
Bonjour,
Vous trouverez en lien et ci-dessous l’appel (sous forme de lettre ouverte) dont je suis signataire et que nous lançons (à l'initiative du collectif Marseille en commun) en complément de la pétition citoyenne suite au drame de la rue d'Aubagne avec l'effondrement de 3 immeubles, la mort de 8 personnes et le millier de personnes évacuées du centre ville.
Parmi les personnalités qui ont signé : Guédiguian / Ricciotti / Viveret / Mrg Gaillot / Mamère / Bové / Rivasi / Varoufakis / Ascaride / Mucchielli / Meylan / Daroussin / Geisser / Cabanes / Kehayan / Mennucci / Soihili / Bouguereau / Carlotti / Nouvian / Vergiat et bcp de d’urbanistes, de représentantEs d’associations spécialisées dans la politique de la ville et le mal-logement et du monde culturel local et des militantEs de divers organisations de gauche.
Le but de cet appel est d’exiger un plan de résorption de l'habitat insalubre à Marseille avec l'ensemble des acteurs publics via une conférence citoyenne pilotée par la CNDP et les habitants des quartiers populaires de Marseille tirés au sort et formés afin d'éviter le piège de la dépossession des acteurs locaux de terrain, de l'expertise citoyenne et des collectifs d'habitants et l'effet d'aubaine pour les pouvoirs publics locaux de "profiter" de la catastrophe de Noailles pour accélérer le processus de gentrification et de chasse aux pauvres vers les quartiers périphériques.
Bonne lecture. Merci de relayer cet appel et la pétition citoyenne qui l’accompagne autour de vous. Un rendez-vous a été sollicité auprès du Préfet et de la Commission nationale du Débat public pour évoquer notre proposition.
Merci d'avance.
Lettre ouverte à la Ministre du logement et au Préfet des Bouches du Rhône
Drame de la rue d’Aubagne : Pour une conférence citoyenne pilotée par la CNDP et les habitants pour la résorption de l’habitat indigne et insalubre à Marseille
La catastrophe de l’effondrement de 3 immeubles dans le quartier Noailles de Marseille est un drame humain terrible pour toute la ville qui manifeste dignement sa solidarité avec les familles de victimes, les habitants du quartier ayant du évacuer leur domicile, les secouristes… La colère dans le quartier succède peu à peu à l’effroi et à la sidération face à l’abandon des pouvoirs publics dans les quartiers populaires du coeur de la cité phocéenne.
Les victimes, les habitants du quartier Noailles et de Marseille attendent maintenant deux choses :
• la justice et la réparation tout d’abord. C’est à dire que les responsables de cette tragédie soient identifiés et poursuivis ;
• Et qu’enfin des mesures soient prises pour lutter contre le mal-logement dans le quartier Noailles mais plus globalement dans plusieurs quartiers du centre de Marseille où l’habitat indigne et insalubre foisonne : Noailles, Belsunce, Belle de Mai, Saint Mauront, Chapitre et Panier.
Le diagnostic existe sur l’état de la situation dans ces quartiers. L’expertise citoyenne et associative foisonne avec des acteurs présents sur le terraindepuis des années, voire pour certains des décennies : Un centre ville pour tous, La Fondation Abbé Pierre, le collectif Noailles, les travailleurs sociaux, les urbanistes…
Le rapport Nicol a bien décrit la singularité de la situation marseillaise et l’urgence d’un plan de résorption de l’habitat insalubre à Marseille où plus de 40 000 logements seraient concernés (soit 100 000 habitants et 13% du parc privé).
Le Maire et ses adjoints ne peuvent se défausser comme ils l’ont fait jusqu’alors. Leur responsabilité est patente en tant qu’organisateur, comme le dit la loi, de la stricte surveillance des logements. En matière de logement, de santé publique et de sécurité des habitants, il y a une obligation de résultat du Maire. L’incurie tue !
Le quartier Noailles, est abandonné des pouvoirs publics depuis tellement d’années.
Le maire a l’impudence de se vanter d’avoir mis 35ME depuis 2005 dans la politique de lutte contre l’habitat indigne et insalubre. C’est dérisoire comparé aux politiques volontaristes initiées par exemple à Paris dès 2001 par Delanoë avec la SIEMP.
Cette politique de pourrissement et d’abandon des quartiers populaires de la ville tourne aujourd’hui au drame. Seulement 1800 logements auraient été effectivement réhabilités selon la Chambre régionale des comptes dans le périmètre du PRI depuis 15 ans. C’est absolument insuffisant.
Cette absence de volonté politique, ce déni d’un laisser faire face aux dégâts sociaux et sanitaires du mal-logement est coupable.
Les solutions existent pourtant avec : une meilleure prévention et un meilleur traitement de la dégradation de l’habitat, une meilleure lutte contre les marchands de sommeil et une meilleure gouvernance et une plus grande coordination entre les divers acteurs publics et privés ; l’utilisation d’outils et d’armes législatives comme le permis de louer, qui oblige les propriétaires à effectuer des travaux de mise aux normes, les aides conditionnées aux propriétaires sans moyens pour réaliser des travaux et la réquisition des logements vacants pour reloger les familles dans le centre (il y en aurait 36 000 à Marseille selon la Fondation Abbé Pierre) autorisée par l’ordonnance de 1945 et la loi de 1998 et que le Préfet néglige dans notre département qui souffre pourtant d’une crise flagrante du logement.
Ce drame nécessite donc un sursaut des pouvoirs publics mais aussi une participation citoyenne de tous les acteurs qui depuis des années alertent sur la situation.
Il y a urgence à mettre en oeuvre au plus vite dans le centre ville de Marseille une Opération d’Intérêt National (OIN) mobilisant dans le cadre d’un plan Etat / Région / Métropole / Ville des moyens importants pour éradiquer le mal-logement dans notre cité. C’est une piste. Il peut y en avoir d’autres.
Toujours est il que ce plan ne peut être confié seul au Maire et aux autorités publiques qui ont failli et qui trouveront l’aubaine suite à ce drame pour poursuivre leur politique de gentrification et de chasse des « pauvres » du centre ville.
Exigeons ensemble une conférence citoyenne pour la résorption du mal-logement dans notre ville.
Nous demandons à la Ministre du logement et au Préfet des Bouches du Rhône l’organisation d’une conférence citoyenne pour répondre à l’urgence du mal-logement et à la défiance des habitants des quartiers populaires. Celle-ci doit être organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) -autorité indépendante- qui tirera au sort un jury citoyen d’habitants de la cité qui seront formés par l’ensemble des acteurs locaux (publics, associatifs et citoyens) à l’état de la situation et qui organiseront les auditions et le débat public au cours du premier trimestre 2019.
De cette co-élaboration démocratique, via cet outil innovant, naîtra un plan de lutte pour la résorption de l’habitat indigne et insalubre qui devra être financé dans le cadre d’un contrat pluri-annuel exceptionnel associant l’Etat, la Ville, la Région, l’UE via les fonds structurels…
Puisse ce voeu être partagé par les acteurs de terrain et tous ceux qui souhaitent en finir avec ce scandale et ne plus jamais avoir à vivre le drame que nous venons de vivre à Marseille, comme ailleurs.
Pour retrouver l’ensemble des signataires de l’appel et pour signer l'appel si ce n'est pas encore fait : https://www.change.org/p/préfet-des-bouches-du-rhône-drame-du-mal-logement-marseille-pour-une-conférence-citoyenne-pilotée-par-les-habitants
Premiers signataires : Ariane Ascaride (comédienne), Thèmis Apostolidis (professeur de psychologie sociale de la santé, Université Aix-Marseille), Bernard Astruc(collectif consommateurs pas cobayes), Sébastien Barles (porte parole du collectif citoyen Marseille en commun), Guy Bennaroche (économiste, responsable écologiste), Félix Blanc (militant associatif, agrégé de philosophie et chercheur associé au Centre de Recherche Sociologique et Politique Raymond Aron), Jean-Marcel Bouguereau (journaliste, ex rédacteur en chef de Libération et du Nouvel Obs), Isabelle Bourboulon (journaliste indépendante, membre d’ATTAC), José Bové (député européen), Valérie Cabanes (essayiste, juriste en droit international et humanitaire bataillant contre les écocides), Philippe Cahn (responsable associatif, Les Paniers marseillais), Jean Canton (urbaniste, ex directeur démissionnaire de l’urbanisme de la Ville de Marseille, ex Président d’Un centre ville pour tous), Marie-Arlette Carlotti (présidente du haut comité pour le logement des personnes défavorisées, ancienne Ministre aux personnes handicapées et à lutte contre l’exclusion), Samia Chabani (responsable associative, mémoires et histoire des immigrés), Hubert Colas (scénographe et metteur en scène), François Costé (ancien cadre territorial à Marseille Provence Métropole), Frédéric Coupet (collectif Les sentinelles en mutation), Jean-Pierre Daroussin (comédien), Thomas Dietrich (écrivain, ex secrétaire national démissionnaire de la conférence nationale de santé), Nicolas Détrie (co-fondateur de l’association Yes we camp), Vanessa Di Paola (maitresse de conférences en économie, AMU), Nouriati Djambaé (adjointe au maire du 8eme secteur de Marseille et conseillère métropolitaine), Olivier Dubuquoy (géographe, lanceur d’alerte contre les boues rouges, créateur de ZEA), Bernard Eynaud (responsable de la Ligue des Droits de l’Homme 13), Philippe Foulquié (fondateur de la Friche La Belle de Mai), Alain Fourest (ancien responsable national et marseillais de la politique de la ville), Lydia Frentzel (conseillère municipale de Marseille), Jacques Gaillot (évêque, militant du droit au logement), David Gaussen (éditeur), Vincent Geisser (chercheur au CNRS, président du CIEMI), Robert Guédiguian (réalisateur), Pascal Hennequin (réalisateur et photographe), Anne Issler (Emmaüs Saint-Marcel Marseille), André Jolivet (architecte, urbaniste, militant pour le droit à la ville), Christine Juste (militante associative), Philippe Langevin (maître de conférences à la faculté de sciences économiques de Marseille, président de l'association régionale de développement local), François Lavaud (citoyen, militant contre le mal-logement), Jean Kehayan (journaliste, écrivain, essayiste), Patrick Magro (adjoint au Maire de Septèmes les Vallons, conseiller métropolitain Aix Marseille Métropole), Noël Mamère (journaliste, documentariste, ex député et Maire de Bègles), Chantal Marcel (responsable associative , retraitée de l’Education), Hervé Menchon (conseiller d’arrondissement du 3eme secteur de Marseille), Zoubida Meguenni (Marseille résistance), Patrick Mennucci (ex député de Marseille et Maire du premier secteur), Jean-José Mesguen (retraité de l'Education Nationale, responsable associatif), Catherine Minguella (cheffe d’entreprise marseillaise), Gérard Meylan (comédien), Laurent Mucchielli (sociologue, Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme), Eric Mullard (collectif Laisse Béton), Sandrine Musso(anthropologue, Aix-Marseille Université/ Centre Norbert Elias), Claire Nouvian (Présidente de l'ONG Bloom pour la conservation des écosystèmes marins, lauréate du Prix Goldman), Yannick Ohanessian (cheminot, responsable syndical, associatif et politique marseillais), Gérard Perrier (retraité, passeur d’humanité), Emmanuel Poilane (directeur de la Fondation France Libertés / Danielle Mitterrand), Rudy Ricciotti (grand prix national d’architecture), Michèle Rivasi (députée européenne, fondatrice de la CRIIRAD), Jean-Christophe Robert (fondateur de Filières paysannes), Michèle Rubirola (médecin, conseillère départementale des Bouches du Rhône), Henri Saint-Jean (retraité, pédagogue, militant associatif), Jean Sansonne (responsable Anticor 13), Serge Schwartzmann (sociologue, Aix-Marseille Université), Sarah Soihili (militante associative et politique), Hanifa Taguelmint (ancienne de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, responsable associative), Yannis Varoufakis (économiste, ex ministre grec, responsable de Diem25), Marie-Christine Vergiat (députée européenne), Patrick Viveret (philosophe et magistrat honoraire), Katia Yakoubi (militante associative) ...