

Réformons le système éducatif ivoirien :moins de matières inutiles, plus de justice au BAC
Le problème
Pour une réforme profonde du système éducatif ivoirien — moins de matières inutiles, une orientation plus juste, et une école qui nous ressemble
À l'attention du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation de Côte d'Ivoire
Le constat
Le système éducatif ivoirien, hérité en grande partie des années 1990 et jamais repensé en profondeur depuis, impose à nos élèves une charge de matières disproportionnée par rapport à leur projet de vie. Un élève de Terminale A, orienté vers la littérature, se retrouve à étudier l'art dramatique en plus d'un tronc déjà lourd (philosophie, histoire-géographie, langues), sans lien avec ses ambitions réelles. Résultat : surmenage, démotivation, et un taux d'échec élevé au Baccalauréat qui, en cas d'échec de justesse, condamne l'élève au redoublement complet d'une année entière, faute de session de rattrapage.
Par ailleurs, notre enseignement de l'histoire reste construit autour de grilles de lecture héritées d'ailleurs — de longs chapitres consacrés à des conflits et des découpages qui ne sont pas les nôtres — quand nos propres royaumes, nos résistances, notre histoire précoloniale, nos indépendances et nos bâtisseurs restent trop souvent traités en marge. Nos manuels scolaires, dans la plupart des matières littéraires et sociales, sont encore pensés par et pour d'autres continents.
Nos propositions
1. Un socle commun renforcé, une orientation simplifiée
Nous demandons un tronc commun solide et exigeant jusqu'à la classe de 3e, avec un vrai accompagnement à l'orientation (des conseillers formés, presque absents aujourd'hui dans le public), suivi d'une bifurcation simple en Seconde entre une voie à dominante scientifique et une voie à dominante littéraire-économique — sans multiplier des sous-séries (A1, A2, C, D...) qui compliquent le système sans alléger la charge de personne.
2. Un choix de matières à la carte dans sa voie
Une fois dans sa voie, chaque élève doit pouvoir choisir un nombre limité de matières de spécialisation réellement utiles à son projet — électronique, informatique et intelligence artificielle pour un futur ingénieur ; langues, droit ou économie pour un futur juriste ou gestionnaire — plutôt que de subir un paquet de matières imposées par la série, comme l'art dramatique imposé à tous les littéraires.
3. Aucune matière hiérarchisée publiquement
Les arts et le sport doivent garder un vrai statut, au même titre que les mathématiques ou le français — pour en finir avec l'idée reçue selon laquelle "scientifique égale élite" et "littéraire égale voie de garage", une idée qui pousse des milliers de jeunes vers des séries qui ne correspondent ni à leur talent ni à leur vocation.
4. Une session de rattrapage au BAC
Pour tout candidat proche de la moyenne, une session de rattrapage (épreuves orales ou complémentaires) doit exister, plutôt que la sanction actuelle du redoublement intégral pour quelques points manquants.
5. Un enseignement de l'histoire recentré sur l'Afrique et la Côte d'Ivoire
Nous demandons que les cours obligatoires d'histoire se concentrent en priorité sur l'histoire ivoirienne et africaine — nos royaumes, nos résistances, nos indépendances, nos figures nationales — plutôt que sur de longs chapitres de plusieurs mois consacrés à des conflits ou des découpages géopolitiques extérieurs à notre continent. Ces sujets internationaux peuvent rester abordés, mais sous forme de projets de recherche ponctuels et non de cours obligatoires étalés sur des trimestres entiers.
6. Des manuels scolaires africains
Dans les matières littéraires, sociales et culturelles, nous demandons que les manuels et supports pédagogiques soient conçus par des auteurs et éditeurs africains, reflétant nos réalités, notre littérature et notre histoire — les mathématiques et les sciences physiques, universelles par nature, n'étant naturellement pas concernées par cette exigence.
7. Investir dans les enseignants plutôt que dans le contrôle
Une réforme de ce type ne vaudra rien sans un investissement réel dans la formation continue des enseignants et des conseillers d'orientation, condition de sa réussite à moyen terme.
Chiffres clés
En Côte d'Ivoire, le taux de réussite au Baccalauréat n'a plus dépassé 50 % depuis au moins 2020 : 40,08 % en 2020, un point bas de 29,24 % en 2021, remontant péniblement à 40,15 % en 2025 et 40,60 % en 2026. Six années de suite, plus de la moitié des candidats ivoiriens échouent à l'examen qui conditionne leur avenir.
En France, le taux de réussite global dépasse 90 % depuis plusieurs années (91,9 % en 2025, 96,4 % pour la seule voie générale) — preuve qu'un système d'examen peut à la fois rester exigeant et donner à l'immense majorité des candidats une chance réelle de réussir, notamment grâce à sa session de rattrapage.
Le recours actuel après le BAC ivoirien ne couvre que les erreurs administratives (saisie informatique, report de notes) et non une véritable révision de la copie en cas de correction jugée injuste — laissant sans recours les candidats qui contestent sincèrement leur note.
Dès 2022, la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire) dénonçait déjà des dysfonctionnements dans l'organisation du BAC et réclamait une session de rattrapage — une demande restée sans suite à ce jour.
Ces chiffres ne traduisent pas un manque de mérite de nos élèves : ils traduisent un système à bout de souffle, qui les surcharge de matières inutiles à leur projet, ne les accompagne pas assez, et ne leur offre aucun filet de sécurité en cas d'échec de justesse.
Renfort demandé : fiabiliser la correction des copies
Face aux plaintes récurrentes d'élèves qui contestent leurs notes sans obtenir de véritable réexamen de leur copie, nous demandons :
la mise en place d'une double correction systématique pour les copies dont la note est proche de la moyenne requise ;
un droit de recours réel, permettant à un candidat de demander la relecture effective de sa copie par un second correcteur, et non uniquement la vérification d'une erreur de saisie ;
une plus grande transparence sur les barèmes et les grilles de correction, communiqués aux élèves après l'examen.
Notre appel
Nous, élèves, parents, enseignants et citoyens ivoiriens, demandons au Ministère de l'Éducation Nationale l'ouverture d'un chantier de réforme structurelle du secondaire, associant la communauté éducative à chaque étape, pour donner enfin à notre jeunesse une école qui l'oriente sans l'enfermer, l'instruit sans l'écraser, et lui ressemble.
Signez et partagez cette pétition pour que la voix de la jeunesse ivoirienne soit entendue.

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Le problème
Pour une réforme profonde du système éducatif ivoirien — moins de matières inutiles, une orientation plus juste, et une école qui nous ressemble
À l'attention du Ministère de l'Éducation Nationale et de l'Alphabétisation de Côte d'Ivoire
Le constat
Le système éducatif ivoirien, hérité en grande partie des années 1990 et jamais repensé en profondeur depuis, impose à nos élèves une charge de matières disproportionnée par rapport à leur projet de vie. Un élève de Terminale A, orienté vers la littérature, se retrouve à étudier l'art dramatique en plus d'un tronc déjà lourd (philosophie, histoire-géographie, langues), sans lien avec ses ambitions réelles. Résultat : surmenage, démotivation, et un taux d'échec élevé au Baccalauréat qui, en cas d'échec de justesse, condamne l'élève au redoublement complet d'une année entière, faute de session de rattrapage.
Par ailleurs, notre enseignement de l'histoire reste construit autour de grilles de lecture héritées d'ailleurs — de longs chapitres consacrés à des conflits et des découpages qui ne sont pas les nôtres — quand nos propres royaumes, nos résistances, notre histoire précoloniale, nos indépendances et nos bâtisseurs restent trop souvent traités en marge. Nos manuels scolaires, dans la plupart des matières littéraires et sociales, sont encore pensés par et pour d'autres continents.
Nos propositions
1. Un socle commun renforcé, une orientation simplifiée
Nous demandons un tronc commun solide et exigeant jusqu'à la classe de 3e, avec un vrai accompagnement à l'orientation (des conseillers formés, presque absents aujourd'hui dans le public), suivi d'une bifurcation simple en Seconde entre une voie à dominante scientifique et une voie à dominante littéraire-économique — sans multiplier des sous-séries (A1, A2, C, D...) qui compliquent le système sans alléger la charge de personne.
2. Un choix de matières à la carte dans sa voie
Une fois dans sa voie, chaque élève doit pouvoir choisir un nombre limité de matières de spécialisation réellement utiles à son projet — électronique, informatique et intelligence artificielle pour un futur ingénieur ; langues, droit ou économie pour un futur juriste ou gestionnaire — plutôt que de subir un paquet de matières imposées par la série, comme l'art dramatique imposé à tous les littéraires.
3. Aucune matière hiérarchisée publiquement
Les arts et le sport doivent garder un vrai statut, au même titre que les mathématiques ou le français — pour en finir avec l'idée reçue selon laquelle "scientifique égale élite" et "littéraire égale voie de garage", une idée qui pousse des milliers de jeunes vers des séries qui ne correspondent ni à leur talent ni à leur vocation.
4. Une session de rattrapage au BAC
Pour tout candidat proche de la moyenne, une session de rattrapage (épreuves orales ou complémentaires) doit exister, plutôt que la sanction actuelle du redoublement intégral pour quelques points manquants.
5. Un enseignement de l'histoire recentré sur l'Afrique et la Côte d'Ivoire
Nous demandons que les cours obligatoires d'histoire se concentrent en priorité sur l'histoire ivoirienne et africaine — nos royaumes, nos résistances, nos indépendances, nos figures nationales — plutôt que sur de longs chapitres de plusieurs mois consacrés à des conflits ou des découpages géopolitiques extérieurs à notre continent. Ces sujets internationaux peuvent rester abordés, mais sous forme de projets de recherche ponctuels et non de cours obligatoires étalés sur des trimestres entiers.
6. Des manuels scolaires africains
Dans les matières littéraires, sociales et culturelles, nous demandons que les manuels et supports pédagogiques soient conçus par des auteurs et éditeurs africains, reflétant nos réalités, notre littérature et notre histoire — les mathématiques et les sciences physiques, universelles par nature, n'étant naturellement pas concernées par cette exigence.
7. Investir dans les enseignants plutôt que dans le contrôle
Une réforme de ce type ne vaudra rien sans un investissement réel dans la formation continue des enseignants et des conseillers d'orientation, condition de sa réussite à moyen terme.
Chiffres clés
En Côte d'Ivoire, le taux de réussite au Baccalauréat n'a plus dépassé 50 % depuis au moins 2020 : 40,08 % en 2020, un point bas de 29,24 % en 2021, remontant péniblement à 40,15 % en 2025 et 40,60 % en 2026. Six années de suite, plus de la moitié des candidats ivoiriens échouent à l'examen qui conditionne leur avenir.
En France, le taux de réussite global dépasse 90 % depuis plusieurs années (91,9 % en 2025, 96,4 % pour la seule voie générale) — preuve qu'un système d'examen peut à la fois rester exigeant et donner à l'immense majorité des candidats une chance réelle de réussir, notamment grâce à sa session de rattrapage.
Le recours actuel après le BAC ivoirien ne couvre que les erreurs administratives (saisie informatique, report de notes) et non une véritable révision de la copie en cas de correction jugée injuste — laissant sans recours les candidats qui contestent sincèrement leur note.
Dès 2022, la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire) dénonçait déjà des dysfonctionnements dans l'organisation du BAC et réclamait une session de rattrapage — une demande restée sans suite à ce jour.
Ces chiffres ne traduisent pas un manque de mérite de nos élèves : ils traduisent un système à bout de souffle, qui les surcharge de matières inutiles à leur projet, ne les accompagne pas assez, et ne leur offre aucun filet de sécurité en cas d'échec de justesse.
Renfort demandé : fiabiliser la correction des copies
Face aux plaintes récurrentes d'élèves qui contestent leurs notes sans obtenir de véritable réexamen de leur copie, nous demandons :
la mise en place d'une double correction systématique pour les copies dont la note est proche de la moyenne requise ;
un droit de recours réel, permettant à un candidat de demander la relecture effective de sa copie par un second correcteur, et non uniquement la vérification d'une erreur de saisie ;
une plus grande transparence sur les barèmes et les grilles de correction, communiqués aux élèves après l'examen.
Notre appel
Nous, élèves, parents, enseignants et citoyens ivoiriens, demandons au Ministère de l'Éducation Nationale l'ouverture d'un chantier de réforme structurelle du secondaire, associant la communauté éducative à chaque étape, pour donner enfin à notre jeunesse une école qui l'oriente sans l'enfermer, l'instruit sans l'écraser, et lui ressemble.
Signez et partagez cette pétition pour que la voix de la jeunesse ivoirienne soit entendue.

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Pétition lancée le 18 juillet 2026