
Mardi 2 juillet 2019, plus de 10.000 catalans, rejoints par des citoyens européens solidaires, se sont rassemblés devant le Parlement européen pour exiger la libération des prisonniers politiques catalans
et le respect du droit des trois eurodéputés catalans récemment élus, Carles Puigdemont, Toni Comin, et Oriol Junqueras de sièger, malgrè le veto imposé par le gouvernement espagnol. La manifestation la plus nombreuse jamais vue en ce lieu. Strasbourg ce jour là est devenue capitale catalane. L'aspiration du peuple catalan à décider lui même de son sort s'exprimait à nouveau avec force et énergie!
Pourtant, la veille, le Tribunal de Justice de l' Union Européenne rejetait le recours de Carles Puigdemont et Toni Comin, demandant que des mesures conservatoires soient prises par le dit Tribunal pour leur permettre de sièger. Le Tribunal européen précisait certes que cela ne préjugeait pas de la sentence définitive sur le fond du dossier, mais il donnait là un mauvais coup aux défenseurs européens des droits démocratiques: en effet, plus de 2 millions de votants catalans restaient ainsi non représentés parce que les députés élus ne convenaient pas au gouvernement espagnol! Comme le disait un euro-député au site VilaWeb:" Si on permet au gouvernement espagnol de faire cela, qui empêchera que le gouvernement d'un autre pays impose d' autres normes, pour empêcher d'autres euro-députés qui ne plaisent pas, d' occuper leur siège? Qui doit décider de qui s'assied ou non au parlement européen? ce sont ceux qui ont voté et par là donc ce sont eux, c'est le peuple de Catalogne à qui on interdit ce droit"
Pendant que les milliers et milliers de catalans, venus par les moyens les plus divers, étaient rassemblés sur le parvis, à l' intérieur, dans le Parlement où les trois sièges restaient vides, l' eurodéputé irlandais Matt Carthy du Sinn Fein protestait, tenant le portrait des exclus et exigeant une déclaration du Président sortant: "Président, faites une déclaration aujourd'hui au nom de ces députés élus et renforcez de cette manière la démocratie et les droits humains en Europe! Cette chambre doit lutter pour la Démocratie, pour les droits humains sinon sa crédibilité démocratique sera minée!" Ces paroles, applaudies par tout un secteur de plus de 80 députés, recevaient cependant comme réponse de Tajani, le Président sortant et d'une bonne partie des députés présents, une esquive et un silence embarrassés.
Lors de l' immense meeting organisé par un grand nombre d' organisations et entités catalanes, qui suivit cette brève séance d' installation du Parlement européen, accompagné d'une vingtaine d 'euros-députés, Matt Carthy prenait à nouveau la parole: " Aujourd'hui le ciel brille sur Strasbourg, mais un nuage obscur plane sur le Parlement européen. Le peuple de Catalogne demande la liberté et l' autodétermination et si vous vous maintenez unis et fermes ils ne pourront pas vous vaincre; la Catalogne sera libre!"
Cependant, à deux pas de là, à Khel, de l' autre côté" du Rhin, en territoire allemand, se tenaient les euro-députés Carles Puigdemont et Toni Comin, empêchés de rejoindre leurs compatriotes rassemblés, car en vertu de lois autorisant la police espagnole à procéder à des arrestations sur le sol français sans avoir à rendre aucun compte à personne, l' ancien président de la "Géneralitat" et son compagnon couraient le risque purement et simplement d'être kidnappés et expédiés en Espagne pour rejoindre leur collègue euro -député élu, Oriol Junqueras, lui aussi interdit de présence car depuis 600 jours en prison préventive dans une geôle espagnole, menacé d' une peine de 25 ans de prison après un procès inique. Certes Puigdemont et Toni Comin ont pu s'adresser aux manifestants par la voie d'une transmission -video, et Oriol Junqueras par la voie d'une lettre lue, mais qui ne comprend, comme l' a bien exprimé à cette occasion, après l' euro-députée portugaise du Bloc de gauche Marisa Matias, l' euro-député EELV, Gérard Onesta, qu' à travers ce cas un grave problème démocratique pèse aujourd'hui non seulement sur l' Espagne mais sur toute l'Europe. A nouveau, le Comité des Droits de l' Homme de l' ONU, à travers son groupe de travail contre les arrestations arbitraires, vient d' exiger la liberté immédiate des prisonniers politiques catalans, une indemnisation et autres réparations selon le droit international.
Comme l' a écrit dans sa Tribune, "Mobilisons-nous pour faire libérer les prisonniers politiques catalans" * l'ex députée européenne, Marie Pierre Vieu: "L' exigence de la liberté des prisonniers politiques catalans doit s'imposer comme un enjeu politique bien au delà des frontières espagnoles (...) C'est pourquoi il nous faut agir. La victoire de la démocratie y sera une victoire pour toutes et pour tous (...)".
Visitez le blog du collectif : https://petitioncat.blogspot.com
Continuer à diffuser et à faire signer la "pétition pour la Libération des prisonniers politiques catalans", coordonner et préparer le rassemblement des énergies pour une mobilisation unitaire, voilà ce à quoi nous appelons aussi.
Paris le 7 juillet 2019 Le Collectif des signataires de la Pétition