Sauvons nos commerces de proximité

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Le problème

Qui peut aujourd’hui se réjouir de la fermeture, un à un, des commerces de proximité dans nos centres-villes et nos villages ?

Partout en France, le même paysage s’installe : des rideaux de fer baissés, des panneaux « à louer » qui jaunissent, des façades murées là où il y avait une boulangerie, un café, une boucherie. Dans les campagnes comme dans les villes moyennes et les quartiers périphériques, nos rues s’éteignent peu à peu. 

Ce n’est pas une impression mais une triste réalité. Six communes sur dix n’ont plus un seul commerce, contre une sur quatre en 1980. Dans nos villes, plus d’une vitrine sur dix est vide. La France comptait 50 000 bureaux de tabac en 1965 ; il en reste 22 500. Et 471 bureaux de poste doivent encore fermer d’ici 2027.

Pendant ce temps, les géants de la vente en ligne prospèrent. Nous sommes nombreux à y acheter, mais la concurrence est faussée : nos commerçants et nos artisans croulent sous la paperasse et paient leurs impôts en France, quand ces plateformes ne jouent pas avec les mêmes règles et n’ouvrent jamais une boutique chez nous.

Le café du coin, la boulangerie, le bureau de poste, ce sont aussi les endroits où l’on se croise, où l’on prend des nouvelles, où l’on remarque qu’un voisin ne va pas bien. Quand ils ferment, cette solidarité de tous les jours disparaît avec eux. Les plus âgés s’isolent, les jeunes partent, et le sentiment d’abandon grandit.

Cette colère s’est exprimée sur les ronds-points en 2018 avec les Gilets Jaunes, puis dans la rue le 17 octobre dernier. Elle est légitime mais casser des vitrines ne rouvrira jamais une boulangerie.

Nous souhaiterions que les candidats à l'élection présidentielle prennent position sur les sujets suivants :

  • un choc de simplification administrative pour les petits commerces et les artisans ;
  • une fiscalité juste, qui fasse enfin contribuer les géants de la vente en ligne ;
  • les mêmes règles pour les plateformes que pour nos commerçants ;
  • des loyers commerciaux qui ne vident plus les centres-villes ;
  • plus aucune fermeture de bureau de poste sans l’accord du maire et sans solution pour les habitants ;
  • un fonds pour rouvrir des commerces là où il n’y en a plus ;
  • l’application de la garantie émeutes votée en 2026, et une aide pour sécuriser les petits commerces.

Habitants, commerçants, artisans, élus, usagers des services publics : c’est la vitalité de nos cœurs de ville et de village que nous voulons défendre avant qu'il ne soit trop tard.

Nous appelons le Gouvernement, le Parlement et les candidats à l’élection présidentielle à s’engager maintenant. Si vous tenez à votre café, à votre artisan ou à votre bureau de poste : signez et partagez.

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