Lettre ouverte en réponse au communiqué du lundi 13 novembre du Président, Édouard Kaminski.
Mesdames, Messieurs,
Chères et chers collègues,
Chères et chers étudiant·es,
Comme vous tous.tes, nous avons reçu le courrier de M. Kaminski.
Afin de dissiper tout malentendu, nous tenons à revenir sur le terme utilisé à trois reprises dans la lettre du Président. Nous, moniteur.trices, n’avons pas la volonté de “bloquer” la bibliothèque des Grands Moulins, mais de faire entendre nos revendications au plus grand nombre et rendre compte de l’importance de notre présence pour le bon fonctionnement de la BU. Si la bibliothèque des Grands Moulins ferme à 18h au lieu de 20h, c’est en raison du manque de personnel, non pas d’une action de blocus.
En effet, nous sommes en grève continue depuis le vendredi 3 novembre. Cette grève continue est légale et légitime, d’autant plus que nous n’avons pas reçu de salaire en octobre, ce qui nous autorise à cesser toute activité salariale : pas de paiement, pas de travail.
Nous ne pouvons nous contenter de propositions sans en connaître toutes les modalités pour mettre fin à notre grève. De plus, ces modalités n’ont pas été discutées en amont de la communication présidentielle. Nous attendons encore des réponses concernant le remboursement de nos titres de transport auquel nous avons droit ainsi qu’à propos de la revalorisation de nos salaires.
Nous exigeons que la totalité de nos revendications soient prises au sérieux. Celles-ci sont exigées depuis des années. Nous pouvons nous référer à ce communiqué de la CGT FERC SUP, accompagné d’une pétition d’ancien.nes moniteur.trices de la BU des Grands Moulins.
L’instabilité des contrats de monitorat est donc antérieure à notre mobilisation actuelle ! Et c’est pourquoi nous poursuivrons jusqu’à obtenir totale satisfaction de nos demandes. Notre grève, dont la première mobilisation a eu lieu le 24 octobre, n’a pas pour unique objectif d’obtenir le paiement de nos heures effectuées en juillet et août. Si la grève continue a bien été déclenchée par l’absence de salaire au mois d’octobre, nos autres revendications sont toujours d’actualité :
• La revalorisation de notre salaire est primordiale, et nous espérons que cette question sera traitée lors du prochain sénat académique. Lors de sa visite du mercredi 8 novembre, M. Kaminski nous avait encouragés à faire valoir cette revendication au sénat académique du 14 novembre. Nous l’avons fait en vain car il a refusé de le mettre à l’ordre du jour.
• Nous demandons le remboursement de nos titres de transports. Bien qu’étudiant.es, c’est en tant que contractuel.les que nous formulons cette demande.
Nous sommes en effet agents contractuels dans la fonction publique, ce qui nous donne un certain nombre de droits. Cetarticle de la CGT FERC SUP, rédigé lors de la grève de la BU BULAC datant de 2016, souligne que “Le guide de la DGRH du 16/03/2012 des bonnes pratiques sur le recours aux agents contractuels dans l’enseignement supérieur parle bien de contractuels étudiants (et non de vacataires, ni de moniteurs, ni de tuteurs), c’est le cas aussi des textes qui régissent ces emplois (articles D811-1 à D811-9 du code de l’éducation). Un courrier de la DGRH adressée à la BULAC souligne aussi que les étudiant.es employé.es sont bien contractuel.les, ce qui nous donne notamment droit au remboursement partiel de nos titres de transport.
Nous réclamons, en tant que salarié.es de l’université (agents contractuels dans la fonction publique), que nos emplois soient mieux encadrés. La rémunération à l’heure faite est source de grande précarité, et le flou juridique entourant le statut de contractuel.le étudiant.e nous prive de toute défense possible. Nous demandons des contrats clairs, stables et une revalorisation juste de notre salaire.
En tant qu’étudiant.es nous réclamons de meilleures conditions d’embauche afin d’éviter des situations de détresse comme nous sommes en train de vivre. Nos contrats sont signés avec parfois plus d’un mois de retard malgré l’envoi en temps et en heure de nos certificats de scolarité. Un décalage dans le calendrier de signature des contrats ne suffirait pas à régler ce problème.
Afin de réduire au mieux l’instabilité administrative et financière dans laquelle les moniteur.trices étudiant.es se trouvent, il faut en effet mettre à jour les modalités de paiement et de signature de contrats. En outre, il nous semble primordial de reconnaître notre statut de contractuel.les plutôt que de nous renvoyer sans cesse au “privilège” que nous avons, en tant qu’étudiant.es d’avoir un emploi étudiant. C’est justement parce que la reconnaissance de notre statut nous est refusée, que nous nous retrouvons dans des situations complexes, comme nous avons pu le vivre avec le retard de paiement de salaire (illégal), mais également comme nous le subissons tout au long de l’année en raison de l’instabilité structurelle de nos contrats. Nous ne demandons pas la création d’un nouveau contrat, sinon la consolidation de nos droits dans celui que nous avons déjà. Les termes et modalités concernant les paiements, le taux horaire doivent être plus clairs et définis. Nous exigeons que les droits concernant les contractuel.les de la fonction publique et qui constituent les droits auxquels nous pouvons prétendre soient appliqués au plus vite.
Voici notre pétition :
Et notre caisse de grève :
L’équipe des moniteur.trices étudiant.es mobilisé.es