Petition updateSauvons Charly, patrimoine culturel !Il est important de continuer
Bertrand LAZERMEFrance
May 7, 2024

Il n'est jamais facile de défendre une position juste, hors l'émotion. C'est pourquoi vous avez une telle importance à nos yeux puisque vous nous suivez et nous encouragez depuis le début.

Pour les non-croyant(e)s, la disparition d'un artiste et d'une œuvre d'art est une atteinte à l'humanité tout entière, que seuls osaient jusqu'à présent provoquer les dictateurs.

"Ne pas censurer les œuvres à cause de ce que l'auteur a fait dans la vie réelle. Aucun tribunal ne validera une telle censure. Tout au contraire, un tribunal ne pourra qu'engager la responsabilité du censeur". C'est une question de principe, pour la défense de tous les arts et de tous les artistes, selon l'Observatoire de la Liberté de Création près la Ligue des Droits de l'Homme.
Le 8 mai 2023, dans un tweet, le Président de la République allait dans le même sens : "en ce jour où nous célébrons la victoire de la liberté, je condamne l'acte de vandalisme commis hier au Palais de Tokyo. S'en prendre à une œuvre, c'est attenter à nos valeurs. En France, l'art est toujours libre et le respect de la création culturelle, garanti".

Pour les croyant(e)s, c'est la même chose, avec en plus la terrible souffrance de constater le contre-témoignage que donne l’Église catholique de France à ses fidèles et à toute la société civile. En effet, la différence christique est de toujours distinguer le péché du pécheur en affirmant qu'il ne faut jamais enfermer le pécheur dans son péché... A Lyon, l'archevêché témoigne du contraire. C'est insupportable !

Ce contre-témoignage en actes, la destruction ou l'effacement d’œuvres -à l'exact inverse de la foi que l’Église proclame en paroles- nous choque tous, croyant(e)s ou non-croyant(e)s.

Quant aux maires de France qui ont le devoir, établi par la loi de séparation entre l’Église et l’État, d'entretenir les édifices affectés au culte, comment continuer à les encourager à maintenir à grands frais les églises et les chapelles si l’Église catholique elle-même s'affranchit de ses devoirs en passant outre la loi du 7 juillet 2016 ayant défini le délit d'entrave à la diffusion des œuvres d'un(e) artiste ? Certes les citoyen(ne)s sont attaché(e)s à leurs clochers, mais l’Église ne peut plus continuer de revendiquer le bénéfice de la loi du 9 décembre 1905 si elle s'affranchit allègrement des obligations que lui impose la loi du 7 juillet 2016.

Vous le savez, volontairement, nous ne posons aucun jugement sur l’œuvre de Louis Ribes. Ce prêtre-peintre émanait du mouvement cubiste (ses maîtres furent Gleizes, Denis, Manessier). Il fut l'un des principaux illustrateurs des livres du célèbre éditeur Robert Morel dans la collection "le club du livre chrétien". Notre revendication ne porte que sur l'indispensable revendication de distinguer toujours entre l’œuvre et l'auteur.

Un théologien étaye notre conviction : « Derrière ces questions de morale concernant le prédateur sexuel (particulièrement odieux quand les victimes sont des enfants et le prédateur un prêtre), il convient de mettre en évidence que ce prédateur est, comme tout humain, capable du meilleur et du pire. Écarter cette réalité de la réflexion étouffe toute clarté. Il faut poser cela clairement, y compris avec les victimes, pour qui les conséquences de ces crimes ne s’effacent pas". 

voir la dernière page de notre site :

https://justicepourandregouzes.fr/16-la-conference-des-eveques-de-france-cef-porte-une-tres-lourde-responsabilite-25-04-2024/

Nous reste-t-il un créneau pour réagir encore aujourd'hui face au démontage annoncé par le diocèse de Lyon de toutes les œuvres du peintre Ribes, à Charly et ailleurs ? Les comités francophones pour la distinction entre l’œuvre et son auteur analysent dans leur nouvelle page (ci-avant rappelée) la responsabilité des évêques de France qui sont restés silencieux.

Croyant(e) ou non, il vous est possible d'interroger les évêques en responsabilité partout sur le territoire afin que l'exemple de l'obscurantisme lyonnais ne puisse pas se reproduire ailleurs.

Enfin, chacun(e) de nous peut interpeler Monsieur Patrick Baudouin, Président de la Ligue des Droits de l'Homme, par un simple courrier lui demandant de se saisir de l'infraction constatée à Charly (69), à Sainte Catherine (69) et à Savigny (69), entre autres, entravant la diffusion des œuvres du peintre Louis Ribes par leur démontage systématique. Des démontages autoritaires qui passent outre toute décision de justice.
Président de la Ligue des Droits de l'Homme, 138 rue Marcadet 75018 Paris.

(illustration : Via crucis de Savigny)

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