La Fédération européenne des Journalistes (FEJ) appelle à la démission du ministre de l'Intérieur, après les violences policières contre des journalistes, lors de l’évacuation de migrants à Paris.
Après l’évacuation violente d’un camp de migrants installé provisoirement Place de la République à Paris, lundi 23 novembre 2020, et après les violences policières constatées lors de l’opération d’évacuation, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le préfet de police de Paris Didier Lallement sont directement ciblés.
Utopia Cinquante Six, qui organisait cette action pour dénoncer l’absence de solution d’hébergement pour plusieurs centaines de migrants évacués d’un campement à Saint-Denis ces derniers jours, réclame la démission de Gérald Darmanin et de Didier Lallement.
Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la FEJ, qui regroupe plus de trois cent vingt mille journalistes dans soixante et onze pays, appelle à la démission de Gérald Darmanin, qu’il accuse d’encourager la répression policière. Une prise de position en réactions aux images montrant un policier s’en prendre à plusieurs reprises à un journaliste de Brut, Rémy Buisine.
Plus tôt dans la soirée du Lundi 23 Novembre 2020, avec d’autres représentants, Ricardo Gutiérrez était reçu par le ministre de l'Intérieur pour demander le retrait de l’article 24 de la loi de sécurité globale, sans succès. Un appel à la démission relayé par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) de la Confédération Générale du Travail (CGT), syndicat de journalistes en France, qui était également présent à la réunion avec le ministre.
La démission du ministre de l'Intérieur est également réclamée par le mouvement politique Génération, « nous n'avons pas fait barrage à l'extrême droite pour subir sa politique, Darmanin démission », écrit sur Twitter le mouvement, à l’adresse d’Emmanuel Macron.
Sans réclamer la démission de Gérald Darmanin, le bâtonnier de Paris Olivier Cousi dénonce, vidéo à l’appui, des violences inadmissibles contre des avocats et des membres du Conseil de l’ordre lors de l’opération de police et il annonce qu’il va saisir le ministre de l’Intérieur et la préfecture de police.
Didier Lallement est également au coeur de la polémique. Le préfet de police, à la réputation sulfureuse, est pointé du doigt dans le cadre de cette évacuation.
Le ministre de l’Intérieur, se disant choqué par certaines images, a demandé un rapport circonstancié sur la réalité des faits au préfet de police. Ce rapport, indique le ministre, lui a proposé la saisine de l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) sur plusieurs faits inacceptables. « J’ai demandé à l’IGPN de remettre ses conclusions sous quarante huit heures et je les rendrai publiques », a écrit Gérald Darmanin.
De quoi envisager un départ du préfet, arrivé en pleine crise des Gilets Jaunes ? C’est ce que réclame notamment un député du Mouvement de la France Insoumise (MFI), Alexis Corbière, invité sur La Chaîne Info (LCI), qui pointe du doigt les consignes données par le préfet.
Au coeur des débats sur l’évacuation violente du camp illégal de migrants, il y a la mobilisation de certaines unités pour une telle opération. Les Brigades Anti Criminalité (BAC), qui ne sont pas formées au maintien de l’ordre et dont le comportement de certains membres fait polémique, sont pointées du doigt.
L’été dernier, la rumeur d’un départ de Didier Lallement avait circulé, avant d’être démentie par Gérald Darmanin.
Hasard du calendrier, cette opération policière, dont la violence a été documentée par les vidéos de plusieurs journalistes sur place, intervient en plein débat sur la loi de Sécurité globale, dont l’article 24 vise à restreindre la possibilité de filmer les forces de l’ordre. Reçus par Gérald Darmanin, des représentants des journalistes ont claqué la porte de la réunion, dénonçant un manque de dialogue. Une nouvelle manifestation contre ce projet de loi est prévue samedi 28 novembre 2020.
---------------------------------------------------