Petition updateSauvons les arbres centenaires du parc Jung (Ban-Saint-Martin)Contribution au PLUI local.
Yohann RINGUEDÉFrance
Nov 19, 2023

‌Bonsoir à tous,

Comme vous le savez peut-être, le nouveau PLUi régissant les nouvelles règles d'urbanisme dans l'eurométropole de Metz est en ce moment en consultation.
Le collectif des Riverains du Parc, au Ban-Saint-Martin, récemment requalifié en association (Les Riverains du Parc) a travaillé sur ce PLUi. Sans grande surprise, il nous paraît évident que la faune, la flore, la biodiversité et... notre avenir, persistent à peser bien peu contre la fièvre constructiviste de nos dirigeants locaux.
Pour cette raison, nous avons rédigé une contribution critique (et constructive, à l'occasion) que nous allons poster au nom de l'association mais que nous mettons également à votre disposition afin que quiconque le souhaite puisse également la poster (en la reprenant totalement, partiellement... à sa guise). Plus nous serons nombreux à critiquer ce PLUi, plus nous aurons de chances de nous faire entendre. A minima, nous ferons ainsi connaître notre vigilance et notre détermination.
Le texte de la contribution est recopié à la suite de ce message.
Vous pouvez déposer avant le 1e décembre votre contribution sur la page qui suit : http://www.registre-numerique.fr/plui-eurometropole-metz/deposer-son-observation
Il est également possible de l'envoyer par courriel à l'adresse : plui-eurometropole-metz@mail.registre-numerique.fr

Pour toutes questions, n'hésitez pas à nous contacter sur l'adresse de l'association : lesriverainsduparc@mailo.com

Bonne soirée,
Yohann, pour l'association Les Riverains du Parc.

 

 

"CONTRIBUTION DE L’ASSOCIATION « LES RIVERAINS DU PARC »

 

Concernant l’ensemble des projets immobiliers du Ban St Martin, l’association tient à souligner les contradictions évidentes entre les préconisations générales du PLUI et les réalisations. Plus particulièrement pour celui du parc Jung, l’association réitère son opposition totale sous quelque forme que ce soit à ce projet tant il va à l’encontre des objectifs du PADD qui :

 

- au chapitre OAP Energie/Climat préconise de « Lutter contre les effets d’Ilot de Chaleur Urbain. »

Et si on y lit que la population du BSM est exposée à un ICU inférieure à 10 % ce qui semble être bien, alors il faut conserver ce classement en préservant à tout prix tous les îlots de verdures remarquables notamment celui du parc Jung.

- au chapitre OAP des mobilités actives propose soutenir les modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle (transports en commun, modes actifs, covoiturage, …) participant à la réduction des émissions de gaz à effet-de-serre. S’orienter vers la transition écologique et énergétique par la maîtrise de l’usage de la voiture individuelle et ses nuisances induites.

- au chapitre OAP trame verte bleue et paysage propose de « maintenir et renforcer les corridors écologiques sur tout le territoire pour assurer le déplacement des espèces » (observations N°2-4-7)

 

Les projets immobiliers et routiers du PLUI au Ban St Martin font encore une fois la part belle à l’augmentation du parc automobile de la ville mais sans proposer d’infrastructures visant à développer les mobilités douces efficaces dignes de ce nom. Rappelons qu’une des 3 orientations stratégiques du PADD est la suivante : « Promouvoir la pratique cyclable au sein de l’Eurométropole de Metz ».

A ce jour, aucun développement de la mobilité à vélo n’est proposé dans la ville intra muros ! Pire, le seul projet routier présenté vise à faciliter l’usage de l’automobile au détriment encore de parcelles arborées à proximité du bois des lapins alors qu’une voie cyclable y est tout à fait envisageable. (cf. observation N°7)

Par ailleurs la conception actuelle des immeubles, et c’est essentiel, ne prévoit au regard de ce qui est dédié à la voiture, qu’une part minime et donc très nettement insuffisante du parcage des vélos de manière pratique et sécurisée. Vouloir développer la pratique utilitaire du vélo, c’est bien, encore faut-il permettre à chaque famille de pouvoir en user et ce avec autant de facilité que pour une automobile. Sans un traitement d’égal à égal, la voiture sera toujours privilégiée.

 

De plus, on peut s’étonner de voir fleurir dans certains secteurs de la ville des zones potentiellement constructibles (rue du nord) impactant des maisons et des terrains sans que les propriétaires soient au courant. On peut ajouter que la notion d’« arbre remarquable » reste floue. Un magnifique séquoia de la rue du nord ne semble pas être considéré comme tel sur une parcelle potentiellement constructible.

 

Première observation : dans la rue des Bénédictins, le long du mur du parc Jung, on observe une bande (en rose vif) que se réserve l’Eurométropole. Le flou demeure quant à la destination de cette bande : à quoi est-elle censée servir (élargissement de la voie, création de places de stationnement…) ? Nous souhaiterions que soit créé, à cet endroit où il n’en existe pas (et où il fait défaut), un trottoir pour sécuriser cette zone. Il nous semble en revanche inenvisageable que soit expérimenté, à cet endroit, un « espace partagé », alors que les voitures ont pris l’habitude de rouler trop vite (comme par ailleurs dans toutes les rues étroites de notre commune). De tels espaces qui n’ont de partagé que le nom sont surtout pratiques pour les voitures qui disposent de voies élargies, tandis que les piétons et les cyclistes garderont l’habitude de se ranger dès qu’un moteur rugira derrière eux pour que demeure la priorité aux déplacements motorisés.

Deuxième observation : à l’intérieur du parc Jung, la partie hachurée (en rose clair) s’est étendu depuis le précédent PLU (elle ne s’étendait pas alors jusqu’au mur de la rue Saint-Sigisbert). Quel sens donner à cette évolution ? Il s’agit d’un espace « à aménager », et, notamment, à en croire la légende, pour la création éventuelle de places de stationnement. Nous demeurons attentifs à la préservation du massif exceptionnel qui se trouve à cet endroit, écosystème qu’il faut protéger, îlot de fraîcheur et facteur important d’évapotranspiration à conserver dans la perspective du bouleversement climatique qui n’en est plus à l’état de prophétie. Ce point doit absolument être clarifié.

Troisième observation : en ce qui concerne le mur d’enceinte du parc Jung, le texte du PLUI maintient les mêmes formulations floues que dans le précédent PLU. Si la partie qui se trouve le long de la rue Saint-Sigisbert est sans ambiguïté protégée par une interdiction de destruction (quoiqu’un déplacement soit envisagé pour élargir la voie, dépose et repose à l’identique dont la réalisation semble bien difficile à mettre en œuvre), en revanche, le sens littéral de la partie de la phrase concernant la portion de la rue des Bénédictins n’a aucun sens clair pour nous. Il nous paraît en fin de compte que ce mur n’est pas protégé, en l’état, par les formulations hasardeuses de ce PLUI, ce qui est d’ailleurs confirmé par les projections graphiques (qui n’ont certes qu’une valeur publicitaire) proposées par le promoteur Habiter.

Quatrième observation : dans le schéma concernant le parc Jung, une nouvelle ligne d’arbres a été ajoutée, le long du mur sud/ouest (le long de la parcelle 143). La légende indique que cette « haie d’arbre » doit être préservée ou créée. Qu’en est-il ? Nous nous opposons à l’abattage de ces grands arbres sous prétexte qu’ils seront remplacés par des petits arbres dont la pérennité n’est absolument pas assurée dans un contexte de sécheresse généralisée.

Cinquième observation : dans le projet d’aménagement de l’IRTS, caduque suite à l’abandon de son transfert au lycée Schumann, reste posée la notion d’« arbre remarquable » puisque 2 d’entre eux devaient  être conservés en tant que tel, tout comme ceux du parc rue henry de Geslin/rue des jardins. Nous souhaiterions connaître la raison qui a conduit au placement de ces arbres dans la catégorie « remarquable ». Qu’ils le soient n’est pas à mettre en doute (comme tout arbre d’envergure devrait l’être de facto), toutefois, les arbres du parc Jung, plus imposants, et offrant un bosquet bien plus dense (donc un écosystème riche, rare, fragile, et utile en cœur de ville), nous paraissent alors en toute logique devoir eux-aussi bénéficier de cette labellisation (si labellisation il y a).

Sixième observation : les autres projets identifiés comme OAP font l’objet d’un argumentaire précis et détaillé qui vise à en justifier la légitimité. On s’étonne en revanche que cet effort n’ai pas été tenté à propos de l’OAP concernant le parc Jung.

Septième observation : une voie d’accès est envisagée le long de la route de Plappeville, au niveau du Bois des lapins. Nous nous y opposons fermement au motif que cette bétonisation supplémentaire nécessitera en outre une coupe massif de grands arbres. Le signal nous paraît en outre extrêmement négatif à un moment où les véhicules motorisés individuels ne doivent plus être envisagés comme le moyen de déplacement privilégié. L’urbanisation de nos communes doit cesser, à tout prix, de privilégier ces mobilités mortifères. Encore une fois, c’est un ilot de fraicheur, un agent d’évapotranspiration et un refuge de biodiversité important (sans parler de l’esthétique) qui est ici mis en danger.

 

En guise de conclusion, nous rappelons brièvement ici les avis des associations de préservation de l’environnement concernant ce PLUI, avis relayé par certains tenants de l’État. Lorraine Nature Environnement (LNE) condamne ce projet, de même que la Mission Régionale d’Autorité environnementale (MRAe) ainsi que le préfet de la Moselle en personne. Ainsi, la loi Climat et résilience n’est-elle pas respectée par ce PLUI, qui ouvre 518 Ha d’espaces naturels ou agricoles à l’urbanisation alors qu’elle devrait, en respect de ladite loi, n’en envisager que 157 Ha. On découvre ainsi plus de 130 projets immobiliers au détriment d’espaces boisés ou agricoles. En conséquence, ce projet est susceptible de provoquer la suppression ou la dégradation de 7,6% de la trame verte et bleue de notre territoire. C’est autant d’atouts en moins pour la lutte collective qui doit être menée dans la crise écologique à laquelle nous faisons face."

 

 

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