OBSERVATOIRE DES PRATIQUES POLICIERES – OPP
Toulouse, le 13 octobre 2019
Toulouse – Acte 48 des Gilets jaunes – La manifestation dispersée par la force dès sa mise en place
Le matériel de protection individuel des observateur·es de l’Observatoire toulousain des Pratiques Policières - OPP saisi sous contrainte
La manifestation de l’acte 48 des Gilets jaunes n’a pas pu parcourir plus de 200 m dans les rues de Toulouse hier, samedi 12 octobre. A peine les manifestant·es rassemblé·es, les policier·es et gendarmes de l’important dispositif mis en place par la préfecture de la Haute-Garonne est entré en action. Tirs massifs de grenades durant plusieurs heures noyant littéralement les rues de Toulouse dans de denses nuages de lacrymogène et touchant indifféremment promeneur·es et manifestant·es, adultes et enfants de tous âges. Les observateur·es ont aussi noté l’usage de grenades explosives et des deux canons à eau présents.
Des tirs de LBD 40 (appelés couramment flash ball) ont été rapportés en première main par de nombreuses personnes présentes. Des pratiques de nassage (enfermement « à ciel ouvert » des personnes sans possibilité de dispersion) ont été mises en oeuvre.
Les policier·es et gendarmes s’en sont, de nouveau, pris aux observateur·es de l’OPP, 11 d’entre eux/elles, réparti·es en deux groupes étaient présent·es. Au delà d’un jet de grenade ciblé alors qu’ils et elles étaient clairement isolé·es des manifestant·es, les membres de l’un des deux groupes ont fait l’objet, vers 16h25 à l’angle des allées Jean Jaurès et de la rue Bachelier, d’une saisine de leur matériel de protection (casques, lunettes masques en tissus) accompagnée d’un contrôle d’identité. Les observateurs concernés avaient pourtant montré aux policiers leur déclaration de présence transmise jeudi à la Préfecture et à la DDSP. Les observateurs ont demandé un PV de saisine de leur matériel, ce qui leur a été refusé. Sous menace d’arrestation clairement formulée, les observateurs ont donc obtempéré en gardant le plus grand calme malgré la morgue et le mépris ostensiblement affiché par certains policiers. Il leur a été fermement interdit, encore avec menaces et essai de saisie du matériel vidéo, de filmer les échanges. Après saisine du matériel de protection individuelle, les policiers de la CRS ont maintenu leur refus de les laisser passer et les ont renvoyés au coeur de la nasse sans équipement de protection individuelle. Il convient aussi d’acter qu’aucun des policiers présents ne portait de numéro RIO apparent, cultivant ainsi un anonymat contraire à l’article R434-15 du code de la sécurité intérieure.
Il nous semble aussi nécessaire de signaler que les journalistes et reporters présents ont été aussi largement pris à partie par les policier·es et gendarmes; un journaliste du média en ligne « Rapports de force » a été arrêté et est toujours, à l’heure de la rédaction du présent communiqué, en garde à vue.
Quand aux secouristes volontaires, aux « street medics », ils ont fait l’objet d’un traitement « musclé » tout l’après midi avec saisine et destruction de leur matériel de protection et de premiers soins, interpellations et arrestations.
Une fois de plus, les représentant·es de l’Etat ont réprimé, sous diverses formes, tous ceux et celles qui observent et restituent de manière publique le comportement des policier·es en situation de maintien de l’ordre mais aussi ceux et celles qui soignent toutes les personnes, pas seulement les manifestant·es, prises dans la tourmente d’une utilisation disproportionnée et déraisonnable de la force par les unités de police
présentes.
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