Rémy QUIGNOLOT a entamé une grève de la faim dimanche 11 septembre 2022
Dimanche 11 septembre 2022, après 16 mois de détention arbitraire et injustifiée dont 4 mois de séquestration illégale à Bangui, en Centrafrique, Rémy QUIGNOLOT a entamé une grève de la faim.
Il l'a annoncé, cette grève sera illimitée et radicale : Rémy QUIGNOLOT a cessé de s'alimenter et continuera de ne rien manger pendant les 15 premiers jours. Quinze jours plus tard, dès le 27 septembre, s'il est toujours séquestré illégalement, il cessera également de s'hydrater. Les conséquences sur sa santé et sur son pronostic vital seront rapides. Il est prêt à aller jusqu'au bout.
Une grève de la faim, quelqu'en soit la raison, reste un geste rare, inattendu et déroutant.C'est un geste extrême.
Pour Rémy QUIGNOLOT, il traduit l'indignation devant la dignité piétinée, la révolte devant les droits bafoués, l'insupportation face à la passivité forcée, l'incompréhension face à la frilosité de son pays, la patrie des droits de l'homme. Il incarne le courage d'élever le débat en mettant sa vie en jeu.
Clairement, les médias ont saisi la portée de son geste et l'on abondamment commenté et documenté, en Centrafrique comme en France.
La couverture médiatique a pu révéler l'illégalité de la détention depuis le 18 mai 2022, faute d'une ordonnance motivée, document exigé par la loi pour prolonger une détention provisoire au-delà d'un an. En effet, l'art.97 Code de Procédure pénale Centrafricain est très clair :
"Art.97 : En matière criminelle et dans les autres cas, l'inculpé ne peut être maintenu en détention provisoire au-delà d'un an.
Toutefois à titre exceptionnel, le Juge d'Instruction peut, à l'expiration de ce délai, décider de prolonger la détention pour une durée qui ne peut être supérieure à quatre mois, par une ordonnance motivée, rendue après avis du Procureur de la République et les observations de l'inculpé ou de son conseil".
Au lendemain de l'expiration du délai légal d'un an prévu par l'art.97, le 18 mai 2022, aucune ordonnance n'a été rendue pour justifier la prolongation de la détention provisoire. Depuis cette date, aucun texte de loi ne justifie donc cette détention arbitraire qui est devenue, de ce fait, une séquestration illégale.
Nous appelons le gouvernement français, notamment notre Président de la République Monsieur Emmanuel Macron, et notre ministre des Affaires étrangères, Madame Catherine Colonna, à prendre leurs responsabilités face à un citoyen français séquestré illégalement depuis quatre mois en Centrafrique, après avoir déjà passé un an en détention injustifiée.
Nous appelons le gouvernement français à cesser de se dissimuler derrière le principe de "non-ingérence dans la procédure judiciaire d'un État étranger". Il n'y a plus, dans le cas de Rémy QUIGNOLOT, de procédure judiciaire ni d'application de la loi interne :
La procédure en cours à Bangui n'est plus judiciaire, c'est une procédure hors-la-loi.
En conséquence, l'ingérence de l'État français n'est plus un droit, c'est un devoir.
L'État français doit aujourd'hui, exiger la libération immédiate de Rémy QUIGNOLOT.
La couverture médiatique de cette affaire a également mis en lumière les stratégies mensongères du procureur genéral qui, éludant la question de l'illégalité de la séquestration en cours, annonce que le procès se tiendrait, "croit-il", en octobre prochain. Or, l'annonce d'un procès est maintenant obsolète, forclose, non-pertinente, puisque le détenu aurait dû être libéré de droit le 19 mai dernier, qu'un procès soit annoncé ou pas. S'il doit y avoir un procès en octobre, ce dont nous n'avons aucune certitude car rien d'officiel n'est annoncé et que nous ne pouvons plus nous baser sur la parole d'un procureur qui n'est pas un homme de parole mais un homme de mensonges, Rémy QUIGNOLOT n'a plus aucune raison de continuer à être séquestré en attente de son procès.
C'est bien là le sens de l'art. 97 : Monsieur QUIGNOLOT doit, par la loi, être immédiatement libéré et attendre, en homme libre, son procès.
Voilà ce que nous attendons, en respect de la loi centrafricaine et des droits de l'homme.
Nous demandons l'intervention urgente du gouvernement français pour obtenir la libération immédiate de Rémy QUIGNOLOT avant qu'il ne soit trop tard et que ce citoyen français ne paye de sa vie, la violente et insupportable injustice dont il est victime depuis 16 longs mois.
Monsieur le Président de la République française, il est de votre devoir d'obtenir la libération immédiate de Rémy QUIGNOLOT !