Petition updateSOS Démocratie en périlSur les incidents de la manifestation parisienne du 1er mai
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
May 5, 2021

Réflexions du service d’ordre de l’Union Syndicale Solidaire (USS) 

Depuis samedi 1er mai 2021, les camarades de la coordination du service d’ordre de l’USS de l’Ile de France ont recueilli un certain nombre d’informations concernant les affrontements qui ont eu lieu samedi 1er mai 2021 lors de la manifestation parisienne. Au regard de la gravité des faits, nous souhaitons en informer largement les organisations et les militants de l’USS.

En premier lieu, il faut préciser que le préfet Didier Lallement avait demandé à rencontrer les syndicats en amont de la manifestation du samedi 1er mai 2021.  Les Unions Régionales d’Ile de France (URIF) de l’USS, de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de la CGT Force Ouvrière, ont refusé de rencontrer le préfet de police de Paris et même de lui répondre au vu des agressions policières répétées contre les manifestations. Les relations entre les organisations syndicales et le nouveau préfet sont très conflictuelles.

Il a été reproché au service d’ordre de la CGT, pour justifier l’attaque dont il a été victime, d’avoir manqué de solidarité à l’égard du cortège de tête pendant la manifestation car le service d’ordre unitaire n’est pas parvenu à le protéger.

Des militants du service d’ordre de l’USS ont participé au service d’ordre unitaire de la manifestation du samedi 1er mai 2021 avec la CGT, la CGT Force Ouvrière et la FSU. Ils nous ont fait un récit détaillé des événements. Au niveau du métro Saint-Ambroise, un feu a été allumé à hauteur du cortège de tête et une vitrine de banque a été attaquée pendant une dizaine de minutes.

Les forces de l’ordre en ont profité pour attaquer le service d’ordre unitaire, gaz lacrymogène et charge de la Brigade de Répression de l’Action Violente (BRAV), en chargeant le carré de tête syndical. Le service d’ordre unitaire a résisté, ce qui a permis à la manifestation de continuer. Le service d’ordre unitaire a refusé d’avancer tant que le feu n’était pas éteint afin de ne pas risquer d’être coupé du reste de la manifestation comme cela a été le cas le 5 décembre 2020, lorsque le service d’ordre avait avancé malgré le feu permettant ainsi aux forces de l’ordre de couper le cortège derrière lui.

Après cela, les forces de l’ordre ont coupé le cortège de tête en deux, loin devant le service d’ordre. Une partie du cortège de tête s’est réfugié derrière le service d’ordre unitaire qui a fini par avancer.

Les camarades du service d’ordre de l’USS qui ont participé au service d’ordre unitaire affirment qu’il n’y a eu aucune collaboration du service d’ordre unitaire avec les forces de l’ordre, au contraire il y a eu des charges des forces de l’ordre contre le service d’ordre unitaire et de nombreuses grenades lacrymogènes.

Par ailleurs, le service d’ordre unitaire a bien laissé reculer vers l’arrière les personnes qui étaient à l’avant du carré de tête en refluant sur les côtés du cortège.

Enfin, la pratique maintenant récurrente consistant à dresser des barricades ou allumer des incendies sur la chaussée en amont et en travers du parcours de la manifestation interroge.

Deuxièmement, il y a une augmentation des agressions contre les cortèges syndicaux depuis les mobilisations des retraites.

Il y a depuis des dizaines d’années une diversité de tactiques entre les syndicats et d’autres groupes militants qui s’expriment dans la rue. Pour l’USS, chacun a sa stratégie. Le débat peut être légitime et il n’est pas question d’imposer à quiconque sa stratégie, mais le respect des stratégies différentes doit être mutuel. La stratégie de l’USS est de permettre au plus grand nombre de manifester dans les meilleures conditions possibles afin de construire un rapport de force favorable pour gagner sur nos revendications. Néanmoins, depuis le mouvement sur les retraites, nous avons de plus en plus de difficultés à manifester avec des personnes hostiles aux syndicats qui tentent par exemple de s’en prendre à nos camions syndicaux. Certaines personnes qui apparaissent parmi les assaillants du samedi 1er mai 2021 font partie de ceux qui ont attaqué le camion de la fédération santé sociaux du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) au mois de décembre 2019 à Paris.

Régulièrement depuis 2019, nous constatons que des personnes se positionnent devant notre camion pour empêcher notre cortège d’avancer, en insultant les syndicats.

Nous faisons le constat que des groupes hostiles au syndicalisme sont de plus en plus présents dans les manifestations parisiennes et de plus en plus véhéments contre les cortèges syndicaux. Dans les manifestations du 28 novembre 2020, du 5 décembre 2020 et du 16 janvier 2021 contre la loi sécurité globale, plusieurs camions syndicaux de l’USS et surtout de la CGT ont déjà été la cible de blocages et d’attaques violentes.

Troisièmement, qui sont les assaillants du samedi 1er mai 2021 ?

Il est très difficile d’identifier et de caractériser clairement ces personnes, on compte d’anciens membres d’organisations anarchistes individualistes ou autonomes, certains en ont été exclus en raison de comportements violents, sexistes ou dominants, d’autres en sont partis. Une partie des personnes qui nous agressent sont par ailleurs souvent très alcoolisées.

Plus inquiétant, une partie d’entre elles tiennent un discours antisyndical, réactionnaire, homophobe et sexiste, et elles arborent des symboles réactionnaires voire rouges bruns, slogans confusionnistes ou complotistes écrits sur leurs vêtements, drapeau confédéré américain, esthétique voire tenue militaire. Samedi 1er mai 2021, des slogans très graves comme « à mort les syndicats » ont été scandés.

Par ailleurs, nous assistons en règle générale à une montée de comportements autoritaires au sein du pré-cortège de tête. Nous avons par exemple pu observer il y a dix-huit mois un groupe décider de manière unilatérale de faire une chaîne pour bloquer l’avancée de la manifestation. De même, le 5 décembre 2020, alors que le carré de tête unitaire se retrouve au milieu des affrontements qui opposent des manifestants et les forces de l’ordre, des personnes font une chaîne pour empêcher la manifestation d’avancer et pour maintenir le carré de tête au milieu des affrontements.

Quatrièmement, le service d’ordre de l’USS lie l’attaque de la CGT d’abord à la présence de plus en plus importante de militants d’extrême-droite, pas forcément organisés, dans nos manifestations, mais également à des pratiques autoritaires de plus en plus manifestes. L’USS respecte la diversité des tactiques et elle dénonce la stratégie des forces de l’ordre à chaque manifestation. Néanmoins, cette diversité des tactiques n’est pas respectée lorsque des militants syndicaux sont maintenus de force dans des affrontements, empêchés d’avancer, ou bien lorsque des personnes cherchent à créer des situations d’affrontement avec la police aux abords ou dans notre cortège syndical.

Nous appelons les camarades de l’USS à être particulièrement vigilants en manifestation aux comportements autoritaires, sexistes, homophobes et racistes. Nos combats n’ont rien de commun avec les complotistes et les confusionnistes perméables à l’extrême droite, ils n’ont pas leur place dans nos manifestations. Il est important que les militants de l’USS ne confondent pas le cortège de tête tel que nous l’avons connu pendant les mouvements contre la loi travail ou les retraites, des cortèges de lutte syndiqués et non-syndiqués, et les personnes qui ont attaqué la CGT, samedi 1er mai 2021, avec des mots d’ordre antisyndicaux et virilistes.

Le service d’ordre de l’USS continuera à assumer le mandat qui lui a été confié par nos instances, celui d’appliquer dans la rue les choix stratégiques de notre organisation syndicale en permettant à tous de participer sereinement à une manifestation et de la mener à son terme. 

Le service d’ordre de l’USS est constitué de camarades militants des organisations de l’USS. Pour garantir le droit de manifester contre tous ceux qui attaquent nos cortèges et nos manifestations, il est important de prendre collectivement en charge son renforcement.

La coordination du service d’ordre est disponible pour intervenir dans les réunions des syndicats afin de présenter le fonctionnement, le mandat et les formations, et pour répondre aux questions.

Nous réitérons la demande que l’ensemble des organisations mandatent des camarades pour participer au service d’ordre.

https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10226026271389476&id=1416932806

 
 

 

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X