Mise à jour sur la pétitionSilence coupable : la détresse d’un homme face à un géant d’État : EDFHarcèlement, discrimination, « mise au placard »…le combat d’une salariée d’EDF contre son employeur
Arnaud BEGINSaint Maclou La Brière, France
22 nov. 2025

Article du Parisien en date du 7 juillet 2025 : 

C’est un bras de fer entre David et Goliath qui se mène entre Inès (le prénom a été changé) et EDF (Électricité de France), son employeur. Suite à l’action de cette habitante de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), âgée de 46 ans, l’entreprise a été condamnée au conseil de prud’hommes de Paris le 24 avril 2024 pour harcèlement, discrimination et manquement à l’obligation de sécurité. EDF a fait appel.Mais la présidente des prud’hommes de Paris a saisi le parquet pénal au titre de l’article 40 au vu de l’existence d’infractions au Code pénal.
Des propositions de postes qui l’obligeraient à déménager
Que s’est-il passé pour cette salariée embauchée en CDI chez EDF en 2001, gestionnaire de contrats de travail depuis 2008 ? Une femme reconnue travailleuse handicapée en 2013. En fait, Inès est « mise au placard » depuis janvier 2023, assignée chez elle et rémunérée sans activité professionnelle.« Ils ne me fournissent aucun travail. Et rien n’a changé depuis le jugement des prud’hommes », déplore-t-elle.Les choses se sont aggravées. « EDF me menace de licenciement pour inaptitude si je n’accepte pas un des dix-sept postes qu’ils me proposent en France, affirme-t-elle. Mais j’ai mon conjoint et mes enfants âgés de 14, 11 et 9 ans ici. Ça m’oblige à déménager alors que mon mari est handicapé à 80 %. La maison a été aménagée pour lui. »
Victime de harcèlement discriminatoire
Son avocate Me Stéphanie Lamy a saisi le conseil de prud’hommes de Paris en référé, arguments à la clé : « Statutairement, EDF ne peut pas licencier pour inaptitude. Et ma cliente n’a pas été déclarée inapte par le médecin du travail. Le harcèlement discriminatoire continue. » Le dossier est fixé à l’audience du 16 juillet. Sur l’inaptitude, EDF « ne partage pas sa présentation des faits ».
Selon Inès, impossible non plus de reprendre son activité à Lieusaint (Seine-et-Marne) : « Par mesure de protection le médecin du travail refuse de valider mon retour demandé par l’employeur car certains collègues ont évoqué la possibilité de faire preuve de violence si Mme Z réintégrait le service » (page 9 du rapport d’enquête).
À l’époque, son service se situait à Dammarie. Ses collègues se seraient livrés à des actes vexatoires. « Le 17 décembre 2018, ma responsable d’équipe trouve une tunique ressemblant à une djellaba dans un placard qui n’était pas le mien. Elle me demande si elle est à moi, si je fais la prière sur place. Je réponds qu’elle ne m’appartient pas et que non. Elle enfile la djellaba, commence à faire des bruits d’indigène, des sortes de youyou. Les collègues rient et filment. J’étais tellement choquée… »

Inès marque une pause : « Pour moi, la religion relève de la sphère privée. Je ne porte aucun signe montrant que je suis musulmane. »
Humour lourdingue ? Provocation ? En février 2019, Inès dépose une alerte éthique auprès de la direction. L’enquête interne recommande un rappel à l’ordre pour sa responsable, mais pas de sanction envers ses collègues. Inès reçoit un blâme pour dénonciation abusive. Elle conteste. L’employeur l’annule.
« J’ai été longtemps dans le déni »D’après Inès, des collègues ont continué leurs « blagues » douteuses. « Un jour, elles m’ont fait goûter leur salade préparée à l’occasion d’une réunion. Elles éclatent de rire et me disent alors c’est bon le porc ? Et là, je pleure. La responsable ne dit rien. Selon elle, on pouvait considérer ça comme un moment de détente durant la pause. »« J’ai été longtemps dans le déni. Je me remettais toujours en question. Mentalement j’essayais de tenir. Mais mon corps ne tenait plus », soupire-t-elle.Un arrêt pour accident du travail avec un « choc émotionnel lié à du harcèlement »
Cauchemars, perte de poids, difficultés à respirer liées au stress… Elle finit par craquer. Le 22 janvier 2019, son médecin signe un arrêt de travail pour accident du travail avec un « choc émotionnel lié à du harcèlement » car elle a perdu 6 kg en une semaine.
À sa reprise en janvier 2022, elle ressent méfiance et évitement à son égard. Le 17 février 2023, un article paru sur le site d’informations Blast met le feu aux poudres. Elle déballe tout, accuse EDF de discrimination.Ses collègues adressent une lettre ouverte à la direction pour confier leur crainte de représailles et demander des vigiles devant le site. Un droit d’alerte des syndicats suit, Inès est mise en télétravail. Une enquête menée par un cabinet extérieur est lancée. « On pourrait être victime d’un attentat missionné par Mme Z ou pas », dit un agent justifiant les vigiles.Elle se dit « détruite psychologiquement »C’en est trop pour Inès : en juillet 2023, elle dépose plainte contre X pour injure publique commise envers une personne en raison de ses origines. En janvier 2024 s’y joint une plainte contre X pour harcèlement moral collectif et dénonciation calomnieuse. Elle se dit aujourd’hui « détruite psychologiquement ». Après l’article de Blast, plusieurs salariés d’EDF en France l’ont contactée, vivant « la même chose ». Son avocate accumule les dossiers. « EDF où l’État est actionnaire à 100 % a une charte éthique, des accords sur le handicap. C’est beau sur le papier… » Le député Maxime Laisney(LFI) a interpellé le ministre de l’Industrie à ce sujet fin 2024. Contacté, EDF indique « ne pas commenter les procédures en cours » et « réaffirme son attachement au respect des valeurs éthiques du groupe dans le traitement des situations individuelles de ses salariés ».

Je suis toutefois conscient que cette situation est assez semblable à la mienne, et qu’EDF utilise les mêmes pratiques. Mon manager, ainsi que son ancienne cheffe de service déléguée, du site de Paluel, m’ont accusé — par le biais de deux cabinets payés une fortune par EDF (le cabinet JLO et Singulier/Pluriel) — d’être susceptible de venir chez eux faire du mal à leur famille, voire de commettre un homicide ! ... 

Il existe un dénominateur commun avec le dossier évoqué ci‑dessus. Par ailleurs, EDF ne met pas en avant l’affaire concernant M. VUIART qui, malgré une condamnation à 12 mois de prison avec sursis, occupe toujours son poste. Il a pourtant été reconnu coupable de mensonge, ce qui, à l’époque, aurait normalement entraîné un licenciement pour faute grave.
Force est de constater que, depuis son jugement, rien n’a changé. Cela soulève donc des interrogations légitimes. En tout cas, cela montre qu’EDF ne traite pas toutes les affaires de la même manière.

Ainsi, on peut être accusé de dénonciation calomnieuse pour avoir inventé des faits mensongers et avoir accusé quelqu’un d’être pédophile : cela ne semble pas poser de problème éthique pour EDF. En revanche, moi, on me reproche « une porte fermée », « des tentatives de suicide », etc.
Là, c’est du concret !

Sans oublier le RRH de Paluel, que je n'ai rencontré que 30 minutes et qui témoigne à charge contre moi ! Incroyable, non ? 

Bien entendu, tout cela est bien orchestré avec les syndicats d'EDF et je dis bien d'EDF pour moi-même avoir toujours été syndiqué, notamment certains délégués syndicaux prêts à tout — sur le site de Paluel — pour obtenir un petit passage « cadre » sans passer de jury. Au moins, la CGT s’est abstenue et n’a pas participé à la commission disciplinaire visant à me licencier, merci à eux ! 

Bientôt, les Prud’hommes de Paris vont se pencher sur mon dossier de licenciement. 

Rappelons que mes deux managers ont été reconnus comme ayant participé à mon harcèlement moral, tout comme certains agents de la centrale de Chooz… Ils ont donc été désignés comme harceleurs, n'en déplaise à EDF la justice a rendue sont verdict ! 

Mais au-dessus d’eux, il y a le grand M. Lewandowski, qui se croit tout permis. Un homme qui se voyait déjà directeur de la DGSE et qui se retrouve directeur de la DPNT (source : Blast). 

Un personnage très disgracieux, qui se croit encore sur des terrains militaires au Mali, et parle de ses collaborateurs comme de « ses troupes » dans d'un courriel adressé à propos de moi à un journaliste de "Blast" ! Je n'invente rien, je possède ce courriel. 

EDF utilise actuellement mes publications sur le site Change.org pour les produire ce lundi devant le Conseil de Prud’hommes. Pourtant, Change.org est une plateforme libre où chacun a le droit de s’exprimer en conscience et en toute liberté. Ce que je souhaite vous faire savoir, c’est qu’EDF, trois ans après mon licenciement, continue de me reprocher d’écrire sur cette plateforme – là même où de nombreuses pétitions ont abouti à des victoires significatives.

Cela étant dit, EDF ne m’empêchera pas d’écrire le livre que je prépare, retraçant mes 25 années de carrière, marquées par tant de souffrance et un véritable acharnement judiciaire. Lundi, EDF tentera de présenter mes écrits sur Change.org comme une preuve d’un comportement prétendument délétère à leur encontre. Cela montre bien à quel point EDF se place en opposition directe à la liberté d’expression.

Voilà aussi ce qu’est EDF, n’en déplaise à leurs conseils. Contrairement à eux, moi, je peux prouver chaque mot publié sur cette plateforme. Je peux démontrer la véracité de mes écrits, là où EDF cherche uniquement à faire taire ceux qui dérangent, en usant de leur pouvoir et de leur influence.

Quelle éthique pour une entreprise censée incarner l’intérêt général ! Je vous invite donc à soutenir mon projet, et je vous remercie pour votre aide.

La création de notre fondation ElektronVert progresse, et ce sera bien plus qu’une simple association : une véritable fondation – et cela, EDF ne pourra pas nous l’enlever.

Pour soutenir l’écriture de mon livre et permettre que la vérité sur tout ce système soit révélée, vos dons sont précieux. La publication ayant un coût élevé, vous pouvez contribuer via la cagnotte en ligne : https://www.leetchi.com/fr/c/le-prix-de-lalerte-harcelement-justice-et-oubli-republicain-1222925?utm_source=copylink&utm_medium=social_sharing

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