Petition updateSOS Démocratie en périlDrame après une course-poursuite avec la police (Paris)
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
May 7, 2023

Drame après une course-poursuite avec la police : « Moi aussi j’aurais pris la fuite, j’ai trop peur »
Des centaines de personnes ont exprimé, dimanche à Paris, leur soutien aux trois jeunes victimes d’un grave accident de scooter, dans lequel la police est mise en cause. Des témoins ont fait changer les policiers de version des faits. Un collectif s’organise pour accompagner les familles.

Antton Rouget

7 mai 2023 MEDIAPART
https://www.mediapart.fr/journal/france/070523/drame-apres-une-course-poursuite-avec-la-police-moi-aussi-j-aurais-pris-la-fuite-j-ai-trop-peur

Trois semaines après le drame, l’émotion n’est pas retombée dans le XXe arrondissement de Paris. À l’appel d’un comité citoyen créé pour l’occasion, plusieurs centaines de personnes ont manifesté, dimanche 7 mai, en solidarité avec trois adolescents du quartier, ayant été blessés lors d’une course-poursuite avec la police, dans la soirée du jeudi 13 avril.


Tandis qu’une des trois victimes — Safyatou, âgée de 17 ans — est toujours hospitalisée, après avoir été placée dans le coma artificiel pendant plusieurs jours, un policier a été mis en examen le 21 avril pour avoir percuté volontairement le scooter sur lequel circulaient les trois jeunes du quartier, qui rentraient chez eux après s’être rendus à la mosquée.

Marche de solidarité avec les trois adolescents blessés, le dimanche 7 mai, dans le XXe arrondissement de Paris. © Photo Antton Rouget / Mediapart
Si la mise en cause rapide du policier a été saluée par les proches des victimes, militant·es comme membres de la famille se préparent à affronter un long chemin semé d’embûches. « On espère que justice sera rendue, même si les victimes ne sont pas des personnes qui ont la bonne couleur de peau. On sait très bien comment cela se termine en général dans ces affaires, mais on garde espoir », résume Souleyman Sakho, membre de la famille de Safyatou et de son petit frère Salif, 13 ans.

Ce dernier était aussi sur le scooter et a été touché au foie – il n’est plus hospitalisé. Le troisième jeune qui se trouvait à l’arrière du scooter, Ilan, 14 ans, qui était le seul à ne pas porter de casque, a été plus légèrement blessé à la jambe.

L’« espoir » des familles réside notamment dans l’existence de témoignages précis permettant de retracer les circonstances de l’accident ainsi que de vidéos qui, si elles n’ont pas permis de filmer le moment précis où la voiture de police a percuté le scooter, corroborent le récit des personnes présentes ( relire cette enquête de Mediapart et StreetPress ).

Fait suffisamment rare pour être souligné, cette situation a même poussé le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin à évoquer, le 21 avril sur France Info, « une intervention de la police qui n’est pas conforme avec le droit et ce que la déontologie permet ».

Au début de l’affaire, la préfecture de police de Paris avait expliqué à Mediapart que « le conducteur a refusé de s’arrêter et, pour échapper au contrôle, a emprunté une rue à contresens ».
Lors de la même interview, le ministre a aussi affirmé que les trois fonctionnaires de police situés dans la voiture le soir du drame ont changé de version. Ils ont été suspendus. « Je crois comprendre que les témoignages des policiers les premiers jours ne sont pas ceux d’aujourd’hui et qu’ils reconnaissent des gestes qui ne sont pas appropriés », a déclaré Gérald Darmanin.

Au début de l’affaire, la préfecture de police de Paris avait expliqué à Mediapart que « le conducteur a refusé de s’arrêter et, pour échapper au contrôle, a emprunté une rue à contresens, avant de perdre la maîtrise de son scooter dans des circonstances qui restent à établir ».

(suite ci-après)

https://www.mediapart.fr/journal/france/070523/drame-apres-une-course-poursuite-avec-la-police-moi-aussi-j-aurais-pris-la-fuite-j-ai-trop-peur

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