Pétition fermée

RESPECT ! PLUS JAMAIS ÇA ! NEVER AGAIN ! RESPEITO !

Cette pétition avait 1 001 signataires


Tchip ! On n'en croit pas ses yeux. Qui sont ces gens* qui osent utiliser ainsi les bateaux négriers et les châtiments infligés aux esclaves ? Est-ce que ça ne mériterait pas une plainte, cette atteinte de très mauvais goût à la dignité de la mémoire de l'esclavage et de la traite négrière ? Les tourments ne peuvent servir d'ornements.
ANAMNÉSIE PROPITIATOIRE : REFUS D’OBÉIR À L’INJONCTION D’OUBLIER. Ne pas renoncer, ne pas courber l’échine comme tant de nos ancêtres l’ont fait. Marronner ! Ne pas supporter l’insupportable.
Nous n’avons pas envie de voir se promener dans la rue des personnes affublées de tenues représentant des bateaux où les esclaves déportés d’Afrique étaient entassés comme des sardines, ou des muselières de fer pour limiter le boire, le manger et le parler, masques cruels pour empêcher les affamés de manger la canne à sucre, pas plus que nous ne voudrions voir représentés sur des robes les carcans à clochettes permettant de surveiller les déplacements, ni les colliers à longues tiges recourbées destinés à gêner la fuite en forêt des esclaves marrons.
C’est une forme de négationnisme, car, d’ordinaire, les motifs de décoration que l’on trouve sur les tissus sont fleurs, fruits, plantes, animaux et objets considérés comme beaux ; or l’esclavage n’est pas une belle chose, il ne peut servir d'ornement ; cette « mode » est donc une manière de bafouer la loi française n° 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l'humanité la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté, jusqu’à l'abolition de l'esclavage.
Pour la mémoire de l’esclavage, lonnè, respé, honneur, respect !
Ce n'est pas parce que personne n'a réagi qu'il faut laisser faire. Pas de prescription pour les crimes d'irrespect ! Si nous laissons passer ça, la prochaine fois, qu'est-ce que ce sera ?
En anamnésie propitiatoire, désobéissance à l'injonction d'oublier, mais dans la dignité et pas avec un but mercantile comme cette styliste brésilienne ou ce couple de Sud-Africains – « blancs »* – qui, dans ce pays où sévit naguère l’apartheid, pratique une « profitation » éhontée de la mémoire de l’esclavage et de la traite négrière en les « dérespectant », comme on dit en créole, et en jouant sur la notion d’« esclave de la mode », offensant, par ce jeu de mots d’un goût douteux, non seulement les victimes de ces crimes contre l’humanité, mais l’humanité tout entière.
Suzanne Dracius, écrivaine martiniquaise, descendante d’esclaves.

Post-scriptum :
Pas étonnant qu'il ait fallu des siècles pour sortir de l'esclavage — et qu'il ne soit toujours pas aboli dans le monde entier ni dans tous les esprits —, quand on voit qu'il faut un siècle pour recueillir 1000 signatures… « Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères », dixit Fanon.
Merci aux signataires ! N'en démordons pas, contre cette muselière à esclaves marchandisée, continuons le combat ! Embarquons pour la lutte contre ces bateaux négriers utilisés comme ornements sur des robes ! Atteignons un nombre RESPECTABLE de personnes exigeant le RESPECT !
Sans aller jusqu’à demander l’interdiction — car je suis pour la liberté d'expression, et m'en voudrais d'être assimilée aux fanatiques qui interdisent à tout-va —, nous demandons une inscription du genre « PLUS JAMAIS ÇA », « NEVER AGAIN! » ou juste « RESPECT » !
Juste un mot, un mot juste : RESPECT !

Quant à la promotion, elle est internationale, il y a eu des articles de presse, par exemple http://africasacountry.com/maid-in-africa-the-cape-town-company-that-designs-a-slave-ship-ironing-bo..... et ils ont même eu les honneurs de Vogue, au grand déshonneur des victimes de l'esclavage. D'où l'exigence de « Respect pour la mémoire de l’esclavage », le slogan et la pétition — du latin « petere », demander.
Afin de lui adresser, à elle aussi, la pétition, je suis à la recherche de l'adresse électronique (email) de la styliste Adriana Degreas, la designer de la robe avec « muselière » pour esclave ; voir ci-dessous le défilé à la Sao Paulo Fashion Week - primavera - verano 2013 :
http://www.hola.com/moda/modistos/saopaulo-fw-prim-ver-2013/degreas/1/adriana-degreas001a/#ancla
(La robe avec bateau négrier est des designers sud-africains.)

MASQUE DE L'ESCLAVE : Source : Jacques Arago, Souvenirs d'un aveugle. Voyage autour du monde par M. J. Arago (Paris, 1839-40), vol. 1, p. 119.
Au cours de son long voyage, qui eut lieu de 1817 à 1820, Arago passa presque deux mois (de début décembre 1817 à fin janvier 1818) au Brésil, plus particulièrement à Rio de Janeiro. La gravure montrée ici, basée sur un croquis d'Arago, a pour légende « Châtiment des esclaves, Brésil », et montre un homme non identifié qui représente probablement un composé de plusieurs Brésiliens mis en esclavage qu'Arago a observés dans les rues de Rio. Cette illustration est souvent mal décrite dans les sources ultérieures sur l'esclavage. Parmi les diverses erreurs, ces sources identifient le sujet comme étant une femme, voire une sorte de sainte et martyre, mais Arago parle explicitement du personnage comme étant un esclave de sexe masculin.
http://bistrobarblog.over-blog.com/article-barbarie-humaine-1ere-partie-122576740.html

« Le racisme, c'est quand ça ne compte pas. Quand ils ne comptent pas. Quand on peut faire n'importe quoi avec eux, ça ne compte pas, parce qu'ils ne sont pas comme nous. Tu comprends ? Ils ne sont pas des nôtres. On peut s'en servir sans déchoir. On ne perd pas sa dignité, son “honneur”. Ils sont tellement différents de nous qu'il n'y a pas à se gêner, il ne peut y avoir… il ne peut y avoir jugement voilà. On peut leur faire faire n'importe quelle besogne parce que de toute façon, le jugement qu'ils portent sur nous, ça n'existe pas, ça ne peut pas salir… C'est ça, le racisme. »
(Romain Gary, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable)

• "Respect for the memory of slavery!" Tchip ! One cannot believe their eyes. Who are these people* who dare using in such manner the slave ships and the punishments inflicted to slaves? Wouldn’t it deserve a criminal complaint, this damage of very bad taste to the dignity of the memory of slavery and slave trade? We do not want to see people walking on the streets dressed in gear representing the ships where slaves deported from Africa were packed like sardines, or muzzles designed to limit drinking, eating and talking, cruel masks forbidding the starved to eat the sugar cane, nor would we like to see represented on dresses the stocks with jingles allowing the surveillance of movements, or the collars with long curved spikes designed to impede the escape of maroon slaves. If at least there was an inscription like "NEVER AGAIN" or just "RESPECT"! It is a form of negationism, as usually the decorative patterns visible on fabric are flowers, fruits, plants, animals and other objects considered as beautiful. Yet slavery is not a beautiful thing. This “fashion” is then a way to trample on French Law n° 2001-434, voted on May 10th 2001, which recognises as crimes against humanity the Atlantic slave trade and the slavery in which it resulted, until its abolition.
We ask for an inscription like "NEVER AGAIN" or just "RESPECT"! For the memory of slavery, “lonnè, respé”, honor and respect!
In propitiatory anamnesis, disobedience to the injunction to forget, in dignity, not with a mercantile goal like this Brazilian* designer or this couple of –“white”– South African*, who, in this country once ruled by Apartheid, profiteer in a shameful manner, playing on the meaning of “fashion slave”, offending not only the victims of these crimes against humanity, but humanity as a whole.
Suzanne Dracius, Martinican writer, slave descendant.

* Micha and Andrew Weir, Maid in Africa, Cape Town, South Africa
cell: 073 404 8910
maidinafrica@telkomsa.net

*Adriana Degreas
Rua Haddock Lobo, 1151 - Jardins
01450 São Paulo, Brazil
Téléphone +55 11 3331-1113
(I am looking for the email of the designer Adriana Degreas to send to her too this petition.)

• Esta petition não é para pedir que sejam interditos, mas sim que por baixo do desenho escrevam "RESPEITO" ou "ISTO NUNCA MAIS » !



Suzanne compte sur vous aujourd'hui

Suzanne DRACIUS a besoin de votre aide pour sa pétition “Respect pour la mémoire de l’esclavage ! Respect for the memory of slavery!”. Rejoignez Suzanne et 1 000 signataires.