Les organisateurs de la manifestation du 16 novembre 2019 reprochent au préfet de police de Paris de l'époque d'avoir nassé des milliers de manifestants pendant plus de trois heures sur la place d'Italie.
Une information judiciaire est ouverte contre les pratiques de maintien de l'ordre de l'ancien préfet de police de Paris Didier Lallement, contre la manifestation des Gilets Jaunes du samedi 16 novembre 2019 à Paris, a appris France Info de sources concordantes, jeudi 8 septembre 2022, confirmant une information de l'Agence France Presse (AFP).
Les deux organisateurs de la manifestation, Priscilla Ludovsky et Faouzi Lellouche, reprochent à Didier Lallement, alors préfet de police de Paris, d'avoir nassé des milliers de manifestants pendant plus de trois heures sur la place d'Italie, alors que la manifestation n'avait pas été interdite, les empêchant de manifester mais aussi de quitter les lieux.
Ils ont déposé une première plainte au mois de juin 2020 que le Parquet de Paris a classé sans suite. Ils ont donc déposé une plainte avec constitution de partie civile le 16 novembre 2020 pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle, entrave à la liberté d'expression et de manifestation et mise en danger de la vie d'autrui. Dans cette plainte, ils estiment que « la nasse a été la source de situations dangereuses pour les manifestants et elle a favorisé la montée des tensions entre les personnes rassemblées et les forces de l'ordre, en créant de la confusion au sein des manifestants et en entraînant des mouvements de foule et de panique ». Ce jour-là, le manifestant Manuel Coisne a été éborgné par un tir de grenade lacrymogène.
Le 31 août 2022, le juge d'instruction a estimé, contre l'avis du parquet de Paris, qu'il y avait bien lieu d'enquêter contre les faits dénoncés par les deux figures des Gilets Jaunes, Priscilla Ludovsky et Faouzi Lellouche. L'ouverture de cette information judiciaire était néanmoins prévisible car les plaintes avec constitution de partie civile permettent de lancer des investigations de façon quasi-automatique.
« Nous sommes extrêmement satisfaits de l'ouverture de cette information judiciaire. C’est une décision qui est extrêmement positive, cela étant, nous restons prudents parce que s'ouvre une phase qui va être très longue et nous n’avons pas du tout de certitude sur son issue. Nous sommes sûrs que la pratique du nassage est illégale parce que, de fait, il n'y a pas de cadre légal ni règlementaire qui l'entoure. Il nous reste à convaincre le magistrat instructeur de cette position pour qu'il y ait un procès. Il faut comprendre que cette nasse grandeur nature a été ordonnée s'agissant d'une manifestation bien particulière », a dit Guillaume Martin, l’avocat des deux plaignants, à France Info, rappelant qu'il s'agissait de la manifestation célébrant le premier anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes, « la pratique de la nasse a pour effet sans doute recherché d'empêcher les Gilets Jaunes de manifester ou en tout cas de les en dissuader. Samedi 16 novembre 2019, il y avait une manifestation qui était parfaitement déclarée, à l'occasion de laquelle au départ il n'y avait aucun trouble. Les Forces De l’Ordre (FDO) ont nassé des milliers et des milliers de personnes pendant des heures et, évidemment, au bout d'un moment, des troubles se sont produits et la préfecture de police de Paris s'est servi de cela comme prétexte pour interdire une manifestation qui au départ était parfaitement régulière. Chacun en tire les conclusions qu'il souhaite, mais le fait est que, samedi 16 novembre 2019, il n'y a pas eu de manifestation ».