
Aujourd'hui, de plus en plus de personnels soignants se mobilisent et organisent des débrayages pour dénoncer les conditions de travail inacceptables auxquelles ils sont confrontés. Ces actions de protestation ne sont pas seulement le résultat d'un mécontentement professionnel, mais aussi d'une grande inquiétude face aux conséquences que cela peut avoir sur les résidents, nos aînés, qui méritent de vivre dans des conditions dignes et respectueuses.
Selon France 3 :
On court toute la journée", le cri d'alarme des salariés de deux Ehpad gérés par la Croix Rouge.
Les infirmiers, aide soignants et auxiliaires de vie de deux Ehpad du Val-d’Oise gérés par la Croix Rouge dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de personnel. Ils ont engagé un mouvement de grève.
Devant cet Ehpad de Montmorency, géré par la Croix-Rouge, salariés et familles ont donné de la voix. Ils dénoncent le manque de moyens humains. "Quand je suis arrivé, nous étions dix soignants. En 11 ans, nous sommes passés à six", explique Jean-Baptiste Lepetit, délégué syndicat CGT à l'Ehpad de la Croix-Rouge de Montmorency. "On est épuisé et, en étant épuisé, on effectue un travail dégradé. Il est là le problème", confie-t-il.
"On n'a même plus le temps de parler aux résidents. On court toute la journée", s'inquiète Chadia Touati, auxiliaire de vie dans cet Ehpad.
Les résidents des Ehpad sont de plus en plus âgés, avec des pathologies de plus en plus lourdes, ce qui complique le travail des soignants. Annie essaie de les soulager comme elle peut, mais c'est une exception.
Résidents et soignants, même combat
"Moi, je suis valide, je peux prendre mes douches toute seule, je fais mon lit toute seule (...) Il y a beaucoup de choses que je fais, que le personnel n'a pas besoin de venir me faire", raconte Annie Martin, cette résidente de l'établissement de Montmorency.
Même mobilisation à Sarcelles, dans cet autre Ehpad de 90 résidents géré, lui aussi, par la Croix-Rouge.
Depuis 10 jours, des salariés font grève pendant leurs heures de pause pour obtenir plus de moyens. "Nous demandons à récupérer le poste de soignant qui vient de nous être supprimé et le demi-poste infirmier qui nous a été supprimé (...) Ce qui n'est en soi pas grand-chose", précise Gwénaelle Brault, infirmière et représentante syndicale CGT à l'EHAP de Sarcelles.
"l est urgent aujourd'hui que la Croix-Rouge française cesse de se cacher derrière les financeurs et réclame, lorsqu'ils sont en négociation, les vrais moyens pour travailler dans de bonnes conditions, pour tout simplement exercer ce pour quoi on a été embauché", observe Christelle Llonga, représentante CGT - Croix-Rouge Île-de-France.
La direction de l'Ehpad de Sarcelles a répondu par mail. Dans ce courrier, la direction de l'établissement dit ne constater aucune surcharge structurelle de travail et précise que "le gel d’un poste et la diminution des heures de présence d’une infirmière, (...) répondent à la nécessité d’assurer la pérennité de l’établissement dans un cadre budgétaire contraint, tout en préservant la qualité et la sécurité des soins".
Une rencontre entre les représentants du personnel de l'Ehpad de Sarcelles, l'Agence régionale de santé et le conseil départemental du Val-d'Oise est prévue cette semaine.
Avec Tania Watine et Méli Bernier
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