Petition updateSOS Démocratie en périlContre-offensive des groupes palestiniens de défense des droits
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
Nov 7, 2021

Les groupes palestiniens de défense des droits disent que l’étiquette terroriste donnée par Israël ne les arrêtera pas
Le directeur d'al Haq, une des six Organisations Non Gouvernementales (ONG) et le groupe de défense des droits humains palestiniens le plus important dans les territoires, a dit que les groupes réfléchissaient à leur prochaine action juridique et qu’ils n’arrêteraient pas leur travail.

Les six organisations de la société civile palestinienne en Cisjordanie que le ministre de la défense Benny Gantz a désignées comme groupes terroristes, vendredi 22 octobre 2021, ont dit dans des communiqués samedi qu’elles ne seront pas dissuadées par ce qu’elles ont appelé des efforts pour les réduire au silence.

Al-Haq, l’une des six ONG, est le groupe de défense des droits humains palestiniens le plus important dans les territoires et il a un statut consultatif spécial du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Le service de sécurité du Shin Bet a dans le passé empêché plusieurs fois son directeur, Shawan Jabarin, de quitter la Cisjordanie pour se rendre à l’étranger.

Fondée en 1979, al Haq compile des rapports sur les violations des droits humains dans les territoires, tant par Israël que par l’Autorité Palestinienne. En 2020, al Haq a publié des rapports sur les travailleurs palestiniens dans les colonies et la dépendance de l’économie palestinienne par rapport à eux, sur la torture dans les prisons de l’Autorité Palestinienne et sur l’annexion de facto de la Cisjordanie par Israël.

Al-Haq est aussi l’une des forces qui ont amené Israël devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye.

Shawan Jabarin a dit qu'al Haq n’avait reçu aucune notification préalable de l’ordre de Benny Gantz et qu'il mettait Israël au défi de présenter la preuve de ses affirmations. Parlant à une conférence de presse commune à Ramallah, Samedi 23 Octobre 2021, Shawan Jabarin a dit que les groupes réfléchissaient à leur prochaine action juridique et qu’ils n’arrêteraient pas leur travail. « Benny Gantz dit que nous sommes une organisation terroriste, alors qu’il est lui-même un criminel de guerre », a déclaré Shawan Jabarin.

Une autre organisation sur cette liste israélienne des organisations terroristes est Addameer, fondée en 1991, qui offre une assistance juridique aux Palestiniens dans les prisons israéliennes, qui publie des données sur eux et qui fait pression contre le système de justice militaire d’Israël, la détention administrative, le confinement à l’isolement et le refus d’aide médicale correcte pour les prisonniers. Addameer a défendu l’ancienne députée au Parlement palestinien Khalida Jarrar et Samer Arbid, accusé du meurtre de Rina Shnerb et considéré comme chef d’une cellule terroriste, en mettant à jour l’usage de la violence pendant son interrogatoire.

Addameer dit qu’il essaie de construire une société palestinienne libre et démocratique basée sur la justice, l’égalité, les règles de droit et le respect pour les droits humains dans le cadre plus vaste du droit à l’auto-détermination.

L’armée israélienne a perquisitionné plusieurs fois les bureaux de l’organisation, la dernière fois en 2019, saisissant les ordinateurs, l’équipement vidéo et des documents contenant de l’information sur les prisonniers des affaires desquels Addameer s’occupait. Rien que la semaine dernière, Addameer annonçait qu’Israël avait révoqué le statut de résidence à Jérusalem de l’un de ses avocats, Salah Hammouri. Addameer a dit que la raison invoquée était l’implication de Salah Hammouri dans une activité terroriste ou une association avec une entité terroriste, sur la base d’une information confidentielle.

Saher Francis, la directrice d’Addameer, a dit aux journalistes samedi 23 octobre 2021 que l’ordre de Benny Gantz était le point culminant de mesures prises au fil des années pour mettre à mal les organisations, « particulièrement à la lumière de la décision de la CPI de La Haye de lancer une investigation et à la lumière du changement dans ce que le monde a commencé à dire à propos du colonialisme et de l’apartheid, cela inquiète l’occupation et nous pensons que c’est une nouvelle tentative pour nous réduire au silence », a-t-elle dit.

Defence of Children International Palestine (DCIP) a été fondée en 1991 en tant que section palestinienne de l’organisation internationale Defence of Children, dont la siège est à Genève, en Suisse. DCIP fournit une assistance juridique aux enfants devant les tribunaux militaires d’Israël et conduit des recherches sur les enfants emprisonnés par Israël, ainsi que sur l’impact de l’occupation sur les droits des enfants, dont le droit à l’éducation et à un abri. L’organisation documente les occasions où des mineurs palestiniens sont tués par Israël, dont une vidéo montrant l’assassinat mortel de Nadim Nawara, dix sept ans, pendant une manifestation pour la journée de la Nakba à Bitunya en 2016.

Au mois de juillet 2021, l’armée israélienne a perquisitionné les principaux bureaux de DCIP à al Bireh près de Ramallah. Selon le rapport de l’organisation, les soldats ont fracassé la porte et ils ont confisqué six ordinateurs de bureau, deux ordinateurs portables et des dossiers de mineurs emprisonnés par Israël qui sont représentés par l’association.

Union of Agricultural Work Committees (UAWC), fondée en 1996, a établi des comités agricoles dans toute la Cisjordanie et à Gaza. L’objectif de l’organisation, selon son site web, est de contribuer au secteur agricole en favorisant la détermination des agriculteurs et des moyens d’existence durables pour eux. Selon le rapport annuel d'UAWC en 2019, elle a aidé à restaurer des terres cultivables, elle a pavé des routes agricoles et elle a construit des citernes d’eau de pluie. L’organisation a investi des ressources importantes dans la Zone C de la Cisjordanie, sous complet contrôle militaire et civil israélien.

Deux des membres d'UAWC sont des militants du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), Samer Arbid et Abed al Razeq Faraj, qui a été accusé d’être complice dans le meurtre de Rina Shnerb et d’occuper une position dans une organisation illégale. Au mois de juillet 2021, l’armée israélienne a perquisitionné les bureaux d'UAWC à al Bireh et elle y a laissé un ordre de fermeture pour six mois.

Le Bisan Research and Development Center (BRDC) est un think tank établi en 1989. Selon sa déclaration de mission, il oeuvre à faire avancer les valeurs démocratiques et progressistes. Le BRDC épouse une vision du monde de gauche et il critique le rôle de l’occupation israélienne dans la pauvreté en Cisjordanie ainsi que les politiques néolibérales de l’Autorité Palestinienne. Au mois de mars 2021, le BRDC a publié le périodique du Progressiste avec des articles sur le désengagement économique par rapport à Israël. Samedi 23 octobre 2021, le BRDC a rendu publique une déclaration disant que « cette ordonnance de l’état d’apartheid confirme la nature criminelle de l’occupation israélienne. La décision accompagne des efforts ciblés du ministère israélien des affaires étrangères pour noircir les organisations et pour couper les liens entre elles et leurs partenaires à l’étranger ». A la fin du mois de juillet 2021, l’armée israélienne a perquisitionné les bureaux du BRDC.

Au mois de septembre 2019, Israël a arrêté l’ancien directeur du BRDC, Eteraf al-Rimawi, alors qu’il était directeur du Conservatoire de Musique Edward Said. Dans une négociation de plaidoyer en 2020, il a été jugé coupable d’occuper une position dans une organisation interdite et d’en être membre, ainsi que d’activités dans le FPLP, principalement dans son organisation étudiante, selon la sentence. Il a été condamné à quarante deux mois de prison.

Union of Palestinian Women Committees (UPWC), un autre groupe sur la liste de Gantz, a été fondé en 1980. Sa mission selon son site web est de promouvoir une société palestinienne avancée, libre de toute discrimination. L’organisation entraîne les femmes à participer à la politique, elle les aide dans l’établissement de coopératives et elle préserve les artisanats traditionnels palestiniens. L’organisation offre aussi une aide juridique et psychologique aux femmes.

La directrice d'UPWC, Khitam Saafin, a été arrêtée par Israël en 2020 et elle a été placée en détention administrative pendant six mois. Au mois de mai 2021, alors qu’elle était en détention administrative, elle a été inculpée pour détention d’une position dans une organisation illégale.

UPWC a publié une déclaration, Samedi 23 Octobre 2021, disant qu’elle considérait que l’ordonnance de Benny Gantz était diffamatoire et qu’elle avait pour objectif d’entraver le droit des Palestiniennes à défendre leurs droits nationaux, sociaux, culturels et juridiques.

https://www.aurdip.org/les-groupes-palestiniens-de.html

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