
De nombreux personnels soignants en EHPAD entament des grèves dénonçant le sous-effectif, le manque de moyens humains et financiers et parfois les actes de maltraitance aux personnes âgées, conséquences directes de ces problématiques chroniques.
Selon France 3:
Des "énormes manquements" : pourquoi cet EHPAD est visé par des accusations de "maltraitances institutionnelles", après la mobilisation d'agents
Près de trois mois après la mobilisation d'une partie du personnel, l'EHPAD de Viré (Saône-et-Loire) est toujours dans la tourmente. Plusieurs familles dénoncent un manque de moyens et de considération pour les résidents. La direction, elle, se désole de cette nouvelle polémique.
Elle dénonce des "maltraitances institutionnelles" à l'égard de personnes âgées. Nathalie Mourski, dont la mère vit à l'EHPAD Les Vignes Dorées de Viré (Saône-et-Loire), a lancé fin décembre 2025 une pétition alertant sur la prise en charge de certains résidents de l'établissement. Elle déplore notamment "d'énormes manquements" depuis l'admission de sa mère dans un nouveau service, après un AVC.
"Maman était à l'EHPAD de Viré depuis le 11 août", décrit-elle. "Au départ, ça se passait très, très bien, le personnel était très présent. Le 10 novembre, elle a fait une hémorragie cérébrale. Depuis, elle est complètement dépendante : elle est paralysée sur un côté, elle parle très peu... Quand elle est retournée à l'EHPAD, j'ai été très surprise parce que personne ne l'a accueillie, personne ne lui a dit 'madame, vous avez changé de service'. Donc j'ai beaucoup observé."
Elle remarque par exemple l'absence de couverts ergonomiques, le ménage qui n'est pas fait, sa mère portant des vêtements qui ne sont pas les siens... "Quand je posais des questions, on me répondait très souvent 'je ne peux pas vous répondre, je suis intérimaire'. Quand je demandais quel était le repas mixé qui était dans l'assiette de maman, on me disait 'je ne sais pas'..."
Conflit entre des salariés et la direction
Pour rappel, le climat au sein de l'établissement est tendu depuis plusieurs mois. Début décembre 2025, nous vous rapportions dans cet article que huit agents se trouvaient en arrêt maladie, alors que sept procédures disciplinaires avaient été engagées par la direction. Le secrétaire départemental pour les services de santé FO 71, Gérard Gouteraud, évoquait alors une "situation de souffrance aigüe" pour les personnels de l'EHPAD.
Il mettait notamment en cause la nouvelle directrice des Vignes Dorées, qui a selon lui mis en œuvre "une politique managériale répressive" dans "plusieurs structures du département". Au cours d'une manifestation organisée le 5 décembre, plusieurs employées faisaient à leur tour état de menaces, d'abus de pouvoir de la direction et d'un manque de personnel. Un signalement avait même été effectué auprès du parquet de Mâcon.
La directrice, Corinne Marfil, évoquait quand à elle "des problèmes relationnels entre des collègues", "dysfonctionnements qui ont été relevés à [s]on arrivée" et dont elle s'était "emparée avec l'intervention d'une psychologue du travail". Elle disait aussi avoir porté plainte contre Gérard Gouteraud "pour des menaces verbales".
"Une volonté de masquer le problème"
Dans un communiqué transmis à France 3 Bourgogne fin février, la direction assure avoir pris des dispositions pour sortir de la crise. Un cadre de santé et du personnel soignant ont ainsi été recrutés pour compenser les nombreux arrêts maladie. La structure regrette par ailleurs cette nouvelle polémique, initiée par une poignée de familles sur les 90 résidents de l'EHPAD.
"La direction reconnaît qu'il y a effectivement un problème, mais est-ce que les solutions apportées sont suffisantes ?", s'interroge Gérard Gouteraud. "Je n'ai aucun doute sur les compétences du nouveau cadre, mais il faut faire attention aux effets d'annonce. Le cadre fera avec les moyens qu'on va lui donner. Certes, une infirmière est arrivée, mais combien sont parties ? L'autorité ne le dit pas. Il y a surtout une volonté de masquer le problème."
Quant à la pétition lancée par Nathalie Mourski, elle a été signée par 114 personnes. Envoyée mi-janvier à l'Agence régionale de santé, au parquet, au préfet et au Département, elle n'a pour l'heure pas reçu de réponse.
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