RETOUR SUR LA MARCHE DES SOLIDARITES DU 30 MAI -3 juin 2020
✊�✊� � Ici les foyers Gilets Noirs d’Ivry et de Vitry avec la Brigade de Solidarité Populaire de nos quartiers. � ✊�✊�
On s’est organisé ensemble avant et après la manifestation du 30 mai et on a décidé d’écrire ensemble pour raconter pourquoi on a participé à cette marche et pourquoi, même si on compte des blessés et arrêtés parmi nous, la lutte des Gilets Noirs sera toujours plus grande.
On a pris une semaine pour se décider dans nos foyers et pour savoir si on participe ou pas à la Marche des Solidarités. On savait que l’appel a été lancé par 195 collectifs et que la question était la régularisation collective des sans papiers. Tous les sans papiers ont reçu le tract de la manifestation et les appels pour y aller. Nous les Gilets Noirs on voulait savoir si les organisateurs nous ont invités. Alors on s’est renseigné. Même si on n’était pas organisateurs de la manifestation et qu’on n’était pas invités, on ne pouvait pas ne pas y aller ! Les Gilets Noirs sont des sans papiers ! Même si la préfecture a interdit la manifestation et qu’on savait que ça allait mal tourner, on s’est organisé pour se protéger. Et même si on a pris notre décision à la dernière minute, on s’est protégés contre la répression avec nos camarades de la Brigade de Solidarité Populaire.
Le 30 mai, on s’est rassemblés dans nos foyers pour discuter encore et pour prendre une décision collective. Nous les Gilets Noirs on s’organise pour nous mêmes, dans les Gilets Noirs il n’y a pas de dirigeant, de patron ou de chef, alors on décide ensemble et on s’organise avec tout le monde. Pour cette raison, tout ce qui concerne les sans papiers ou les immigrés, que ce soit organisé par les Gilets Noirs ou pas, on sera là !
On a tous reçu les appels de nos camarades sur place pour nous prévenir que la police arrêtaient toutes les personnes noires à Madeleine. On a tous reçu et vu les vidéos de la répression policière et ça ne nous a pas empêché d’aller à la marche ensemble. Sur la route, on a continué de nous coordonner ensemble.
Une fois arrivés on a trouvé cinq policiers, dont un devant la sortie. Il nous a dit « Rentrez à la maison, il n’y a pas la manif ». On a résisté et on est passé en courant. Ils ont essayé de nous attraper mais ils n’ont pas réussi. On n’a même pas fait 100 mètres et on a vu encore des policiers qui nous ont dit de rentrer. On a résisté. On voulait aller à Madeleine pour voir la manifestation. Ils ont essayé de nous forcer à rentrer, on a résisté. Ils nous ont gazés, une personne a perdu connaissance, mais on a résisté. Au moins 20 minutes d’affrontement avec la police qui nous gazait. Certains camarades ont réussi à aller rejoindre le cortège. Ils nous ont appelés pour nous prévenir de ne pas rentrer, qu’il y avait la manif. On est allé les rejoindre et ils sont venus vers nous pour nous chercher. La police a divisé notre groupe, mais on était tous à la manif finalement. La police restait au milieu des deux groupes à nous repousser mais on a résisté. On a finalement réussi à se retrouver et là, on a eu la force !
Là, on a commencé à manifester et des personnes ont rejoint notre cortège. On a pu avancer calmement et en force jusqu’à République. Quelques minutes après l’arrivée, la police nous disait qu’il fallait partir et ne pas rester sur la place. Les gens étaient festifs, faisaient du tamtam et dansaient et la police nous a encerclés et nous a gazés pour nous disperser. De là, on s’est organisé et on a dit à nos camarades qu’il fallait rentrer. Pour sortir de la place de la République on a attendu, la police nous faisait attendre et laissait sortir 10 personnes à chaque fois. Certains d’entre nous sont sortis, d’autres non. Nous qui sommes restés, la police nous a poussés, gazés et attaqués. Des camarades ont été blessés, d’autres ont été arrêtés et emmenés au commissariat. Grâce à Dieu, toutes les personnes arrêtées ont été libérées, certaines ont reçu des OQTF d’autres des amendes, mais le collectif nous a donné des forces pour libérer nos camarades.
Alors, on a tous participé à la manif pour quelles raisons ?
D’abord, même si cette marche n’allait pas donner les papiers à tout le monde, nous on a participé pour nos droits. On travaille ici, on a des fiches de paie. Ces fiches de paie, la préfecture nous les demande pour les papiers. Même si on les a, la préfecture nous dit que ça ne marche pas. Que nos fiches de paie sont fausses. La préfecture te fait attendre 9 mois pour la convocation, ensuite elle te rejette. Tu fais 7 mois encore, et elle te rejette encore. Elle t’envoie un courrier pour te dire que ça ne va pas. Une fois, deux fois, plus, et avec la préfecture jamais ça ne va. 20, 25, 30 ans et tu n’as pas les papiers. La préfecture ne nous respecte pas, alors nous les Gilets Noirs on ne respecte pas la décision d’interdire la manifestation.
�� Nous on est ensemble et on va pousser jusqu’au bout ! Les Gilets Noirs sont la, la peur a changé de camp ! ��
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Autodéfense immigrée : seule la lutte donnera les papiers ⬇️
https://paris-luttes.info/gilets-noirs-autodefense-immigree-13871