
SNCF Voyageurs a fait appel au dernier moment, le 17 juillet, de sa condamnation à 1000€ d'amende, et autant de dommages et intérêts à chacune des parties civiles. Cet appel était une crainte et, même s’il relève du droit le plus strict, il intervient probablement afin d'épuiser les parties dans leur lutte. Il nous appartient donc de continuer notre travail de soutien à Georgia et sa fille. Nous prenons note que SNCF Voyageurs n’évoque jamais la pétition et le comité de soutien, ni même Yoan, pourtant à l’origine même de la médiatisation. Avouer que Georgia est soutenue bien au-delà que par l’avocat fourni par 30 Millions d’Amis leur serait fortement désagréable. A l’heure de cet appel, il est important de partager massivement la pétition afin qu’elle dépasse enfin les 100000 signatures.
Ainsi, bien que craignant un regain de mauvaise presse à l'heure où elle annonce une augmentation des prix de billets de TGV et à l'heure où elle transporte des centaines de milliers de voyageurs estivaux dans des conditions des plus épouvantables, SNCF Voyageurs affirme que ses agents ont « réagi correctement » Sur quelle base ? Nul ne le sait. Car, au lendemain de l'opération de sauvetage d'un chat réfugié sur un bogie du TGV 6175 Paris-Nice, le 6 juillet 2023, Alain Krakovitch annonçait que SNCF Voyageurs n'avait changé aucune procédure par rapport à d'habitude. Quelle procédure ? Lors de l'audience du 19 juin, le chef d'escale témoignait qu’elle ne s'appliquait que si l'animal était aussi gros qu'un mouton. Trois explications sont possibles.
1 - Le chat réfugié sous le TGV le 6 juillet au matin était aussi gros qu'un mouton
2 - SNCF VOYAGEURS et des dirigeants se moquent du monde
3 - SNCF VOYAGEURS est perdue dans ses propres arguments
Pour nous, il y’a deux bonnes réponses. La 2 et la 3. Car désormais, la société anonyme à capitaux publics largement subventionnée par le contribuable prétend qu'il suffit que l'animal soit visible pour que la procédure soit lancée. D’ici à ce qu’un mouton parvienne à se glisser sous une rame… SNCF navigue sur plusieurs arguments et cherche à se défendre dans les médias. Maladroitement, il est vrai. Dans quelle optique ? Probablement dans l’optique de satisfaire l’opinion qu’elle a d’elle-même. Une sorte d’autocongratulation. Une méthode utilisée par les personnes et les entreprises constamment sous le feu de la critique. Car, qui, aujourd’hui, a une bonne image SNCF Voyageurs ? Noyée dans un océan de critiques liées à sa médiocrité, à son incurie et à son absence totale de service clients, (qu'elle considère comme étant bons qu'à payer et à se taire), SNCF Voyageurs est sous le feu des médias au moins deux fois par jour à travers la France entière. Et pas pour de vaines raisons. Et encore ! Tout ne se sait pas. Jouissant de la palme d’or de l’entreprise la plus critiquée de France, cumulant les échecs en matière de stratégie, SNCF Voyageurs n’a qu’un objectif : se plaire. A elle. Et juste à elle.
Qu'il est loin le temps où elle était un fleuron. Une fierté nationale. A deux mois de la CDM de Rugby et à un an des JO de Paris, l’entreprise multiplie les coups de communication destinés à charmer les visiteurs étrangers. Demeureront-ils dupes après avoir emprunté un train appartenant à celle qui est désignée transporteur officiel par défaut ? Evidemment, tout fonctionnera à merveille lors des deux événements. Et même au-delà du banal, les chats, lapins et escargots pourront courir tranquillement le long des voies. Tous seront sauvés par une armée d’employés prêts à bondir et à paralyser le trafic pendant des heures afin de sauver le moindre petit animal coincé sous un train. La suite ? Une armée d’agents SNCF défendant corps et âmes l’image de l’entreprise de jour comme de nuit s’empressera de faire la promotion, vidéos et images à l’appui, de l’acte de sauvetage unique, inédit. Lequel sera alors porté par les médias du monde entier en pleine période d’événement d’envergure internationale. Le pire, c’est qu’ils sont capables de monter un scénario pareil pour redorer leur image bien au-delà de nos frontières, les Français ne connaissant que trop bien la SNCF. Et, qui sait ? Peut-être s’affairent-ils d’ores et déjà à la création de toute pièce du sauvetage héroïque d’un chat coincé sous un TGV en étroite collaboration avec « l’association Les Anges du Rail » ?
Et oui. Paradoxalement, SNCF apporte son soutien à « l’association Les Anges du Rail », dont elle s’était servie en janvier afin de faire une promotion en prenant l’exemple du sauvetage d’un animal réfugié sur une voie SNCF en pleine gare. Un paradoxe. Quant au silence de « l’association Les Anges du Rail » au sujet de l’affaire Neko, il se justifie non seulement par le soutien de SNCF à l’égard de sa noble cause, mais également celui de la CFDT Cheminots, syndicat de défense ses salariés. Dans un Tweet du 27 juin 2023 à 13h16, « l’association Les Anges du Rail » remercie l’ensemble des membres du bureau pour leurs dons et encouragements. Un Tweet qui a, depuis, disparu. Hors de question, pour l’association, de se mettre en porte-à-faux vis-à-vis d’une entreprise qui la soutient et d’un syndicat défendant les salariés, et donc potentiellement, le cas échéant, les agissements de salariés fautifs impliqués dans de telles affaires au sein même de l’entreprise. La morale de ce paragraphe, c’est que toute conviction a ses limites.
SNCF Voyageurs a un autre allié interne afin de s’autocongratuler. Il s’appelle « Ville, Rail & Transports », dont Groupe SNCF est actionnaire. Dans son article consacré à l’appel de SNCF Voyageurs dans le cadre de l’affaire Neko, le « magazine », au lectorat essentiellement composé d’agents SNCF rétrogrades défendant sans cesse l’indéfendable avec une bonne dose d’agressivité, a le culot de rappeler que les voyageurs sont responsables des animaux domestiques qu’ils transportent. Et, aussi, qu'elle se réserve le droit de demander l'indemnisation de chacun des retards liés à leur errance supposée ou réelle. Quid si tous les clients, voyageurs, usagers attaquaient SNCF Voyageurs à chaque manquement de la société anonyme à capitaux publics ?
Bien plus encore, « Ville, Rail & Transports » pointe « une affaire qui n’aurait jamais dû dépasser les frontières de la gare » Prêt à tout pour plaire à son lectorat et à son actionnaire, « Ville, Rail & Transports » badigeonne également une couche de propos dévalorisant la vie d’un animal domestique, comme un chat, oubliant par ailleurs les récentes reconnaissances accordées par la législation envers de tels animaux.
En résumé, SNCF Voyageurs utilise toutes les méthodes possibles et inimaginables pour nier le problème, nier ses défaillances, nier la réalité, et se dédouaner de toute réponse censée auprès de Georgia. L’appel est leur droit le plus strict. A nous d’espérer que la seconde condamnation sera plus forte.
Georgia étant actuellement en vacances, nous reviendrons vers vous ultérieurement afin de proposer des actions et, également, un rassemblement en visio dont nous détaillerons l’organisation en temps voulu.
Le comité de soutien de Georgia.