Coordination nationale de l'éducation - Appel du 8 février 2020
(Extrait)
La jeunesse a fait massivement irruption dans le mouvement général, pour des revendications claires et réfléchies. Mais elle s’est également heurtée à une répression administrative et policière féroce et nouvelle dans sa forme, allant des menaces de notes à zéro au baccalauréat au dépôt de plainte de proviseurs contre leurs élèves placés en garde à vue, en passant par le quadrillage par la police d'établissements pour obliger les élèves à composer.
Répression du mouvement lycéen par des notes à zéro au baccalauréat de Jean Michel Blanquer, comme à La Rochelle où quinze élèves ont eu droit à des zéros, sans possibilité de rattrapage contrairement aux autres candidats n'ayant pas composé, sur la simple base de la surveillance par le proviseur de leur activité sur les réseaux sociaux.
Répression administrative par les exclusions d'élèves, avec ou sans conseils de discipline
Brutalités policières contre des élèves comme dans de très nombreux établissements, où ceux-ci ont été gazés ou matraqués, notamment dans les académies de Rennes et de Bordeaux.
Intrusions policières et quadrillage des établissements pour contrôler et trier nos élèves, leur faire baisser la tête et faire passer de force les ECCC, comme au lycée Max Linder de Libourne, aux lycées Bréquigny et Victor-et-Hélène-Basch de Rennes, au lycée Desfontaines de Melle ou aux lycées Paul Valéry, Gabriel Fauré et Hélène Boucher de Paris.
Gardes à vue préventives d'élèves, comme à Gagny, dans le département de la Seine Saint Denis, ou à Grenoble, où des élèves ont été interpellés à leur domicile à 6 heures du matin le jour des ECCC.
Généralisation de la garde à vue et du déferrement au parquet, pour des motifs et parfois des issues risibles, comme en région parisienne où on atteint sans doute les cinquante élèves en garde à vue depuis le début des ECCC, Saint-Maur-des-Fossés, Gagny, Pantin, Maurice Ravel et Paul Valéry à Paris.
Dans un communiqué, des avocates parisiennes dénoncent « un détournement de la garde à vue comme outil de répression du mouvement lycéen ». Un courrier commun de plusieurs avocats va être envoyé « aux procureurs des différents départements car il y a disproportion et beaucoup d'irrégularités dans les gardes à vue ».
Chantage et intimidations contre des élèves afin qu'ils dénoncent les enseignants mobilisés comme les ayant manipulés.
Répression policière de personnels de l'éducation, comme à Strasbourg où un assistant d'éducation a passé quarante huit heures en garde à vue suite à un blocage lycéen.
Dépôt de plaintes de proviseurs contre des élèves comme à Chelles, dans le département de la Seine et Marne, ou contre des personnels comme à Montbrison, pour avoir gardé des copies quelques heures, ou à Clermont Ferrand, où des responsables syndicaux sont poursuivis suite à un rassemblement interprofessionnel devant un lycée lors de la première semaine des ECCC.
Jean Michel Blanquer a fait le choix d'aller à l'affrontement contre ses propres personnels et leurs élèves. Il semble désormais donner directement ses ordres aux forces de répression. Une génération entière se heurte à la brutalité de la répression sous toutes ses formes, pédagogique, administrative, policière et judiciaire. Comment croire que cela ne laissera pas de traces et qu'une jeunesse aussi déterminée rentrera dans le rang, comme semble le croire Jean Michel Blanquer ?
À noter enfin que là où se tiennent des rassemblements devant les lycées les jours de mobilisation lycéenne, notamment les jours des ECCC, la présence adulte permet souvent d’empêcher la répression policière, au besoin en débrayant. À ce titre, les rassemblements devant les commissariats en cas de garde à vue sont désormais à nouveau un réflexe chez les personnels.
Décisions:
En matière de répression, la coordination nationale de l’Éducation appelle :
●à protéger les lycéen.ne.s en sortant devant les établissements dès qu’ils et elles se mobilisent, au besoin en débrayant, afin de permettre une présence adulte et empêcher les violences policières.
●à manifester sa solidarité avec les lycéen.ne.s, personnels et militant.e.s interpellé.e.s, en se rendant devant les commissariats et en effectuant toutes les démarches nécessaires.
https://alt-rev.com/wp-content/uploads/2020/02/appel-coord-éduc-samedi-08-février-long-v4.pdf