Mort de Cédric Chouviat, son père dit n'avoir aucune indulgence à l'égard des policiers mis en cause
Dans une interview au Parisien, Christian Chouviat réagit à la publication des derniers mots prononcés par son fils lors de son interpellation.
« Une souffrance indescriptible », après la publication par le Monde et Mediapart des derniers mots prononcés par son fils Cédric Chouviat lors de son arrestation, dont « j’étouffe » dit à sept reprises, Christian Chouviat ne cache pas son indignation. Dans les colonnes du Parisien, il affirme ne plus avoir confiance en la police et il réclame une requalification pénale de l'enquête en cours.
Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, un père de famille de quarante deux ans travaillant comme livreur, est victime d'un malaise cardiaque aux abords de la Tour Eiffel après avoir été plaqué au sol, casque sur la tête, par trois policiers au terme d'un contrôle routier tendu. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il meurt le 5 janvier 2020 des suites d'une asphyxie avec fracture du larynx, selon les éléments de l'autopsie communiqués par le parquet de Paris.
« L’enregistrement produit par le micro du casque de Cédric Chouviat nous apprend qu’il n’adresse aucune insulte aux policiers au cours de son arrestation », observe son père, amer, « certes, il leur dit des choses, comme "bande de clowns" ou "bande de guignols", mais c’est le maximum. Rien ne justifie une réaction aussi forte ».
Christian Chouviat insiste sur le fait que son fils n'a jamais été violent envers les fonctionnaires, « il n’a jamais levé la main contre eux. Cédric Chouviat ne portait ni arme ni objet dangereux. Sa seule arme, c’était son téléphone ».
Les quatre policiers ont été entendus Mercredi 17 Juin 2020 en garde à vue, une audition préalable à une éventuelle mise en examen. Selon Radio Télévision Luxembourg (RTL), le magistrat instructeur les a convoqués au début du mois de juillet 2020 et ils pourraient faire l'objet de poursuites. Interrogé sur les agents mis en cause, Christian Chouviat dit n'avoir aucune indulgence à l’égard de l’un ou l’autre de ces policiers et il souhaite une peine maximale en cas de procès.
Depuis le début de l'affaire, la famille de la victime a dénoncé une bavure policière causée par des techniques d'interpellation dangereuses. Le père du livreur demande également une requalification de l’information judiciaire, ouverte pour homicide involontaire, en violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
« Notre famille a confiance en la justice. Elle fait son travail et l’enquête semble être menée sérieusement. A l’inverse, je n’ai plus confiance en la police, coupable à mes yeux de beaucoup trop de mensonges depuis le premier jour », affirme-t-il au Parisien.