Kampanya güncellemesiSilence coupable : la détresse d’un homme face à un géant d’État : EDFUne parole arrachée au silence : Les Prud'hommes de Paris
Arnaud BEGINSaint Maclou La Brière, Fransa
17 Ara 2025

Lettre lue lors de l’audience des Prud’hommes du 1ᵉʳ décembre 2025

Ce jour-là, à la fin des plaidoiries — celles de mon avocat comme celles de la partie adverse —, le Président du Conseil de prud’hommes de Paris m’a accordé la parole. Je lui en suis profondément reconnaissant.

Cette lettre, je ne l’ai pas lue pour me défendre, mais pour témoigner. Pour dire comment EDF m’a brisé, et comment, de PDG en PDG, cette mécanique implacable a poursuivi son œuvre. Ce que j’ai vécu n’est pas un accident, mais une continuité.

EDF est devenu le combat de ma vie. Un combat que je mène non par vengeance, mais par nécessité, et que je compte bien gagner.

Si ces mots résonnent, n’hésitez pas à les partager. J’ai encore besoin de votre soutien pour l’écriture de mon livre, Les fossoyeurs d’EDF, dont la parution est prévue à l’été 2026Une parole arrachée au silence :

                                                                                                                                              Paris, le 01 décembre 2025

"M. Le Président

Je vous remercie de me laisser quelques minutes la parole. Compte tenu de l’impact psychologique et familial de tout ce que j’ai subi dans le cadre de ce dossier, je souhaite souligner le calvaire que je traverse depuis de nombreuses années du fait d’EDF, et plus particulièrement les conséquences sur mon état de santé.

À la suite du harcèlement que j’ai subi, d’abord sur le site nucléaire de Chooz puis ensuite sur celui de Paluel, mon état de santé s’est gravement dégradé, entraînant une mise en invalidité de catégorie 2 à compter du 2 septembre 2022. Mon traitement quotidien, qui me permet simplement de tenir et de survivre, se compose de dix médicaments par jour. Il inclut également un traitement par rTMS dans un premier temps et, en cas d’échec, une hospitalisation pour un traitement par ondes de choc sur plusieurs mois.

Cette dépression, je la vis comme une maladie grave, comme un cancer : quelque chose qui dévore tout. Et ce qui est le plus terrible, c’est que la responsabilité d’EDF a été reconnue, mais que l’entreprise continue — par ses actes, par ses écrits — à alimenter ma souffrance. Le remède, la chimiothérapie, c’est EDF qui vous empêche d’y avoir droit. Et parfois, oui, je l’avoue, j’ai été au bord de l’impensable et j’y pense encore souvent.

Mon état de santé est documenté et son lien avec le milieu professionnel est établi. Le paradoxe est que je me retrouve aujourd’hui sans emploi, alors même que je suis la victime. Qui souhaite recruter un ingénieur en invalidité catégorie 2 ?Et pourtant, Monsieur le Président, je cherche du travail. J’ai postulé comme « riper » ou « opérateur de production » : plus de cinquante candidatures depuis septembre 2025. Mais même pour ces postes, on exige un à deux ans d’expérience. Je cherche un emploi non seulement pour subvenir aux besoins de ma famille, mais aussi pour retrouver un peu de dignité et un lien social en me levant chaque matin et pour montrer à ma fille de 10 ans que son père va bien puisqu’il travaille. Contrairement à ce qu’affirme la partie adverse avec légèreté, on ne retrouve pas facilement du travail à 54 ans — et non 53 comme indiqué. Je suis victime, dans ce dossier,  d’une discrimination liée à mon état de santé.

C’est pour cela que Je souhaite également attirer votre attention sur la violence des propos écrits au sein du site de Paluel. On peut lire notamment, en 2022, sous la plume du RRH :
– « Il est vraisemblable que M. Begin est inadapté à toute activité professionnelle. Il cherche par tous les moyens, quels que soient ses employeurs, à rendre responsable l’entreprise de sa maladie mentale pour en tirer des bénéfices personnels et à s’exempter de tout travail. »Ou encore, de la part de personnes de mon service que je ne connais même pas :   
– « Il est en arrêt pour faire reconnaître sa maladie et pour rester chez lui à toucher 100 % de son salaire. »
– « Je ne suis pas médecin mais il a sûrement une pathologie, il a des arrêts réguliers. »
– « Le problème est qu’il est malade, ce n’est pas un collègue normal, c’est un fou, un malade qu’il faut soigner. »
– « Je pense qu’il est malade mais qu’il se sert de sa maladie sans scrupules, ni éthique. »
– « J’ai reçu un message expliquant qu’il faisait des tentatives de suicide régulières ; quand on connaît le personnage, on prend le large. ». 

On trouve aussi des déclarations étonnantes dans les synthèses d’enquête, comme celle du cabinet JLO :– « Si un jour je dois le croiser dans la rue ou sur le CNPE, j’aimerais savoir à quoi il ressemble pour ne pas me retrouver seule avec lui. »Ou encore du cabinet Singulier/Pluriel :
– « D’autres personnes entendues, arrivées plus tard, l’ont très peu rencontré et s’en tiennent au jugement des autres. »

Ainsi, on me licencie sur mes « raptus », mes « tentatives de suicide », ma « maladie », sur la base d’écrits émanant de deux cabinets et de personnes qui ne me connaissent pas. Face à ces éléments, qu’a fait la direction du site ? Rien. Qu’a fait la médecine du travail ? Rien.

S’agissant de ma prétendue dangerosité, le cabinet JLO a dévoyé le sens médical du mot « raptus » en le présentant comme une menace potentielle envers mes managers, se servant du « Petit Robert » comme livre médicale et comme si je pouvais me rendre à leur domicile pour leur porter atteinte. Cette histoire fait écho à celle de M. Vuiart, qui m’avait accusé en 2020, trois semaines après mon alerte pour harcèlement à Chooz, d’agressions sexuelles et même de pédophilie. Il m’a fallu six ans pour obtenir sa condamnation, et malgré la gravité des accusations, EDF continue de le protéger. Aucune sanction : au contraire, une promotion. C’est incompréhensible. Être accusé d’être pédophile ne choque pas EDF !

Je voudrais enfin rappeler qu’EDF a été condamnée par le CPH de Paris le 24 avril 2024 pour harcèlement moral et manquement à la sécurité, avec transmission au titre de l’article 40 compte tenu de la gravité des faits concernant le dossier de MM. Z. Comme dans mon cas, la personne concernée était, selon EDF, soi-disant dangereuse au point qu’on envisageait des vigiles pour protéger ses managers. Même cabinet, même conseil, même méthode !

Tout cela m’interpelle, me choque et m’indigne. Car si une chose nous a été volée, c’est bien notre vie et notre dignité. Rien ne réparera les souffrances qu’on nous a infligées.

Je vous remercie."

 

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