 18 heures en gare de Creil (Oise), le quai est bondé. La veille, des perturbations ont été annoncées. Une grève. Une nouvelle qui n’a pas troublé Laurence, qui revient de Paris : « Franchement, ça n’a pas beaucoup changé mon état d’esprit, je vis déjà avec la peur d’un train annulé chaque jour. » Pour elle, c’est une angoisse permanente qui l’impacte clairement au quotidien. « En fait, on se lève le matin sans savoir si on va véritablement avoir un moyen d’arriver jusqu’à notre lieu de travail. »
En avril, l‘institut Terram, groupe de réflexion collégial et multidisciplinaire dédié à l’étude des territoires, a publié une étude intitulée « Mobilités : la santé mentale à l’épreuve des transports ». On y apprend notamment que 41 % des personnes ayant connu un symptôme dépressif estiment que la cause relève de leurs mobilités quotidiennes en transports en commun.
« Je déteste avoir peur d’être licencié à cause d’un train »
Une proportion identique d’usagers indiquent avoir été touchés par des troubles du sommeil, 43 % par du stress, de l’anxiété ou un burn-out, 44 % reconnaissent la prise d’antidépresseurs et… jusqu’à 46 % admettent avoir été frappés par « des épisodes de colère violente ».
Des chiffres dans lesquels les habitués des trains entre l’Oise et Paris se reconnaissent. Une pétition vient notamment de voir le jour sur TER HDF : Chronique d’un naufrage.
Selon la SNCF, en 2024, plus de 86% des trains étaient à l'heure. LP/Romane Tampère
Cette souffrance psychique, Thierry la ressent de plus en plus. À 8h30 du matin, il attend sur le quai de Rieux, sa sacoche à la main. « Les retards, il y en a pas mal, parfois des petits de cinq à dix minutes mais parfois beaucoup plus. Je ne suis pas de nature inquiète, mais le fait de dépendre d’un train m’a clairement fait connaître l’angoisse. »
L’homme de 40 ans fait le déplacement de l’Oise à Paris tous les jours depuis un an. « Il y a beaucoup de perturbations, j’arrive parfois trente ou quarante minutes en retard, soupire-t-il. Je déteste avoir peur d’être licencié seulement à cause d’un train. »
Dans l’Oise, les lignes ferroviaires en direction de Paris sont constamment pointées du doigt. C’est ainsi que le 2 mai, après avoir vécu plusieurs mois difficiles, Christopher, psychologue et usager quotidien des lignes de TER, a lancé la pétition. « Depuis que j’emprunte cette ligne, les horaires de train et les incertitudes sont devenus les points de repère de mon existence, s’agace-t-il. J‘en fais même des cauchemars. »
Cela fait un an que Christopher habite dans le département. « La promesse était super sur le papier, il y avait la gare à côté, se souvient-il. Mais au fur et à mesure il y a eu des retards… » Ce qui n’est pas sans impact sur sa santé. « Je vérifie constamment les horaires de peur qu’ils aient changés, s’attriste l’usager. J‘ai des angoisses soudaines, que le train ne soit plus là, ou en retard, je me dis que rien n’est sûr. »
Des milliers de personnes prennent chaque jour le train vers Paris en gare de Creil. LP/Romane Tampère
Avec sa pétition, « mon objectif premier est de créer des liens entre ceux qui vivent la même misère, pour qu’ils puissent partager leurs ressentis ». Se sentir moins seul, être compris, c’est ce que Christopher espère obtenir et apporter aux autres après avoir non seulement lancé cet appel aux signatures mais aussi avec la création d’un compte Instagram où il y archive les retards et annulations avec des photos prises sur le fait par les Oisiens.
Victime d’un AVC, « chaque jour était un stress intense »
Au cours de ses recherches, le voyageur a notamment recueilli le témoignage d’une femme victime d’un AVC, après des mois d’angoisses liées aux transports. Elle a dû déménager, ne pouvant plus mettre sa santé en danger. Son témoignage, sur les réseaux sociaux, est révélateur. « Chaque jour était un stress intense, suppressions et retards (…) lorsqu’enfin un TER arrive, plus qu’à prier pour pouvoir monter dedans ! D’autant qu’à l’époque j’avais un patron qui sanctionnait par avertissement si pointage à 8h46 au lieu de 45, des patients à prendre en charge à 9 heures sinon ça décalait tout. »
Malgré toutes ces constatations, les chiffres partagés par la SNCF racontent, eux, une autre histoire. Selon la compagnie ferroviaire, qui évoque « une fréquentation record avec + 16 % de voyageurs dans la région en 2024 par rapport à 2023, la régularité globale des TER du versant sud de la région Hauts-de-France a été de 86,12 % l’an dernier, « en nette progression et avec des résultats jamais atteints ».
Concernant les retards et suppressions, une minorité seulement, serait imputable à la SNCF. Animaux, météo et autres accidents de personne seraient les plus fréquents.
Comme d’autres usagers ou des associations, Christopher, l’auteur de la pétition, dénonce des statistiques biaisées, qui ne prennent notamment pas en compte le fait que les perturbations sont plus fréquentes aux heures de pointe. « Cela rajoute de l’injustice car on a le sentiment d’être fou », conclut Christopher, en soupirant."
